Destination Tahiti

Journal de bord d'une escapade en Polynésie Française (Mars - Avril 2006)

03 août 2006

C'est un beau jour pour partir dans les îles.

NDA : Et oui je sais, je vous ai un peu laissé tomber avec mes trépidantes aventures. Mais voilà, maintenant que je suis clouée chez moi pour quelques jours par une petite chute de cheval, je devrais pouvoir me rattraper. Avec mes plus plates excuses.

Mercredi 22 mars 2006

Un beau jour... Enfin ça, c'est ce qu'on veut nous faire croire quand on nous parle des Tropiques et des îles paradisiaques. Pour l'instant, il est 7 heures, et le temps est plutôt brumeux, voire orageux. Comme toute la nuit. Les valises sont bouclées et chargées dans la C3 de Philoo qui nous pose à l'aéroport en allant bosser. Notre vol est à 8h40, sur Air Tahiti, petite compagnie locale bien sympathique ma foi, avec ses ATR et ses hôtesses vêtues de jolis tailleurs fleuris mauves, ou roses, verts, bleus, jaunes... Le vol va durer une petite heure. La visibilité n'est pas au top, mais on aperçoit quand même sur notre droite Tetiaroa, l'atoll de Marlon Brando, qui semble suspendu au milieu du vide, tant l'océan et le ciel sont de la même couleur. Dites-le à personne, mais dans l'avion, mieux vaut s'installer à droite pour voir les îles. C'est un petit conseil glané en tendant indiscrètement l'oreille à une conversation dans la file d'attente au guichet d'enregistrement. Mais chuuuut !!!
Huahine_avionL'arrivée sur Huahine et le contournement de l'île nous offrent une très jolie vue de ce qui nous attend. Et le temps semble vouloir s'éclaircir un peu.
Après un atterrissage "Rétro-fusées en action", nous descendons sur la piste et nous dirigeons vers le bâtiment. Là, première angoisse : la transport de la pension sera-t-il bien au rendez-vous ? Quelques personnes attendent, munies de panneaux avec des noms dessus, mais rien pour nous apparemment. Je demande donc à l'un d'eux où est la voiture pour le Motel Vanille, et là on me répond qu'il n'est pas encore arrivé, mais qu'avec sa camionnette jaune et verte, je ne peux pas le rater. OK, allons donc récupérer nos valises. Le "tapis" des bagages est en fait une sorte de double étagère métallique sur laquelle le personnel de l'aéroport pose les sacs directement depuis le chariot qui les amène de l'avion. Comme c'est ouvert à tous les vents, on ne perd pas une miette de l'opération. Justement, voilà ma valise. Le bonhomme allait la poser sur l'étagère du haut, et en voyant mon petit mètre cinquante-six, il se ravise et la met en bas. Merci pour Monsieur :o) Faut dire que la valise faisait quand même quinze kilos au compteur à l'enregistrement.
Limousine_YvesPendant ce temps, Yves, notre hôte, est arrivé et nous embarquons sur les bancs arrière de sa "limousine". Le motel est à cinq minutes par la route. C'est un joli petit ensemble de bungalows de style polynésien noyés dans un jardin tropical autour d'une piscine. Nous prenons possession du nôtre : le "Saumon des Dieux". Il paraît que c'est un poisson délicieux.
piscineHuahine SaumonDesDieux BungalowHuahine
Malheureusement, il ne faudra pas cinq minutes aux moustiques du coin pour s'apercevoir de ma présence et commencer l'orgie. Ca serait même des nonos, que ça ne m'étonnerait pas ! (Non, il ne s'agit pas de Nono le petit robot, mais plutôt d'un genre de moucheron qu'on n'entend pas, qu'on ne voit pratiquement pas, et qui vous laisse des boursouflures longue durée qui démangent à s'arracher la peau pendant dix jours). Il va falloir vivre toutes portes fermées pour les empêcher d'entrer. En retournant à la réception pour prendre connaissance des conseils de Yves, j'ai déjà les jambes complètement attaquées. Ce qui nous vaudra l'installation d'une moustiquaire au-dessus des lits dans l'heure qui suit. On dit parfois qu'il vaut mieux inspirer envie que pitié, mais dans le cas présent, la pitié me convient tout à fait.

Munies de notre carte de l'île et des précieux conseils de notre hôte matérialisés par des croix sur la carte, nous enfourchons les vélos aimablement prêtés par la pension pour une première découverte de notre nouvel environnement.

VeloHuahineVélo... guidon immense en forme de cornes de longhorns (ça rappellera des souvenirs à Jimmy) et rétro-pédalage en guise de freins. Autant dire qu'il vaut mieux oublier immédiatement les mauvaises habitudes prises avec les pédaliers débrayables ! Manquant de mordre le goudron une ou deux fois, nous prenons la direction de Fare ("Fa-ré"), le village principal, en faisant une première halte à Europcar pour réserver une voiture pour le lendemain, puis à la pharmacie pour nous équiper en vue de la guerre bactériologique anti-nonos, et enfin, sur la belle plage de Fare recommandée par Yves, pour notre premièrePlageFare_1 baignade polynésienne.
L'eau est à température idéale, étonnament transparente, le sable merveilleusement blanc, sans trop de cailloux ni de coquillages, le fond descend en pente raisonnable et se dérobe sous nos pieds à dix mètres du bord, les grands arbres fournissent juste l'ombre nécessaire pour ne pas rôtir au soleil et le paysage est somptueux. Une vraie carte postale. Le hic : l'eau est tellement salée qu'il faut se vider la bouteille d'eau douce sur le visage pour ne pas avoir l'impression d'avoir subi un lifting. Mais bon ... On est bien, hein, Tintin ?

A midi moins vingt, nous repartons vers Fare avec l'intention de déjeuner (la natation, ça creuse).

FareFare_DebarcadereFare, c'est une rue parallèle à la route, avec d'un côté des petits immeubles et de l'autre le débarcadère, le quai et le lagon.
Après avoir hésité entre les roulottes et deux autres restaurants, nous nous installons à la terrasse ombragée de "Chez Guynette" et commandons... des hamburgers-frites. Désolée... A la table d'à côté, une jeune femme nous propose une tranche de pamplemousse afin que nous puissions goûter ceux du cru. Il faut dire qu'il est énorme son pamplemousse, et qu'elle doute d'en venir à bout toute seule. Je décide de garder le mien pour le dessert, mais le premier aperçu semble délicieux, pas acide, juste sucré ce qu'il faut, idéal si ce n'était les membranes bien épaisses des tranches. Quant à elle, elle nous explique qu'elle arrive d'Australie. Elle est partie de Paris en novembre pour un tour du monde de dix mois grâce à un billet "tour du monde Air France". Ce qui est bizarre, c'est qu'elle a un accent que je connais bien, alors je finis par lui demander d'où elle est. Ben elle est alsacienne, mais elle vient de passer plusieurs jours avec des gens de Montpellier, et elle prend facilement les accents... tout s'explique.

Après un détour par la superette (IM-MENSE !) de Fare pour acheter des tortillons anti-moustiques (Pas de quartiers !), nous repartons pour une halte réparatrice au motel, avant de ré-enfourcher nos fidèles destriers qui nous mènerons cette fois en direction de Maeva, autre petit village situé le long du lagon fermé qu'on appelle ici "le Lac".
MaraeMaeva_1MaraeMaeva_2Un peu avant le village, se trouve le site archéologique du marae de Maeva (ancien lieu de culte), dont le fare Potee (maison de réunion) a été entièrement reconstruit. En face, une vieille dame vend de la vanille. Ca tombe bien, Clau voulait en acheter. Plus loin, c'est la maison bleue du préparateur de vanille dont nous a parlé Yves : re-achats. Puis c'est enfin le village de Maeva, très... pittoresque. Quelques maisons disséminées, une église (on ne change pas les bonnes habitudes), une école, et paraît-il, des pièges à poissons "antiques". Un pont à armature métallique et tablier de bois enjambe le bras du lagon qui constitue l'entrée du "Lac". Le lieu est envahi par les enfants du village qui plongent du haut du pont tandis que leurs mères papotent sur la berge. D'après notre carte, de l'autre côté il y a l'hôtel Sofitel Heiva actuellement fermé et son jardin de corail. Mais celui-ci s'avèrera trop loin pour nos mollets sans entraînement, d'autant que le ciel est chargé et que l'orage menace... réaction typiquement métropolitaine, parce que vu la vitesse à laquelle on sèche, quelle importance de se faire prendre par l'orage ?
Huahine_oceanAvant de repasser le pont, nous faisons un détour vers le bord de mer où l'océan gronde contre la barrière de corail toute proche, puis par le marae Manunue perdu dans la végétation, qui possède un imposant mur de pierres volcaniques. A la sortie du village, un cycliste du cru vient à ma hauteur et me tend sa canette de Sprite. Euh, oui, merci, c'est très sympa... mais non. Une bonne excuse ? J'aime pas les bulles. - Jamais contents, ces touristes - Mais euuuuh ! C'est vrai en plus !

Arrivée à la pension, je vais piquer une tête dans la piscine. Un parce qu'il fait chaud, deux parce que là, les moustiques me ficheront peut-être la paix. Le repas est à 18h30. Oui, c'est tôt, mais la nuit est déjà tombée. Le restaurant du motel est un grand fare ouvert (un bungalow sans les murs, quoi) avec un large toit qui nous protège bien de la grosse averse qui s'abat bientôt sur cette partie de l'île. Ce soir, le chef - enfin, LA chef, puisque c'est "Madame Yves" qui cuisine, et c'est d'ailleurs délicieux - nous propose : thon au curry et papaye confite suivi d'une glace au taro - tubercule local qui donne une glace violette que tu aurais adorée, H ;o) - sur pain de coco perdu. Le tout dans la fumée bleutée qui monte des tortillons anti-moustiques à mes pieds. Petite conversation avec Yves sur les découvertes de la journée avant de finir la soirée sur la terrasse à rédiger les première cartes postales. C'est que j'en ai une bonne trentaine à envoyer. Va falloir être efficace.
Petit conseil du jour : si vous partez en Polynésie, ne le criez pas sur tous les toits : tout le monde va vouloir sa carte postale.

... A part ça ? Ben j'ai quand même pris des coups de soleil sur les pieds. Zut ! Encore une photo que vous ne verrez pas. ;-p

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05 août 2006

C'est beau ! Allez... (© Coluche)

Jeudi 23 mars 2006

Il est six heures, Fare se lève
Il est six heures, je n'ai pas sommeil...

Il faut dire que comme on s'est couchées tôt, la nuit a été longue. Et étouffante. Mais pour rien au monde je ne me serais séparée de ma moustiquaire adorée !
Comme la voiture de l'agence de location ne sera là qu'à neuf heures, nous profitons largement de l'agréable petit déjeuner local tandis qu'une nouvelle averse s'abat sur le toit de pandanus du restaurant (Pluie du matin, pas bien !), puis nous nous occupons des indispensables tartinages en tout genre (crème solaire, anti-moustique, apaisant, peintures de guerre, etc...). Et comme le temps passe vite quand on s'amuse, voilà déjà la voiture de l'agence qui vient nous chercher pour nous emmener au bureau où nous prenons possession de notre superbe Fiat Punto jaune sable affublée d'une magnifique pastille orange sur le pare-chocs histoire que tout le monde sache bien qu'on est des touristes. En route pour Fare où nous allons tout d'abord prendre de l'essence dans l'une des deux seules stations-service de l'île, et nous ravitailler à la superette en pamplemousses verts (ça y est, je suis accroc) et sandwichs d'allure... particulière. Nous voilà parées pour le tour de l'île par l'Est.
Sur la route de Maeva, premier arrêt chez Blanche pour voir ses paréos teints à la main. Ici, c'est l'élément in-dis-pen-sable. Clau et moi repartons donc chacune avec le nôtre à nos couleurs de prédilection. A Maeva, j'engage la voiture sur la passerelle (Indiana Jones peut bien se tenir), car cette fois, nous avons bien l'intention de voir le jardin de corail dont l'accès est toléré bien que le Sofitel soit fermé.HuahineJardinCorail Deux couples mis à part, la plage est déserte, tout comme les bungalows de l'hôtel qui la bordent. Il y a un peu d'air, l'eau est claire, et notre première expérience en milieu sous-marin nous attend. Equipement nécessaire : un masque, un tuba, et à défaut de palmes, les fameuses chaussures "méduses" qu'on a tous tant détestées étant gamins. Sans oublier l'appareil photo waterproof. La zone n'est pas trop profonde, mais il n'y a pas non plus beaucoup de courant et des tas de poissons multicolores nous nagent entre les jambes. Premiers émerveillements.
Bon... Moi qui ai toujours beaucoup de chance, mon tuba fuit. Ca m'apprendra à acheter au rabais.

HuahinePearlFarmVers midi moins le quart, après s'être séchées au soleil et avoir bien profité de la petite brise, du panorama et du silence, nous remontons en voiture pour un nouvel arrêt quelques kilomètres plus loin à la ferme perlière (Huahine Pearl Farm and Pottery). Un petit trajet en bateau nous amène à la ferme perlière posée sur ses pilotis au milieu du lagon. Là, on nous explique rapidement le B.A. BA de la greffe qui permet de produire la fameuse perle noire de Tahiti (The Tahiti Famous Black Pearl. Not to confuse with the "The Curse of the Black Pearl" which is a pirates' movie), avant de nous faire passer dans la boutique où se cotoient bijoux, perles et poteries d'artisanat local.

Un peu plus loin, voilà le village de Faie, célèbre pour ses anguilles sacrées aux yeux bleus (the famous sacred blue eyed eels) : quelques anguilles énormes (plus d'un mètre de long et d'un bon diamètre, plus gros que le poing de Superman) se "reposent" dans les quelques centimètres d'eau de la rivière qui traverse le village. Elles sont Impressionnantes.
L'unique route se poursuit par une montée bien raide, de l'ordre de 15%. Je comprends pourquoi on nous a déconseillé le tour de l'île à vélo ! Le moteur de la voiture résistera-t-il ? Les paris sont ouverts. Et un téléphérique ? Non plus ? Bon, tant pis.
HuahineItiL'arrivée sur le Belvédère valait bien tous ces efforts (enfin, je l'aurais pas fait à vélo quand même). La vue sur la baie de Maroe est magnifique. Hop ! Petite photo de Huahine Iti. L'endroit est en bord de route, mais c'est à l'ombre et il fait bien chaud maintenant. Si on en profitait pour faire la pause déjeuner ?
TRES mauvaise idée ! Pas plutôt sorti les sandwichs que me voilà assaillie par une horde de moustiques voraces qui n'ont pas dû voir un quartier de viande fraîche depuis au moins Noé et le Déluge - si tant est que Noé soit un jour passé par ici. D'ailleurs, on l'aurait remercié d'avoir interdit l'accès de son arche au couple de moustiques. Et non ! Ce n'est pas de la discrimination aveugle ! - Nous voilà donc rembarquant dans notre fier carrosse toutes vitres relevées et attaquant la descente. 20%. Et les freins ? Pour l'instant, tout va bien.TeMoaOHiro_LR
Nous traversons le petit pont qui relie les deux parties de l'île, Nui et Iti, et nous offre une vue imprenable sur la cheminée volcanique qui reçut le nom poétique de Te Moa O Hiro - en français, "Le pénis de Hiro" - Pas la peine de me regarder comme ça, j'y suis pour rien.HuahineNui_LR En plus Hiro c'est un Dieu, alors... Du village de Maroe, on peut aussi contempler le chenal et Huahine Nui.
Après le village de Tefarerii, la route grimpe à nouveau pour nous dévoiler soudain un superbe panorama sur la baie de Mahuti et ses nombreuses nuances de bleu.
Les9Bleus_2Yves avait paraît-il conseillé à un peintre de venir ici en lui disant, pensant se vanter un peu, que le lagon avait au moins une demi-douzaine de teintes différentes, et que le peintre était revenu en confirmant qu'il en avait compté neuf.
Les9Bleus_1Et bien moi, je sais pas s'il y en a neuf, mais la pause et la pose s'imposent. C'est que j'aimerais bien finir mon sandwich. Avec ce petit vent léger, les sales bestioles dont je tairai le nom devraient nous laisser tranquilles. Même au moment du savoureux pamplemousse.

Après le village de Parea, à l'extrémité Sud de l'île, nous nous arrêtons dans une plantation de vanille (encore une croix de notre carte)Huahine_Vanille où Monsieur Tautiro se fait un plaisir de nous guider à travers le domaine qui ne recèle pas que de la vanille, mais aussi nombre d'arbres fruitiers. Bon, je comprends pas tout à ses explications sur la culture de la vanille et des autres, mais l'accueil est chaleureux et l'essentiel y est. Ils sont tous là, les fruits, légumes et tubercules de notre table : papayes, bananes "rio" et bananes "fei", corossols, nonos (non, pas le moustique, mais son cousin très éloigné sur l'échelle de l'évolution, sorte de patate verte avec des yeux, utilisée en cuisine comme en médecine), uru (le fruit de l'arbre à pain), taro, citrons verts. Et s'il ne fallait retenir qu'une chose : la fleur de pamplemousse sent subliment bon. Décidément, je les aime de plus en plus, ces pamplemousses polynésiens. A croire que notre guide a dû m'entendre, parce que nous voilà avec deux énormes pamplemousses sur les bras.
Et en avant pour la séance photos !
pamplemousse Clau_vanille
Nous en sommes quittes pour repartir avec notre paquet de vanille et des petits conseils de conservation (dans un bocal bien fermé, et à l'abri de la lumière) ou d'utilisation (Une bouteille, une gousse de vanille, du rhum... quand elle est à moitié vide, on re-complète avec du rhum... Il paraît qu'on peut tenir cinquante ans comme ça). Hum... Je crois que je me suis bien plantée dans le pourboire que j'ai laissé. Pas encore l'habitude des francs polynésiens : j'ai confondu les billets. Ca lui aura fait de quoi voir venir (en espérant ne pas l'avoir offusqué).

Après un petit détour par Haapu, village "du bout du monde", nous retraversons le pont - le petit pont de bois qui ne tenait plus guère que par un grand mystère et deux piquets tous droits... sauf qu'il est en pierres, celui-là - et remontons vers Fare par la côte Ouest. Ca tombe bien, j'ai besoin de mettre mes coups de soleil à l'abri ... dans l'eau de la piscine. Rhaaaa ! Ca fait du bien.
Clau, qui tourne un peu en rond, veut appeler Maman pour lui dire où on est. Incorrigibles, ces deux-là. Peuvent pas se passer de téléphone deux jours de suite. Mais malheureusement - ou heureusement yek ! yek ! yek ! - les téléphones locaux n'apprécient pas nos CB. Et non, ici, il faut une carte de "Téléphone", pour téléphoner. Etrange, non ? De toute façon, il est l'heure d'aller contempler le coucher de soleil depuis le ponton de Fare. Calme, sérénité, lumière et couleurs magnifiques. C'est beau ! ... Allez, on s'casse ?
En plus, comme on était parties téléphoner, j'ai pas pris mon appareil photo. Donc, vous pouvez pas comprendre.

Au repas de ce soir, il y a du poulet-coco accompagné de uru (quand on parle du loup), suivi de bananes flambées. Ainsi qu'un couple de très vaillants retraités venus s'installer à Huahiné quelques temps pour faire de la plongée. Comme ils connaissent bien le coin, j'en tire quelques précieux conseils pour ma guerre contre les insectes de tout poil ... enfin, de toute carapace.

Tiens, il pleut...

Posté par belugue à 12:24 - Etape 2 : Huahine - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 août 2006

Tranquille ...

Vendredi 24 mars 2006

Parfaitement ! Aujourd'hui, ce sera Tranquille ! Avé l'assent !

Après le petit déjeuner, nous allons rendre la voiture à Europcar. Normalement, ils doivent nous raccompagner à la pension. Mais comme on avait prévu d'aller faire quelques courses "en ville", la dame nous dit qu'ils peuvent nous raccompagner après nos courses, ou même dans l'après-midi, si ça nous arrange. Pas la peine de faire cinquante aller-retours. Oui mais bon, j'ai pas pris mon porte-monnaie. Qu'à cela ne tienne, elle me tend les clés de la voiture en disant que je n'ai qu'à faire un saut à la pension pour le récupérer. Ben dis-donc, c'est pas à Paris qu'on verrait ça ! Et en prime, elle nous indique même où déjeuner à midi : un petit snack sympa qui fait de la bonne cuisine et qu'on devine à peine depuis la route. D'ailleurs, le panneau sur la route indique seulement "pâtisserie". De quoi en "enduire plus d'un avec de l'erreur" ;o) Et il paraît qu'à midi c'est "Chevrettes au curry".

Nous voilà donc sur le quai de Fare. Le ciel est gris, ça va tomber. March_FareCa n'a pas l'air d'impressionner les "Mamas" tranquillement installées le long de la rue principale, sous leurs parasols ou leurs chapeaux fleuris. Sur les tables devant elles, diverses sortes de bananes, les fameux pamplemousses verts, des avocats énormes, des haricots verts longs comme le bras, uru, taro, manioc, concombres, etc...
OiseauxFareCa n'impressionne pas plus les oiseaux (non, ce ne sont pas des pigeons !) qui piaillent dans les arbres et viennent décorer les fils du téléphone, leur donnant des allures de guirlandes de Noël.

FarePostOrageAh ben voilà, ça y est, il pleut ! Avec Clau, nous nous réfugions sous un auvent parce que ça tombe sévère. Mais comme toujours sous ces lattitudes, ça ne dure pas très longtemps. Et après, quel spectacle ! Une petite visite au fare d'artisanat le temps de laisser sécher un peu tout ça, et nous re-voilà sur la plage pour une petite heure de farniente. Enfin pour la bronzette, on repassera parce malgré la crème solaire, les épaules le cou et les pieds en ont pris un coup. Alors je cherche plutôt l'ombre.

A midi, nous déjeunons au fameux snack à côté du loueur de voitures. De la route, on n'imagine pas combien la terrasse peut être agréable, cachée sous son grand toit en pandanus. Elle est fraîche, ombragée, pas trop grande et fréquentée par les habitués. Pendant que Clau goûte les fameuses chevrettes au curry (les chevrettes sont des grosses crevettes, taille gambas, que l'on pêche dans les rivières de l'île de Moorea), je tente le poisson cru à la chinoise. Je craignais un peu car je ne suis pas fan du goût "coco" en général, mais après la tentative réussie sur le pain coco, pourquoi pas ? Il faut vivre dangereusement. Et hop ! Essai transformé ! Un régal ! Même plus faim pour le dessert. Un comble, non ?
Retour à la pension en taxi Europcar, petite douche histoire de dessaler et ... mais non pas sieste ! C'est pas parce qu'on a dit "tranquille" que tout de suite il faut penser "Fainéant".FarePotee Nous reprenons donc nos vélos pour aller faire un petit tour du côté de Maeva. Il fait chaud mais la route est agréable. Y'a juste ... Ben oui, le pamplemousse dans le sac, ça pèse. Une petite halte au marae de Maeva sera la bienvenue : j'ai vu qu'il y avait un robinet à côté du Fare Potee. Le coin idéal pour déguster ce fichu pamplemousse.PiegesPoissons_1 Et puis aujourd'hui qu'on a le temps, on va en profiter pour jeter un oeil de plus près à ces fameux pièges à poissons (the famous ...). Ce sont d'anciennes constructions en pierres au milieu du chenal qui relie le "Lac" au reste du lagon et qui servent encore aujourd'hui pour nourrir le village.PiegesPoissons_2 Les poissons entraînés par les courants sont canalisés entre les murets en V et pris dans une sorte de labyrinthe qui mène jusqu'aux nasses. Les cabanes servent à abriter les pêcheurs. On a un peu l'impression, en observant cette passe et les maisons qui bordent la lagune, que le temps s'y est arrêté. Un peu comme au bord de la baie de Faie, un peu plus loin. Après, c'est la grande montée de-la-mort-qui-tue, alors autant faire demi-tour. D'autant que Clau commence à ronchonner parce qu'on est allées trop loin et qu'il va falloir revenir.
A la passerelle de Maeva, les enfants sont toujours là, plongeant du haut du pont. Comme aujourd'hui on est en vacances, nous posons nos vélos pour les regarder s'amuser. Au milieu de tout ce tohu-bohu, une pirogue dérive dans le chenal. Elle est reliée à la taille de son propriétaire, masque sur la tête et palmes aux pieds, qui se laisse porter au gré du courant en observant le fond. Il faudra un des gamins pour m'expliquer qu'il pêche. En effet, il est équipé d'un harpon et ses prises gigotent encore dans la pirogue. Il y aurait de quoi écrire un traité sur les diverses techniques de pêche d'avant la colonnisation à nos jours dans les îles de la Société (A propos, vous savez comment on pêche le Mahi Mahi ?). Quant aux enfants, ils s'éclatent toujours autant. Il y en a même qui font des pieds et des mains pour qu'on les regarde plonger. Les mamans ne sont pas en reste :
- Venez ! Venez vous baignez avec nous !
- Euh... j'ai pas mon maillot...
Et puis on est timides. Mais c'est quand même dommage, parce qu'en y repensant, j'ai quelques regrets. Je suis persuadée qu'on aurait passé un très bon moment avec elles. Il va vraiment falloir qu'on se débarrasse de notre retenue mal placée et toute européenne si on veut profiter pleinement de ce voyage. C'est comme le tutoiement, ça. Pas évident au début : ici, tout le monde tutoie tout le monde. Moi en général, j'ai du mal, mais je me suis dit que j'allais faire un effort. Donc je me flanque quelques coups de pieds et arrive enfin à donner du "Tu" à notre hôte. Là-dessus Clau arrive : "Vous ..." Patatras ! Tout est par terre. En face, ça doit plus savoir sur quel pied danser. Va quand même falloir que je lui en touche un mot, à Clau... Allez, ça sera pour le prochain voyage.

De toute façon, à Clau, c'est pas son jour. Le vélo, ça commence à la fatiguer. Ca traîne. OK, je m'arrête :
- Oui, mais toi, tu as un bon vélo. Mais moi, il va pas, mon vélo.
- Ho ? Ben non, c'est quasi les mêmes, t'as bien vu. Yves a dit qu'il les avait vérifiés.
- Si si, je t'assure, il est très dur.
- Ca fait deux jours. Tu t'en es pas aperçue avant ? ....
OK, ça va, j'ai compris. Je sens que je vais le regretter, mais je suis une bonne nièce qui a le sens du sacrifice.
- Tu veux qu'on échange pour voir si ça va mieux avec le mien ?
Et hop, la voilà qui file sans se retourner sur mon vélo, à tel point que je ne la vois même plus. Merci pour la solidarité !
Pour ceux qui n'en peuvent plus de l'intolérable suspens : Oui, je confirme, il est plus dur son vélo : forcément, la selle est trop basse, ce qui fait qu'il faut fournir plus d'effort pour pédaler ! Sur le mien, on s'y était repris à trois fois pour régler la hauteur de la selle (même que comme d'hab, on m'a laissé comprendre que j'étais chiante), mais au moins, j'arrivais à pédaler sans trop d'efforts ! La prochaine fois, comptez sur moi pour faire un petit cours de hauteur de selle et la lui faire vérifier trois fois !
Bon, elle est où maintenant ? Ah ! Quand même ! "La souris la plou rapido dé l'ouest" a fini par s'arrêter pour m'attendre :
- Alors, tu vois bien qu'il est plus dur mon vélo...
Zen, Marion. Reste calme, t'es en vacances. Pour la peine, je vais me faire une dernière petite balade sur le quai de Fare pendant qu'elle boucle sa valise et prend un repos bien mérité. Avec MON vélo, cette fois.

Notre avion pour Raiatea est à 18 heures. Il est temps de dire au-revoir à nos amis moustiques.
Je sais que l'enregistrement du passager n'est pas une science exacte, mais il faudra quand même qu'on m'explique un jour comment ma valise a pu prendre deux kilos entre l'arrivée et le départ de Huahine, alors que je n'y ai rien acheté, et que techniquement, j'ai même plutôt "consommé" (au moins les produits de toilettes, vu le nombre de douches par jour). Il y en a qui disent que c'est l'humidité. M'enfin... ou alors, c'est Jimmy qui a trop mangé.
Puisqu'on parle du loup, une dernière grosse averse s'abat justement sur le tarmac quelques minutes avant l'embarquement. Puis c'est le soleil couchant qui nous accompagne tandis que nous décollons. Le vol va durer un quart d'heure. A l'arrivée, il fait nuit noire, mais Patrick, le patron du ranch Kaoha Nui nous embarque dans son mini van, avec KaohaNuiun couple qui vient également de Huahine.
Même de nuit, la pension a l'air d'un magnifique endroit très agréable à vivre.In_BungalowKaohaNui En tout cas, le bungalow est immense et très sympathique. Et il semblerait qu'il y ait moins de moustiques. Heureusement, Patrick nous a prévu un petit repas. C'est qu'il est 20 heures passées, et qu'on est déjà en décallage par rapport à nos horaires de Huahine. Ce sera donc carpaccio de poisson suivi de poulet fafa. Non, la cuisinière ne s'appelle pas Fabienne ni Fabrice. Il s'agit seulement des feuilles d'une certaine variété de taro, qui ressemblent un peu aux épinards. Puis nous voilà devant une fantastique crème caramel parfumée à la vanille. Le temps de discuter un peu avec les autres pensionnaires pour apprendre qu'ils sont de Nice, et de prévoir l'excursion de demain, et je m'écroule sur mon lit.

Posté par belugue à 16:07 - Etape 2 : Huahine - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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