22 avril 2007
Zen, soyons zen ...
Vendredi 31 mars 2006
En effet, sept heures (lever 5h45), ça fait tôt. Très tôt. Surtout quand il a plu pendant la nuit, et donc dans mon lit. Toujours pressée - à croire qu'elle a vécu à Paris, tiens ! -, Clau est déjà à 6h45 tapantes devant la réception avec sa valise, à attendre le truck. Visiblement, elle n'a encore rien appris du quart d'heure tahitien. Pendant ce temps, je fais trois fois de plus le tour du bungalow pour m'assurer que nous n'avons rien oublié. Chacun ses petites manies.
Il fait bon ce matin, le sable est frais et la lumière superbe. J'aurais bien fait une photo de Jimmy sur le transat devant le lagon, mais même à cette heure matinale, il y a déjà du monde dehors en train de déjeuner. Non mais, de quoi on aurait l'air ?
Et paf ! Tout à coup, l'illumination : je savais bien que j'avais oublié quelque chose : mon fax d'autorisation de prélèvement avec le numéro de ma CB que je n'ai pas réclamé hier soir. Qu'à cela ne tienne : Clau tambourine à la porte pour réveiller Nono ! Comme ça au moins, on saura de quoi il a l'air avant le départ.
Ca y est, le truck est là. Nous embarquons rapidement, puis faisons un petit détour tout au bout de la pointe Matira pour charger nos portugais de Kaoha Nui, puis par le village Temanuata pour prendre un autre couple qui lui est EN RETARD ! Ceux-là par contre, ils ont un peu TROP intégré le concept du quart d'heure tahitien. Il faut préciser qu'il n'y a qu'une navette maritime par vol, et que si on la loupe, on loupe l'avion. D'autant qu'à l'entrée de Vaitape, nous nous retrouvons pris dans les embouteillages. Et oui, comme à Paris : au moins cinq minutes à avancer au pas pendant que les flics font la circulation. TERRIBLE ! Et nous voici enfin à l'embarcadère, au milieu de visages plus ou moins connus : les deux espagnoles, ainsi que le jeune couple avec leur gamin insupportable qui ont fait le tour avec nous la veille (si j'en ai pas parlé avant, ça doit être par pure charité chrétienne).
A 7h45, la navette quitte le quai de Vaitape pour rejoindre le motu de l'aéroport. Au checkin, le couple en retard trouve le moyen de passer en premier ! Normal : Madame gardait la place pendant que Monsieur récupérait les bagages, et ils nous font poireauter derrière. Ma main à couper qu'ils sont parisiens, ces deux-là. En attendant, nous papotons avec nos deux espagnoles (pas très concluant, mon espagnol), qui nous apprennent qu'elles sont l'une de Barcelone, l'autre de Saragosse et qu'elle sont venues de Madrid par Lan Chile en faisant escale à Santiago du Chili, et que là, elles vont sur Hahine, puis qu'au retour, elles feront une halte à l'ïle de Pâques. Oui bon, ça occupe, le temps que Monsieur et Madame en aient enfin fini. Comme notre vol n'est pas encore annoncé, nous décidons d'aller prendre un petit déjeuner au bar. Enfin, un semblant de petit déjeuner, parce que Clau renverse la quasi totalité de son café en l'amenant à table. Alors forcément, il reste plus grand chose dans la tasse.
... Je sais pas, mais je la sens pas bien, cette journée...
Bon, ça y est, on décolle. Comme cette fois nous avons pris soin de nous installer du bon côté, j'en profite pour prendre quelques photos de Bora Bora,
de notre escale à Huahine,
et de notre arrivée sur Moorea, notre dernière île avant le retour :
A Moorea, nous retrouvons le gars de Toreanui qui assure le transfert vers l'hôtel, puis nous attendons notre "taxi" en discutant - plaisantant ? - un peu avec lui et deux de ses collègues : paraît qu'il y a du sable rouge à Maupiti... euh... et du bleu ? Vient ensuite un super jeu de mots avec Paris - Pas pris... Que j'ai pas tout compris... Mais je me demande si je me suis pas fait draguer un brin, sur ce coup-là. Mouais.. Pas très nette, cette histoire. Ouf ! Sauvée par l'arrivée du minibus qui nous embarque avec six autres passagers. Le temps de déposer tout ce petit monde dans leurs hôtels respectifs, il s'est écoulé une bonne heure bien tassée. Je m'interroge : pour le retour, le pick up à 8h10 pour le vol à 9h15 ça suffira ?


A notre arrivée à la pension des Tipaniers, le bungalow est prêt. Nous nous installons donc, et ... J'avais vraiment réservé si grand ???? Dans le doute, je ressors mon dossier et vérifie avec la réceptionniste. Pas d'erreur, c'est bien ça. Coooool ! :o)
Après avoir enfilé nos maillots avec le projet de revenir très vite déjeuner et nous baigner ou inversement, nous partons en quête d'une cabine téléphonique. Ah, il n'y en a qu'au centre commercial, à un quart d'heure à pieds. Oui, je savais déjà qu'il y avait un centre commercial tout près grâce à Mp. D'ailleurs, sur la route, chaque fois que je voyais un centre commercial, je me disais : "ça y est, c'est là, on arrive." ... Et puis non.
Allez, on fera d'une pierre deux coups : téléphone et visite du centre. J'appelle d'abord le lagoonarium pour les renseignements, puis chez Philoo. Comme ça ne répond pas, on patiente en visitant les boutiques. A part quelques cartes postales, pas de quoi fouetter un chat. Les tikis sont même particulièrement moches. Pas sûr que j'en retrouve un comme à Bora. Au passage, je repère un point d'accès internet. Faudra que je revienne faire un tour.
Nouvel essai chez Philoo : hourra ! ça répond. Ils nous rejoindrons à la pension demain vers 10h30, et ils sont OK pour aller au lagoonarium. Bon, maintenant, on va manger !
Dans un petit snack, Clau commande une quiche au thon, et moi un cheeseburger/frites suivi d'une glace vanille/ananas, parce que j'en ai pas eu beaucoup, des glaces, ces derniers temps. Ca vaut pas mon ami Berthillon, mais c'est mieux que rien.
Retour aux Tipaniers et visite de la plage privée.
C'est beau, c'est bleu, c'est vert, c'est limpide, c'est ensoleillé.
Oui, mais moi, faire la crêpe, ça me saoule.
Et puis comme mon tuba et mon masque c'est de la camelote, je peux même pas aller voir le petit jardin de corail.
Finalement, je vais prendre une bonne douche et je file au cyber café. Il est plus que temps d'aller faire râler les copines ! Quinze jours sans connexion, vous imaginez ???
Oui, ben la surprise elle est pour moi : un mail des Tipaniers datant du 25 mars, disant : "Urgent, nous n'avons toujours pas votre confirmation de réservation avec votre numéro de carte bleue". Alors que j'ai renvoyé un fax le 8 mars, à leur demande, vu qu'ils disaient qu'ils n'arrivaient pas à lire le premier fax. C'est quoi cette arnaque ??? D'autant que le 25, on était déjà parties. Je risquais pas de répondre. Encore heureux, on a quand même eu la chambre. Mais il va falloir éclaircir ça.
Puis quelques mails du boulot qui me mettent de sale humeur... et vu l'accueil reçu, j'aurais mieux fait de pas répondre. Ca m'apprendra à regarder mes mails en vacances. C'est bien la dernière fois !
Au retour, c'est l'heure du coucher de soleil. Mais comme il y a pas mal de nuages, on n'insiste pas. Tiens tiens... ça devrait rappeler quelque chose à certaines... Il faut croire qu'à la Cabo de Sao Vicente, mon esprit était quand même parmi vous... n'est-ce pas Sofy ? ;-p
Après la dernière fournée de cartes postales, nous décidons d'aller manger au restaurant de l'hôtel. Pour moi, ce sera saumon des dieux à la crème de vana (oursin). Divin ! Suivi de la coupe Tipaniers. Parce que j'en ai pas eu beaucoup, des glaces, ces derniers temps. Quoi ? Je l'ai déjà dit ?
... Ouarf ! Trop mangé, moi. Au lit !
01 mai 2007
Poissons d'avril
Le réveil est très dur, ce matin. Il me faut au moins dix minutes pour sortir du lit. A huit heures, Clau et moi nous
présentons au Beach Restaurant (à gauche) pour le petit-déjeuner : l'endroit est très agréable, avec sa terrasse qui donne au dessus de
la plage et du lagon. Nous nous installons à une table et commandons des petit-déjeuners continentaux (l'américain est bien trop copieux pour mon petit estomac ... et surtout sacrément plus cher !)... Si si, je suis réveillée. Je pète le feu. La preuve :
Quand tout à coup ... horreur !
Des pigeons ! Non mais je rêve ! Jusqu'ici, ils sont venus colonniser ! Il me poursuivent. Le petit-déj se passe donc entre les fruits, les tartines, le jus de fruit, et les coups de pieds envoyés régulièrement du côté des volatiles quand ils osent s'approcher un peu trop près de mes miettes. Et dire que deux tables devant, il y a des gens qui les nourrissent. Pfffffffffffff...
A un moment, une grosse tâche s'avance dans l'eau, en bordure de plage. Qu'est-ce que ça peut être ? Une raie ? une
tortue ? Il y a quand même très peu d'eau, à cet endroit. Au final, c'était un banc de poissons très compact. Mais l'illusion y était.
Après nos agapes, Clau et moi décidons d'aller marcher un peu le long de la plage, avec un détour par le ponton, histoire de digérer. Malheureusement, nous sommes vite arrêtées par les arbres qui bloquent le passage. Comme Philoo et les parents doivent arriver bientôt, nous faisons demi-tour et poussons jusqu'à la réception où ils n'ont toujours pas retrouvé mon deuxième fax. J'espère qu'il n'est pas en de mauvaises mains.
10h30. La famille est réunie. Philoo et les parents ont embarqué sur le ferry de Moorea avec la voiture, ce qui nous donne une totale autonomie. Et ça, c'est pas peu dire que c'est bien ! Nous partons donc pour le lagoonarium, situé sur le motu Ahi qui fait face à Tahiti. En chemin, ça parle filariose : c'est la période d'éclosion des moustiques porteurs du parasite, et la campagne de distribution du traitement préventif a eu lieu hier et avant-hier. Il paraît qu'il y avait des affiches et stands partout pour se procurer gratuitement les petits cachets qui permettent d'éviter de choper cette saleté de maladie incurable. Evidemment, nous on n'a rien vu, rien entendu. Plan A : trouver une pharmacie. Parce que moi qui suit de la chair à moustique, je suis une cible toute trouvée. Manque de pot, nous sommes actuellement à égale distance des deux pharmacies de l'île. C'est à dire ... loin. Heureusement, il y a un plan B : la carte indique que l'hôpital d'Afareaitu est tout à côté. Le problème, c'est qu'on est passés trois fois devant sans arriver à le repérer. Jusqu'à ce qu'un camion de pompier devant un petit bâtiment nous mette la puce à l'oreille. Ah, ok...
Alors, le traitement contre la filariose, normalement c'est que pour les résidents. Les touristes ne craignent rien car une fois rentrés en Europe, le parasite ne survit pas aux températures. Qu'ils disent ! Ouais ben moi, avec le bol que je peux avoir parfois, il vaut peut-être mieux que je prenne quand même les devants.
Le lagoonarium est tout près, nous nous garons donc sur le bord de la route et nous présentons au guichet : une petite cabane un peu branlante où il faut payer son passage en liquide. Ils prennent pas la carte bleue, ici... Après un appel de fonds auprès de la compagnie, me voilà en possession des cinq tickets qui vont nous permettre d'embarquer sur la pirogue à l'aller comme au retour, et d'avoir le droit de manger sur place. Pour embarquer, justement, c'est assez folklorique : le ponton a été emporté par une tempête et n'a pas (encore ?) été reconstruit. Nous voilà donc avec de l'eau au dessus des genoux, à avancer vers la pirogue pour nous y hisser à la force des bras et des abdos.
Il y a très longtemps que Clau et Maman n'ont pas fait ça, et c'est loin d'être triste. Et pour couronner le tout, on dirait que le piroguier prend un malin plaisir à nous arroser pendant la traversée. Si si, ça l'amuse. C'est sûr.
Le débarquement sur le motu se fait dans les mêmes conditions, mais c'est bon enfant et ça a l'air très sympa, ce petit coin. Même si tout est définitivement mouillé : les tongs, le short, le paréo, le tshirt. Là, on vient nous accueillir et nous expliquer le fonctionnement du lagoonarium, puis on nous laisse une totale liberté. Nous trouvons rapidement une table à l'ombre, près du snack et nous nous installons. Mais avant le farniente, il convient de régler les questions pratiques : le paiment des tickets a sacrément entamé nos réserves de monnaie. Et s'ils n'avaient pas machine à CB sur la terre ferme, ici, c'est même pas la peine de poser la question. Après vérification des tarifs du snack, nous pourrons, en mettant toutes nos richesses en commun, payer trois plats du jour, une grande bouteille d'eau et une bière. Ca devrait pouvoir le faire. La commande est passée pour 12h30.
En attendant, partons à la découverte de l'île. Ce lagoonarium, c'est un peu Robinson Crusoë qui
aurait monté un Aqualand pour naufragés. Quelques petits fare traditionnels sont disséminés sur tout le motu (dont on fait le tour en dix minutes sans se presser) pour les petites siestes, la cuisine du
snack est on ne peut plus rudimentaires, sans parler des toilettes, où à part la cuvette, tout est en matériau naturel.
Et bien qu'on ne soit pas si loin de Moorea, on se croirait presque sur une île déserte.
De là où nous sommes installés, nous avons une jolie vue sur Tahiti et le bout de lagon "sécurisé" clos par des filets où nagent raies, requins et tortues au milieu de baigneurs. Sans compter les innombrables petits poissons de toutes les couleurs qui vous nagent après. Mais même en chechant bien, toujours pas de Nemo en vue. Après la barrière volcanique, a l'extérieur du bassin, se trouve le sentier amritime : des cordes reliant des bouées, qui permettent d'aller jusqu'au récif avec vue sur le jardin de corail. On peut aussi emprunter des palmes, un masque et un tuba, ou une petite pirogue pour aller se balader dans le lagon. Bref, ça ne manque pas de distractions. D'autant qu'un attroupement s'est formé au bord du bassin, avec des caméras, une perche de prise de son, un gars avec un micro, et tout un essaim de filles genre potiches en maillot et paréo. Nous avons la chance d'assister au tournage d'une émission télé dont l'invité vedette voit tout à coup, à sa grande surprise, apparaître son ami Théo, "Ambassadeur de la musique polynésienne partout dans le monde depuis plus de vingt ans !" Si vous le dites ... Non, c'est pas un poisson d'avril. Théo fait son show, entouré de jolies vahinés qui frappent dans leurs mains et rient sur commande, et vient rejoindre le présentateur et l'invité (dont j'ai jamais su le nom). Le plus drôle dans l'histoire, c'est qu'ils ont tourné trois fois l'arrivée surprise de Théo.
Quant à nous, nos plats viennent d'arriver, et nous nous arrachons bien à contre-coeur au fascinant spectale du showbiz qui s'étale devant nos yeux ébahis.
Finalement, ils vont être largement suffisants pour cinq, ces poulet-frites ! Histoire de me mettre en appétit,
je décide d'aller goûter l'eau et dire bonjour aux raies (pour elles, c'est pas encore l'heure du repas. Et puis moi, j'ai déjà donné).
Un peu plus loin dans le bassin, je rencontre quelques requins pointe noire. C'est toujours un brin angoissant, de les voir évoluer sous vos pieds ou vous regarder. Puis c'est Madame Tortue qui passe tranquilement, indifférente aux jambes qui s'agutent au-dessus d'elle.
Pour le sentier maritime, j'aurai pas été très loin, car il y a quand même du courant, et les "patates" (coraux lisses de forme patatoïde) ne sont pas loin sous la surface. Ce serait pas le moment, à quelques jours du départ, d'y laisser un genou. Je sais, je suis pas très courageuse, dans mon genre. Retour dans le bassin, donc, où la raie la plus grosse cherche désespérement une issue à travers le grillage pour prendre le large.
A 16 heures, tout le monde plie bagages. Les pirogues font les aller-retour avec Moorea pour ramener tous les visiteurs à terre. Les VIP ont droit à un traitement de faveur pour embarquer : un ponton. Quant à nous, même s'il faut à nouveau se mouiller les pieds, l'embarquement est plus facile car cette fois sur la pirogue est à double balancier qui est moins haute que la première. Mais comme on râcle le fond peu avant l'arrivée, il nous faut finalement descendre ... et pousser pour parcourir les derniers mètres. Je vous jure, quel voyage ! Bon allez, on a passé une super journée, et tous ces petits moments plutôt folkloriques y ont bien contribué.
Il est plus que temps de rejoindre l'hôtel pour prendre une douche et se changer, car à 18 heures, nous devons être au Tiki Village pour le repas et le spectacle.
L'accueil au Tiki Village se fait au son des ukuleles, autour d'un verre de ponch, devant un fantastique coucher de soleil.
.. Et devant une présentation de perles. Quelques rires montent de la plage en contrebas : apparemment, un couple d'américains est venu se marier à la tahitienne, et ils ont l'air d'avoir déjà bien arrosé la soirée. On nous entraîne ensuite vers le "théâtre", pour le Coco Show (rien à voir avec Collaro), leçon de décorticage des noix de coco. Ouais, mais moi, je connais déjà. Je sais faire. ;o)
Puis nous repartons dans une autre partie du village pour l'ouverture du four tahitien qui contient une grande partie de notre repas. Aloi, notre guide (ici avec la mariée), nous explque comment ça "fonctionne" et commente le repas avec beaucoup d'humour.
Le four tahitien, c'est un grand trou creusé dans le sable, dans lequel on a fait du feu avec du bois
et de l'écorce de coco, par dessus lequel on a déposé des pierres volcaniques qui vont en restituer la chaleur. Au-dessus des pierres, on dépose les aliments, puis on recouvre de feuilles de babanier, et enfin de sable. Ca donne ça -->
Puis ça (bien alléchant, en tout cas. Miam !) :
Nous continuons par une visite du village et la présentation de plusieurs formes d'artisanat existant en Polynésie. On nous explique comment sont fabriqués les costumes traditionnels, dont la fameuse coiffe de "verdure", ou les outils et les armes, un petit mot sur la vie traditionnelle dans un village polynésien, sur les fruits et légumes, sur Gauguin, puis c'est l'heure de passer à table.
... Tiens, mais qui vois-je, là-bas, près de l'orchestre ? Ne serait-ce pas Théo, l'invité surprise du show de cet après-midi ? Mais si. Avec son gabarit, impossible de le râter. Ce soir, nous dînons avec une star...
Nous ne serons pas à la table de Théo, "malheureusement", et comme un malheur n'arrive jamais seul, celle des "mariés" du jour est juste à côté de nous, et ils sont très bruyants, un chouya sans gêne, et la copine de la mariée est passablement bourrée. D'ailleurs, ça n'est pas du goût de ma voisine de table qui est américaine aussi (de New York) et qui m'avoue qu'elle a un peu honte de ses compatriotes, mais je la rassure en disant que c'est partout pareil, et nous continuons à papoter tout en allant nous servir aux buffets. Au détour de la conversation, j'apprend qu'elle aime beaucoup la France, où elle aimerait vivre, et qu'elle connaît ... Nîmes et Vergèze ! Le monde est petit. Et puis ça tombe plutôt pas mal, parce que l'autre couple à table avec nous est aussi du gard. C'est dire si Clau et Maman sont heureuses d'entendre parler avé leur assent ! Mais avec tout ça, moi j'ai manqué le début du paréo show (avec le bô danseur tahitien), où les mille et une façons de nouer le paréo, pour une homme ou pour une femme (ça va Lolotte, tu as retenu ?). Et puis j'aurai pas le temps de finir mon repas non plus, car il faut déjà rejoindre le théâtre pour le spectacle. Obligée de me passer de dessert. Un comble ! Ca m'apprendra à chercher à improver my english.
Après un petit cours de tamure (version femmes, puis version hommes), les ballets entrent en scène pour raconter une légende tahitienne :
les guerriers maohis ayant perdu leur feu, décident d'aller le chercher aux îles Marquises.
En chemin, ils trouvent une huître géante qui renferme une princesse qu'ils offriront comme épouse au roi marquisien, en échange du feu.
Cela donne lieu à de très beaux numéros de danse, avec une débauche de costumes tous plus magnifiques les uns que les autres,
et des scènes époustouflantes, comme cette danse du feu qui coupe littéralement le souffle.
En gros et dans le détail, c'est une excellente soirée que nous avons passée, qui restera gravée dans nos mémoires tant nous avons apprécié l'accueil, la nourriture, et l'excellence du spectacle.
Et pour être sûre de ne pas oublier trop vite, rien ne vaut une petite photo une petite photo souvenir :
30 septembre 2007
C'était pas ma journée
Dimanche 2 avril 2006
Bon, où est-ce qu'on s'était arrêtés, déjà ? Ah oui, samedi, jour du poisson.
Et aujourd'hui, c'est dimanche, jour du Seigneur. Et oui, c'est comme ça : un peu de spiritualité ne tue pas. D'ailleurs à Tahiti, ça a son importance, quand on voit le nombre d'églises et de temples au mètre carré.
Nous nous sommes donc retrouvés ce matin pour un copieux petit déjeuner au restaurant de la plage. Excepté Philoo qui a bien mis une demi-heure supplémentaire pour nous rejoindre. La spiritualité selon Philoo : prendre son temps. Oui, bon, il a pas tout à fait tort non plus... Et puis, lui il a une excuse : la semaine, il bosse. Laissons-le donc se réveiller tranquillement.
Alors que Papa et moi nous sommes déjà ré-installés sous la terrasse du bungalow pour discuter, un "CRAAAAAAC" assourdissant déchire soudain le silence de cette paisible matinée,
tandis qu'une masse verte s'abat devant le restaurant. Tiens, on dirait qu'un cocotier s'est pris les pieds dans le tapis. En effet, Philoo et Maman apparaissent quelques minutes plus tard pour nous apprendre qu'un des arbres en bord de plage s'est soudain cassé net par le milieu du tronc. Heureusement que personne ne passait dessous à ce moment-là ! Tout le monde en a été quitte pour une bonne frayeur.
Pour nous remettre de ces quelques émotions matinales, nous décidons d'appliquer notre programme du jour et d'aller faire un petit tour de l'île en voiture. Nous prenons donc la route de la baie d'Opunohu et nous arrêtons à Papetoai,
petit village remarquable pour sa jolie église octogonale. C'est d'ailleurs l'heure du culte, et des chants très agréables montent de l'intérieur par les fenêtres grandes ouvertes, alors que tous les gens du coin se pressent aux abords. il y règne une ambiance joyeuse, conviviale, et on nous propose même de nous joindre aux paroissiens pour assister au culte. Ce n'est pas l'envie qui manque, tant l'endroit est accueillant, mais on n'est pas vraiment habillés pour. Et on a un programme à respecter et quelques impatients dans le groupe. La spiritualité, finalement, ce sera pour une autre fois. Nous reprenons donc la route et au fond de la baie d'Opunohu, nous bifurquons pour attraper la route du Belvédère. Premier arrêt au lycée agricole devant le panneau "Economie Rurale" où, en souvenir de ses années professionnelles,
Maman tient à faire SA photo. C'est le moment que choisit mon appareil-photo pour tomber en carafe. Après la visualisation d'une première photo, plus moyen de repasser en mode "prise de vue". J'ai beau changer les batteries, changer la carte, manipuler, rien n'y fait. Sueurs froides. Bon sang ! Il va pas me faire ça maintenant ? Moi qui l'ai toujours bien traité, qui en ai pris le meilleur soin que je pouvais... Quelle ingratitude ! Mais il faut bien se rendre à l'évidence : à force d'insister, les dernières fonctions lâchent les unes après les autres. Peut-être qu'en le laissant se reposer un peu... Nous remontons donc dans la C3 qui nous emmène vers le marae de Titiroa... d'où une offensive massive de moustiques nous chasse après nous avoir tout juste laissé le temps de lire les premiers panneaux. Ca, c'est la spiritualité selon le moustique.
Voici enfin le Belvédère qui surplombe les deux baies de Moorea,
Opunohu à gauche, et Cook à droite, encadrant le mont Rotui.
C'est là que les paquebots de croisière viennent généralement mouiller. Le temps est clair, le soleil brille, la vue est dégagée, et pour ne rien gâcher, une petite brise nous rafraîchit agréablement. Comme entre mon appareil-photo et moi, la rupture est définitivement consommée, c'est celui de Maman qui sert à immortaliser l'instant.
Au retour, nous bifurquons dans l'unique carrefour vers la route de droite qui descend vers Pao-Pao. C'est une route forestière non goudronnée aussi connue sous le nom de "Route des ananas",
puisqu'elle traverse les innombrables champs d'ananas couvrant les pentes des vallées ; l'ananas qui a fait la réputation de Moorea et alimente l'usine de jus de fruit Rotui située au pied du mont du même nom.
Nous rejoignons la route de l'aéroport, sans aller malheureusement jusqu'à la plage Temae réputée très belle. Nous manquons aussi l'embranchement du panorama de Toatea qui, parait-il, vaut le détour. Voilà ce que c'est quand on confie le volant à Fangio. On arrive quand même à faire une halte en face de la passe Avarapa. Mais c'est juste parce qu'il y a des surfers sur le récif. Loin, très loin. Ce qui fait qu'on n'en voit finalement pas grand chose.
De retour à l'hôtel vers 13 heures, nous déjeunons au restaurant de la plage. Le service est "un peu" long, c'est copieux et plutôt pas mauvais, mais malheureusement, lorsqu'arrive le dessert, il n'y a plus de coupe After-eight, alors que j'en ai vu passer sous mon nez tout au long du repas ! Maiiiiiiiiiiiiiiis euuuuuuuuuuuuuuuh !
Pour Papa, Maman et Philoo, l'heure est venue de se changer pour regagner Tahiti par le ferry de 16 heures, car Philoo s'envole ce soir pour Roissy, en mission.
Quant à Clau et moi, nous allons squatter les transats en bois sur la plage (pas trop en dessous des cocotiers de préférence), et ... je m'ennuie déjà. Je suis "fiu". Désolée, on se refait pas. Une seule solution : les méduses, le masque et le tuba, et essayer de dénicher Némo dans son anémone. L'eau est un peu trouble aujourd'hui, mais je peux tout de même admirer plein de jolies choses, même si toujours pas de Némo à l'horizon. Comme il n'y a pas beaucoup de fond dans ce jardin de corail, il me faut faire très attention pour ne pas m'accrocher sur les coraux. Mais jusqu'ici, tout va bien. C'est après être sortie du jardin du corail, en revenant vers la plage, que le drame s'est joué : des cailloux, une glissade, l'accident bête. Un talon qui s'entaille, et ce malgré ces vilaines chaussures sensées protéger de tout.
Direction le bungalow pour soigner tout ça. Ici, il ne faut pas laisser traîner les petites blessures. Philoo en a fait l'expérience à son arrivée en Polynésie : quelques jours à ne plus pouvoir mettre de chaussures tant son pied avait enflé. Ca saigne pas beaucoup, mais j'ai du mal à appuyer dessus. Le dernier jour, c'est quand même bête, non ? Et évidemment, pas question d'aller traîner dans le sable avec ça. Ok, compris, retour au transat sur la pointe du pied pour végéter en musique, puisqu'il paraît que la musique adoucit les moeurs... sauf quand la batterie de mon ipod est à plat. En plus, à l'ombre, il fait pas si chaud que ça... C'est bon ! Puisque c'est ça, je vais prendre ma douche !
Me voilà enfin prête pour notre cocktail de fin de voyage devant le coucher du soleil... Finalement, vu le maigre choix, je crois que je vais prendre un sans alcool. Pas la peine de prendre plus de risques aujourd'hui.
Il est pas beau, mon cocktail ? Ah, ce qu'on est bien, détendu devant le magnifique lagon, avec un petit air léger et rafraîchissant dans nos cheveux et la nuit qui tombe sur les eaux paisibles.
Le Paradis (je l'ai pas déjà dit, ça ?). Ce soir, ce sera repas au restau de l'hôtel, vu que je suis handicapée du talon, avec au menu une pizza tropicale pour Clau (qui ne vaut malheureusement pas celle de Bora ... je parle de la pizza), et des penne pescatore pour moi, assez bon, mais horriblement copieux. Une bonne nuit de sommeil là-dessus, sans moustiques de préférence, et nous pourrons affronter le retour à la civilisation de Papeete, avant Paris. Finalement, pas fâchée de partir, parce que à bien y réfléchir, c'était pas trop ma journée...












