23 août 2006
Cahin Tahaa
Samedi 25 mars 2006
Alors y'a un truc, je sais pas ce que c'est, mais ça réveille TOUT LE MONDE !
Mp dirait probablement un coq !C'est plutôt une espèce de bestiole avec un sifflement suraigu qui s'est amusé à lancer des vocalises en mode Castafiore sur le coup de deux heures du matin. A un moment, j'ai cru que l'alarme de Tchernobyl s'était déclenchée dans mon oreille.
Aujourd'hui c'est week-end, alors Papa, Maman et Philoo nous rejoignent à la pension sur le coup de sept heures du mat'. Nous prenons le petit déjeuner tous ensemble dans l'air frais du petit matin. Il fait bon, le pain coco est délicieux, il y a des fruits en abondance... Le paradis, je vous dis ! Enfin, je crois que j'ai trop mangé...
Puis Patrick et Marc, nos GO, nous embarquent pour une excursion en bateau à Tahaa.
Petit cours d'histoire-géo par JimmyH.
Raiatea et Tahaa sont deux îles soeurs : elles partagent le même lagon. Raiatea est la plus grande des deux. Aussi appelée "l'Ile Sacrée", elle renferme de nombreux marae dont le plus grand de Polynésie : Taputapuatea (prononcer "Tapou-tapou-atéa") qui était un marae royal. Elle serait, dit-on, le berceau de la culture polynésienne et le point de départ du peuplement de l'archipel. Elle abrite aussi l'aéroport et la "capitale" Uturoa. Elle possède également la seule rivière navigable de Polynésie : la rivière Faaroa.
Tahaa, distante de trois kilomètres, est plus petite, beaucoup plus sauvage, moins touristique, et accessible uniquement en bateau. Son petit nom, "l'Ile Vanille" vous laisse deviner où réside l'essentiel de son activité.
Heureusement, le bateau est couvert, car ça commence déjà à taper dur. Comme il me reste encore quelques souvenirs cuisants de Huahine, j'ai pour ma part passé une chemise que je n'ai pas l'intention de quitter de sitôt. Nous faisons une halte au ponton de l'hôtel Bali Haï pour récupérer un jeune couple marseillais, et nous voilà désormais dix passagers embarqués dans la même galère : nous cinq, les deux tourtereaux, M-F et M. le couple niçois, et Val, une jeune femme qui loge aussi à la pension et fait le tour des îles par les liaisons maritimes.
Le temps de rejoindre le passage Te Area Rahi entre les deux îles, nous sommes escortés par quelques dauphins. En face, on distingue Bora Bora qui sort de la brume. Ce matin, le temps était plutôt couvert, mais ça a l'air de bien vouloir se dégager.
Nous faisons une première halte au sud de Tahaa, près de la baie de Apu, dans une ferme perlière où Monique
nous explique la greffe en détail, démonstration in situ à l'appui. Puis nous la suivons chez elle pour un petit cours sur le classement des perles et pour voir la production locale. Elles sont toutes plus belles les unes que les autres. Il y a aussi de très beaux bijoux montés. Malheureusement, leur prix a de quoi donner des sueurs froides. Et puis moi, ce qui m'impressionne surtout, c'est la maison : spacieuse, aérée, calme, un véritable "petit" hâvre de paix. Il doit faire bon y passer sa retraite (si tant est que j'aie une retraite un jour).
En longeant la côte Ouest, nous doublons le petit village de Tiva (sur votre gauche, mais sur notre droite à nous) pour nous arrêter finalement près du motu Tau Tau au nord-ouest de l'île. C'est là qu'est installé le seul hôtel grand luxe de Tahaa (classé Relais et Chateaux, excusez du peu) : le Tahaa Private Island. Le bleu de l'eau varie à l'infini.
L'onde est transparente ainsi qu'aux plus beaux jours (on se croirait dans une piscine) et c'est tant mieux, parce que nous voilà parés pour le premier snorkeling de l'excursion.
Et en plus, on a toujours une superbe vue sur Bora Bora. De quoi alimenter les fantasmes.
Snorkeling = plongée sans bouteilles et en restant à la surface.
Objectif affiché : observer les fonds pas trop profonds et les petits poissons.
Matériel nécessaire : un masque, un tuba qui fuit pas et des palmes. Heureusement, Patrick a tout ça en réserve dans son coffre magique.
Comme il y a longtemps que je n'ai pas manié les palmes et qu'apparemment, il y a pas mal de courant et peu d'eau sur le jardin de corail que Patrick veut nous montrer, je me contenterai du mini jardin de corail en terrain neutre, déjà très beau.... Et ces oursins, E-NORMES ! Clau elle, veut tenter quand même la descente du courant, mais elle finit par revenir toute seule. Au dernier moment, ils ont réussi à la dissuader. Philoo quant à lui, a fait une sympathique rencontre avec un corail qui lui a laissé un souvenir sur le genou. Dans le bateau, il y en a même qui croient qu'il est en train de se vider de son sang, mais en réalité, c'est le deuxième effet Bétadine.
Le temps de remonter en bateau et il est midi. En arrivant au motu où nous devons déjeuner, nous croisons deux grands voiliers en train de lever l'ancre... en oubliant l'un de leurs passagers dans l'eau. A force de cris, ils finissent par s'en apercevoir et stoppent la manoeuvre. Encore un qui a eu chaud.
Les tables ont été dressées sous les arbres et un orchestre local fait l'animation. On n'est pas tout seuls car des gens du coin fêtent un aniversaire et du coup, l'ambiance est très sympa. C'est aussi là qu'aura lieu le deuxième snorkeling, avant de manger. Et maintenant que je maîtrise le coup de palmes, je me jette à l'eau.
Panique à bord en voyant le fond... que justement je ne vois pas ! C'est qu'on est tout près de la passe, et le tapis de corail s'interrompt soudain pour descendre à pic vers des fonds marins à première vue insondables. C'est un brin impressionant. Le bleu des fonds est sombre, limpide, magnifique. Et puis comme l'eau est très portante et le courant entrant, tout va bien. Le seul problème restera les coups de soleil sur les fesses à l'arrivée... Ici, le jardin de corail a largement de quoi faire oublier les précédents qui tout à coup paraissent bien ternes. Les couleurs varient à l'infini, les poissons quadricolor ... pardon. Multicolores ! sont légion. On en prend plein les mirettes. Et évidemment, j'ai pas pris l'appareil photo... En tout cas, ce snorkeling sur le motu Toahotu restera le plus beau du voyage.
Au menu d'aujourd'hui, repas typiquement polynésien : pain coco, beignets de poisson au coco, uru, taro, bananes fei cuites, salade de poisson cru, poe (se sont des bananes fei mélangées à du manioc, le tout donnant un truc bien compact que l'on coupe en cubes et qui colle un peu au palais. Du genre qui plombe l'estomac, aussi. On comprend pourquoi on a fait le snorkeling AVANT), bananes sucrées, ananas et pastèque pour le dessert. Délicieux.
Vous pensiez qu'après tout ça on allait faire la sieste ? Que nenni ! Sur le motu, il y a des parcs à poissons avec dedans ... des poissons : c'est le moment d'aller faire un petit coucou aux raies (pour les requins, ça sera pour une autre fois. Ok ?) Pas évidentes à caresser, ces bestioles. D'autant que quand elles viennent me frôler et nager sur mes pieds, j'ai légèrement tendance à les retirer. Ca fait tout bizarre, mais c'est tout doux.
En continuant notre tour, nous entrons dans la baie de Haamene - qui fait plus de trois kilomètres de profondeur - pour aller voir une plantation de vanille. Finalement, c'est une plantation de beaucoup d'autres choses aussi : gingembre de diverses variétés, hibiscus (leurs feuilles sont très pratiques pour enlever la buée des masques, servir d'assiettes ... ou de papier toilette), des ananas, des bananes de toutes variétés, sans compter les plants de vanille qui ici ne poussent pas sous ombrière, mais sur les tuteurs vivants qu'offre la forêt.
L'astuce botanique du jour : les bananes "rio" ou "hamoa" (sucrées) poussent en régimes retombants tandis que les bananes "fei" poussent en régimes au sommet de leur bananier. Maintenant, vous saurez les reconnaître.
Quelques raies en liberté accompagnent notre retour au ponton. Vivement une bonne douche, de la crème sur les coups de soleil et le repas !
L'ambiance de l'excursion était très sympa et nous avons rapidement fait connaissance avec nos compagnons de pirogue. Du coup, nous voici tous à la même table pour le repas au ranch. Même si nous sommes tellement crevés que l'appétit s'en ressent. Mais un repas de Patrick fait uniquement de produits locaux, ça ne se refuse pas.
Reste la grande question du jour : mon siffleur infernal de la nuit dernière sera-t-il au rendez-vous aujourd'hui ????
26 août 2006
Raiatea Express
Aujourd'hui c'est lever ... très tôt ! Outre le fait que la "cigale de nuit" (sale bête !) a chanté tout l'été ou du moins une bonne partie de la nuit et que je me suis retrouvée sur le coup de trois heures du matin nez à nez avec un énorme cafard dans la salle de bain - mais bon, c'est aussi ça, les Tropiques. Tant qu'il n'y a pas d'araignées, moi, ça va -, Patrick et Marc doivent partir très tôt pour s'occuper des "américains" du Tahitian Princess. Du coup, c'est petit déj à sept heures pour tout le monde. Et comme la voiture que nous louons aujourd'hui ne sera disponible à neuf heures, nous avons enfin le temps de prendre toute la mesure de la beauté su site qui nous accueille.
Le ranch est situé sur la route de ceinture, à cinq kilomètres d'Uturoa, côté montagne.
Il se compose (suivez le guide) de deux bungalows, d'un fare restaurant ouvert sur un agréable jardin tropical très aéré, avec une jolie pelouse, et d'un fare plus grand avec une "salle commune" équipée d'une cuisine, de sanitaires et de quelques chambres.
Qui dit ranch dit chevaux, alors il y a aussi une carrière, des paddocks, une barre d'attache, le bureau de la monitrice et plein de petits chevaux des Marquises.
.. Dont certains, le soir venu, se promènent en liberté.
De l'autre côté de la route, c'est le lagon. Pas de plage, mais on s'y fait très bien. Avec Clau, on a bien tenté d'aller jusqu'à Uturoa à pieds, mais finalement, on s'est dit que ça attendrait. Et puis il vaut mieux être là quand le gars d'Europcar se pointera. Avec Philoo, nous nous chargeons de la mission voiture. Sur le trajet, notre chauffeur en profite pour nous parler un peu de son île. Lui, il a vécu quelques temps à Papeete, mais il supportait pas : trop d'embouteillages, trop de stress... Euh... Vaut mieux pas qu'il essaie Paris, le monsieur. Pour la voiture, ce sera une Clio climatisée. Au passage, nous nous arrêtons au supermarché d'Uturoa (ouvert jusqu'à dix heures le dimanche ! Profitons de l'aubaine) pour faire le plein de victuailles. Il faut prévoir pour ce midi, ce soir, et de préférence demain midi. A force de fouiller dans les rayons, on finit par se décider pour des bananes - Tiens ! Quelle surprise ! -, du pain de mie, du jambon et du blanc de dinde, des babybels chèvre et emmental - ce qu'il y a de bien, à faire les courses avec Philoo, c'est qu'on découvre toujours des tas de trucs qu'on n'aurait jamais osé essayer (comme les céréales "oréos et chamallows" au petit déjeuner, par exemple) -, du jus d'ananas, des oréos et des trucs bizarres ayant vocation de dessert : dans l'un, ça ressemble à des morceaux de pêches au sirop, tandis que dans l'autre, ça serait plutôt des quartiers de mandarine pris dans une gelée orange fluo bien solide. De la gelée, est-ce bien raisonnable ?
Qui dit voiture, dit ... Tour de l'île... C'est bien, je vois qu'il n'y en a pas un qui suit... Philoo se met donc au volant. En voiture ! Le Raiatea Express va partir ! Oui, parce que lui, il voit "vitesse limitée à 70", alors forcément il roule à 70 km/h. Alors, les jolis petits paysages et les points de vue pour faire les photos ... Trop tard ! C'était là. Tant pis, on s'arrêtera au prochain ... Trop tard ! C'était là ... A ce rythme là, dans une heure on a fini le tour de l'île. Dommage, parce que les abords de la rivière Faroaa avaient l'air bien sympathiques. Heureusement que pour le marae Taputapuatea on l'a prévenu avant : "Attention ... attention... c'est bientôt... LA ! STOOOOOOOOOOP !"

Devant nous, il y a des camionnettes pleines d'américains en goguette. Leur moyen de transport a l'air assez tape-cul. On va les laisser partir un peu devant, histoire d'être bien tranquille. De toute façon, eux ils font tout au pas de course. Une ! Deux ! Une ! Deux ! Alors qu'en fait il y a plein de choses à voir.
Comme je disais, Taputapuatea est le plus grand marae de Polynésie Française, et aussi le plus sacré. Il est composé de plusieurs plateformes de pierres qui ont été très bien restaurées.
L'endroit est bien dégagé et entretenu (pas comme celui qu'on a vu au milieu de la forêt à Huahine). Il paraît qu'ils ont enlevé beaucoup de cocotiers pour éviter les ennuis : vous vous rendez compte ? Un américain qui reçoit une noix de coco sur la tête, et c'est le procès assuré. Un peu partout, il y a des panneaux qui expliquent comment est constitué un marae, son utilisation, et qui parlent un peu de botanique aussi, parce qu'ici, même les arbres ne sont pas là par hasard (à part les cocotiers).
Notre périple nous conduit ensuite le long de la route traversière qui grimpe dans les hauteurs de l'île et nous nous arrêtons (STOOOOOOOOOOOOOOP !) au point de vue qui donne sur la baie de Faroaa. Le coin est un peu dég'. Je sais pas si c'est les touristes ou les locaux, mais quand ils pique-niquent, ils pourraient ramasser en partant. Heureusement, la vue vaut quand même le déplacement.
Bon c'est décidé, je reprends le volant. Au moins, je pourrai m'arrêter où je veux, quand je veux ! Et puis de toute façon, ça va être l'heure de sortir les gamelles. On se dégote un petit coin en bordure de lagon, sous les arbres, avec un tronc pour faire office de banc. Les pelouses sont rares et le coin est plutôt investi ... par les crabes ! Je vous ai pas encore parlé des crabes des cocotiers ? Mais si, souvenez-vous, à Mahina. Ben ici, c'est pareil : le sol est jonché de trous. Et c'est quand vous vous y attendez le moins que tout à coup, une pince sort par l'ouverture, suivie du reste de la carapace. Ce qui a fait pousser un sacré hurlement à Clau qui était en train de déguster son sandwich tranquillement, sans rien demander à personne, quand le pique-assiette à surgi entre ses pieds. Apparemment, le crabe a eu aussi peur qu'elle, puisqu'il a immédiatement battu en retraite dans sa tanière. On a bien essayé de l'amadouer avec un peu de blanc de dinde pour fixer l'instant sur la pellicule, mais on n'a jamais revu que le bout de sa pince. Il doit pas aimer les paparazzi (Tiens, on devrait le baptiser Brad ;op).

C'est bien ma veine : la route côté Est ne présente que peu d'intérêt, à part une ferme perlière,
des porte-pirogues et le marae Tainuu sur le site duquel... ben tant qu'à y être, on a construit une église. Du coup, il n'en reste pas grand-chose.
Juste avant Uturoa, petite halte à la marina, histoire de zieuter un peu les beaux bateaux (y'a pas de mal à se faire du bien)...
Et on peut voir des choses assez surprenantes, dans ces endroits-là, comme un canard sur un ponton, ou un très joli tiki qui garde l'entrée du port.
Chouette, le ciel a l'air de s'éclaircir. Finalement, on aura réussi à passer entre les gouttes. Comme on est à deux pas de Uturoa, nous finissons sur le port. C'est dimanche et la ville est vraiment déserte. Tout est fermé. La seule animation vient des bateaux de croisière : le Paul Gauguin, qui mouille dans la baie, a installé ses officiers sous une tente sur un ponton pour accueillir les navettes qui font la liaison entre le bateau et la terre.
Le Tahitian Princess, lui, est carrément amarré dans le port. Bon sang qu'il est grand ! (Tiens ... des touristes... ça doit pas être des américains, ça ;o)
A force de recherches, nous finissons par trouver un bistrot ouvert sur le port. Désert peut-être, mais ouvert. Ca tombe bien, je réclamais désespérément des toilettes. C'est un rae-rae qui nous sert. Longiligne, jolie robe rouge toute en longueur, joli chignon. Il a quand même de l'allure. Quelques minutes plus tard, apparaissent Patrick et Marc s'attablent à côté de nous. Ils viennent de ramener leurs américains et de présenter la facture la "Julie" du Tahitian. Bon, apparemment, la journée a été rude pour eux, alors ce soir, y'aura pas de repas à la pension. Ca tombe bien : on avait fait des courses.
L'heure tourne, il est temps de ramener Philoo, Maman et Papa à l'aéroport, car ils rentent ce soir sur Tahiti. Puis nous allons rendre la voiture et le patron de l'agence de location nous ramène au ranch où nous retrouvons M-F et M. qui eux ont fait de la randonnée et du vélo. Aïe ! Pour le repas du soir, ils étaient pas au courant. Patrick leur propose de les déposer dans un restau de Uturoa, mais finalement, ils préfèrent partager nos provisions.
Et si, en attendant que les oeufs cuisent, on se faisait un petit Trivial Poursuit ? Et c'est une magnifique victoire sur le fil de l'équipe Val/Marion contre Clau/M-F ! Hihaaaaaaaaaaaaaaa !
C'est !
Une belle journée !
Je vais me coucher ....
24 septembre 2006
Promenons-nous dans les bois ...
Finalement, je me suis inscrite à la balade à cheval de ce matin : deux heures dans la montagne en compagnie de M. et de deux néo-zélandais, Robert et son fils Jason. So, I'm going to improve my english. Le guide, c'est Patrick, qui m'a dégoté un pantalon d'équitation qui sera toujours mieux que mon petit pantalon de toile. Ben oui, j'avais pas prévu de faire du cheval, au départ - qui a dit "Menteuse" ? -
Je monte Kopeck, un petit cheval des Marquises (les îles), entier... qui contrairement aux idées reçues, a sacrément besoin d'être secoué pour avancer ! Toute la balade va se dérouler au pas, car mes compagnons d'aventure sont complètement débutants. Mais de toute façon, vu l'état du terrain, je vois pas ce qu'on aurait pu faire d'autre : la forêt est tellement humide qu'on s'enfonce de dix centimètres dans la boue à chaque pas. Mais c'est agréable, de se promener tranquillement sous les frondaisons, en grimpant dans la montagne pour découvrir au détour d'un sentier perdu sous les fougères une vue incomparable sur Tahaa. Et comme d'hab, j'ai pas pris l'appareil photo. D'ailleurs, je l'aurais mis où ??? Je papote un peu avec Jason qui me demande si j'ai fait mes études à l'Université de Harvard... Euh non, moi c'était l'université de Montpellier - Hérault - France. Je me suis juste contentée d'acheter le T-shirt lors de mon voyage à Boston. M'enfin, c'est flatteur quand même.
A l'arrivée, nous sommes tous dans un sale état, boue oblige. Et pourtant, on était perchés à un mètre cinquante du sol. C'est dire !
A midi, Clau et moi déjeunons d'une salade de tomates et des derniers restes de la veille en compagnie de M-F et M., tout en racontant notre excursion. C'est que pendant que nous on pataugeait dans la boue, ces dames restaient au ranch à papoter et lézarder. Mais Clau aura de quoi se rattraper cet après-midi, car nous allons aux trois cascades. A pieds. Patrick n'avait pas l'air très convaincu de l'opportunité de la randonnée, car il fait très chaud. Mais nous nous sentons d'attaque.
Alors vers treize heures trente, nous attaquons le large chemin forestier, Clau, Val, Patrick et moi, en saluant au passage "T-Bone" qui broute paisiblement dans sa pâture. Jusqu'ici, tout va bien. Nous faisons un premier petit crochet en marge du chemin pour admirer un magnifique et immense (vous avez trouvé Patrick ?) bosquet de bambous. Il paraît que le plus vieux a à peine dix-huit mois ! Vous y croyez vous ? L'occasion pour Patrick de nous mettre en garde contre les pièges du bambou : certains ont le tronc recouvert de tous petits poils du genre épines ou échardes, qu'on ne voit pas. Mais gare à qui y posera les mains, parce qu'elle restent plantées dans les doigts, et il paraît que c'est la galère pour s'en débarrasser. Je sais pas pourquoi, j'en devine qui sourient déjà...
C'est après que les choses se sont gâtées : nous quittons bientôt le chemin forestier pour attaquer le sentier de montagne taillé à la machette par Patrick. Premier obstacle, traverser le ruisseau. Sur les pierres. Exercice périlleux qui nécessite quelque équilibre. D'autant que les pierres glissent passablement. Patrick nous prévient que tout le reste du parcours va être à peu près comme ça. Et là, Clau commence à se demander si c'est bien raisonnable. Et moi, dans quelle galère je l'ai embarquée, parce que ce premier passage n'a pas été pour la rassurer. Voilà que ça commence à grimper. La terre est bien humide, recouverte de feuilles. Ca glisse. Les baskets c'est peut-être génial en garrigue, mais ça vaut que dalle en forêt tropicale. Ca n'accroche pas assez. Ma pauvre Clau manque à plusieurs reprises de se retrouver par terre, et ça commence à inquiéter notre guide (et moi aussi. Bon sang, qu'est-ce qui m'a pris???). Finalement, on taille un bâton en canne pour que Clau puisse s'aider. Le maniement, c'est pas encore trop ça, mais ça va venir.
Et là, surprise ! Voilà la première corde... Euh... Quand j'avais demandé les renseignements par mail, il avait dit que ça restait de la marche. Qu'il n'y avait pas d'escalade. Qu'est-ce que c'est que ce bin's ? On doit pas avoir la même définition de "marche à pied". En fait, la corde est là en sécurité, pour nous aider à franchir le petit raidillon, car les rochers sont très glissants.
Arrivés à la première cascade
, nous prenons un petit moment pour nous remettre de nos émotions. L'endroit est joli, bien qu'un peu sombre. Mais au moins, on est au frais. Clau a l'air épuisée. Il serait peut-être plus sage qu'elle reste là et qu'elle nous attende, car le chemin devient pire ensuite. Nous la récupèrerons en redescendant. Là, elle ne se fait pas prier. Je lui laisse la bouteille d'eau et l'anti-moustiques, et après mille recommandations (c'est que je suis pas tranquille, quand même), nous reprenons le sentier, Val, Patrick et moi.
C'est là que ça se gâte... Voici déjà la deuxième corde. Le chemin suit en le remontant le cours de la rivière, et quand on ne peut pas passer le long de la paroi, on passe au-dessus. Du coup, ça grimpe très raide. Le sol est recouvert de feuilles, c'est très humide, ça glisse. Faut un peu se rattraper aux branches. Enfin, celles qui tiennent. Petit conseil avisé : toujours vérifier deux fois sa prise avant d'y mettre tout son poids. Ca met à l'abri des mauvaises surprises. Il paraît qu'il y en a qui passent sans la corde. Ouais ben moi, maintenant que je la tiens, je la lâche plus.
C'est à ce moment-là que j'ai pu tester la "technique d'auto-défense du bambou" : j'ai voulu me rattraper à un tronc qui devait pas être d'accord : me voilà en train d'essayer d'enlever un à un les toutes petites épines de ma paume. Pas la peine de rigoler, OK ?
Heureusement, nous atteignons enfin la deuxième cascade. Deuxième halte. Veinarde comme je suis (ou maladroite, c'est comme vous voulez), je suis obligée de mettre le pied dans l'eau pour passer la rivière. C'est bon, maintenant j'ai la basket pleine d'eau, la chaussette bonne à essorer, mais je vais faire avec. Heureusement que Clau est restée plus bas, parce qu'elle aurait souffert.
Et c'est là, que ça se gâte. La troisième corde est la pire de toutes. Cette fois, la paroi est bien raide, presque verticale (ou alors c'est une illusion d'optique très réussie), évidemment glissante : on ne va pas changer maintenant les bonnes habitudes. On doit grimper en s'accrochant des deux mains à la corde, les deux pieds contre la paroi, bien équilibrés de chaque côté de la corde pour se donner le plus de stabilité possible. Surtout, ne pas regarder en bas. Rester concentré. Pour moi, c'est une première, ce genre d'exercice... Au fait, je vous ai dit que j'avais le vertige ? Il n'y a pas beaucoup de prises à mon goût, et j'en mène pas large. Mais je maîtrise et finalement, ça passe. Ouf ! Euh... Y'a un autre chemin pour redescendre ?
Après un nouveau passage délicat, un sentier étroit à flanc de paroi,
nous débouchons enfin sur la troisième cascade, juste récompense de nos efforts. Un petit bain serait le bienvenu. Ni une ni deux, nous voilà dans l'eau qui est TRES fraîche.
Il faut juste faire attention aux rochers qu'on ne voit pas et qui sont parfois à très faible profondeur. Un genou écorché est bien vite arrivé. Non, je fais pas la gueule sur la photo. Seulement, l'eau tombe de tellement haut que ça fait très mal. Et même à cette distance là, j'avais l'impression d'être carrément sous la chute d'eau.
Le problème, c'est qu'à peine sortis de l'eau, nous sommes soudain assaillis par les moustiques (et certains plus que d'autres, si vous voyez ce que je veux dire). Nous prenons donc juste le temps de boire un coup, de manger une banane, et nous voilà déjà sur le chemin du retour, sans même avoir pris le temps de se sécher. Confirmation : on redescend bien par le même chemin. Et au retour, c'est presque du rappel, la fameuse troisième corde. J'ai les jambes un peu flageolantes, mais finalement, ça passe.
Petit conseil avisé : ne jamais relâcher son attention. C'est quand on se croit sorti d'affaire qu'on se redresse et que vlan ! le pied glisse, et on se retrouve sur les fesses. Heureusement pour moi, le rocher était large et je n'ai glissé que sur un petit mètre. Et la phrase de Patrick qui tue : "Me fais pas ça sur le passage qui vient, parce que je pourrai pas aller te chercher". Ouais OK, j'ai compris, je me tiens à carreau jusqu'à l'arrivée. J'attaque donc, un peu tremblante, l'étroit passage qui surplombe la rivière. Je ne sais pas si c'est la peur ou la chaleur, mais je dégouline d'eau. Les gouttes tombent par la visière de ma casquette que je n'avais même pas mouillée. Je commence aussi à bien ressentir la fatigue dans les jambes, les muscles des cuisses qui travaillent pour se hisser sur les rochers et les racines, ou pour amortir la descente. Waw ! Quelle expédition !
Enfin, nous arrivons à la première cascade ou nous retrouvons Clau saine et sauve, qui entretemps a fait une rencontre impromptue avec un crabe, et a failli voir sa chaussure emportée par le courant. Bon ben, elle l'a échappé belle, quoi. La descente se poursuit doucement, précautionneusement, et nous poussons un ouf de soulagement en retrouvant enfin "l'autoroute" du chemin forestier.
Mouais... Vu notre état et celui des fringues, une bonne douche et une bonne lessive ne seront pas de trop. Mais comme il ne faut pas trop en demander, bien évidemment, il se met à pleuvoir à peine dix minutes après que j'aie étendu mon short.
Allez, au final, la balade était quand même exceptionnelle et laissera plein de souvenirs. Je pourrai dire : "Je l'ai fait". Et ça, c'est pas rien. Aucun regret. Terminons tout ça par un délicieux espadon sauce citron accompagné de bananes fei, puis quelques bananes flambées au whisky, et allons continuer la balade en rêve. Demain, il fera jour.
... A bien y réfléchir, je crois que l'accrobranches ça va être du gâteau ;o)





