Destination Tahiti

Journal de bord d'une escapade en Polynésie Française (Mars - Avril 2006)

16 mai 2006

Vous avez dit ... GP ?

Dimanche 19 mars 2006

Voilà, c'est le grand jour !

La veille j'ai mis les parents et Philoo dans leur avion, même destination, et après quelques frayeurs, ils ont fini par avoir une place. Notre expatrié de service vient de passer 2 mois en formation en France et se demandait encore la semaine précédente s'il pourrait rentrer à temps pour nous accueillir... Non mais, vous vous rendez compte, la vie de ce pauvre garçon : s'en aller vivre sous les Tropiques et être obligé de venir passer l'hiver ICI ????
Bon, ça, c'est fait...
Le même soir, j'ai récupéré Clau à la gare... Enfin, Clau ET sa valise : 6 kilos à vide, une poignée de compétition et des roulettes de course, très certainement "designed" pour l'espace, mais en tout cas, pas pour le métro parisien. Première chose qu'elle a fait en arrivant à la maison : la vider du surplus. Objectif = descendre en dessous des 20 kilos. Le mienne (de valise) va bien merci. Toujours pas besoin de m'asseoir dessus pour la fermer, mais ça ne saurait tarder.
Ca, c'est fait...

La nuit a été agitée, comme toutes les veilles de départ (est-ce que j'ai bien pris ça... Ca, est-ce que j'en aurai vraiment besoin ? Est-ce que j'ai mis le réveil... etc...). Nous sommes debout à 6h15. Le temps de ranger un peu, fermer la valise et faire trois fois le tour de l'appartement, et Nath,qui doit nous conduire à l'aéroport, est déjà là. Il fait beau mais frais, en ce dimanche matin. Mais qu'importe, dans 22... 25 heures ? nous serons sous les Tropiques. Maintenant la question est : "Est-ce que je vais pouvoir partir ?" (Billet GP... souvenez-vous...) Oui, parce que la GROSSE erreur de calcul dans l'histoire, c'est que nous sommes le dernier week-end des vacances pour les tahitiens, et qu'il y a beaucoup de monde qui rentre... Pour Clau, pas de problème, elle a un billet normal.

Arrivées à CDG, tandis qu'elle prend la file pour se faire enregistrer, je me mets donc en quête, fidèle aux instructions de Philoo, d'un responsable de la compagnie. Je me présente finalement à quelqu'un de la sécurité. Après vérification, il me confirme que je suis bien listée sur le vol, me dit de passer la sécurité normalement et de me présenter à l'enregistrement. Là, ils me diront comment ça se passe. Je rejoins donc Clau, qui s'était bien gardée d'avancer, dans la file. Et là, le moment tant redouté : le passage de la sécurité. Tous ceux qui ont voyagé avec moi vous le confirmeront : je fais systématiquement sonner les portiques, et 9 fois sur 10, je bloque au contrôle. Allez savoir pourquoi ? Je dois être trop gentille... Bref, le type de la sécurité commence à me poser ses questions (que je lui fais répéter, parce que je sais pas pourquoi, mais j'ai eu du mal à saisir toute la première partie de sa tirade) et tique en voyant mon billet. Ben oui mon gars, c'est un billet GP. SO WHAT ? J'ai dû le penser un peu trop fort, parce que du coup, le voilà qui me pose trois fois la même question et j'écope d'un étiquette différente des autres --Soupir--.
Voilà finalement le guichet. Là, le gars nous annonce qu'il ne peut pas nous enregistrer ensemble à cause mon GP. Ok, pas grave. On commence donc par le billet normal de Clau qui se débarasse enfin de sa valise et récupère sa carte d'embarquement. Pour moi... d'abord c'est le code GP qui ne passe pas. Ca commence bien. Puis on m'annonce que c'est OK jusqu'à Los Angeles.
- Euh... Je vais à Papeete, moi (soudaine montée d'angoisse).
- Oui, mais pour l'instant, on ne peut pas vous enregistrer plus loin. Reprenez votre valise et revenez une heure avant l'embarquement, je vous confirmerai si c'est bon pour LAX.
Je vais donc me coller dans un coin avec ma valise pour patienter en regardant la file qui s'est allongée d'une façon impressionnante et n'a pas l'air de vouloir diminuer. Hum... Pas sûr que j'ai de la place, au final. Et là, tout à coup, une bonne femme avec un gros sac de voyage sur son chariot vient se mettre à l'entrée de la zone d'enregistrement et se glisse dans la file, ni vu ni connu, grillant au moins 30 personnes ! Il y en a quand même qui ne manquent pas d'air.
Vers 10h30, la file arrivant à son terme, je me remets donc derrière le dernier passager, mais un doute m'assaille... Plutôt que de repasser la sécurité (merci, j'ai déjà donné), je vais trouver le superviseur qui se cachait jusque là et lui explique la situation.
- Vous avez passé la sécurité ? Vous êtes enregistrée ?
- Oui, mais que jusqu'à LAX. On m'a dit qu'il fallait que je revienne en fin d'enregistrement.
Nous allons donc voir le gars qui nous a enregistrées au début. Tiens, j'avais pas remarqué, mais il ressemble sacrément au Dixon de Alias... D'accord, promis, demain j'arrête la télé.
Après quelques mises au point, le superviseur confirme à "Dixon" que je ne peux pas aller plus loin que Los Angeles :
- Le vol LAX-Papeete est plein. On ne prend pas de GP.
- Aïe ! Il vaut mieux que je prenne le vol de demain ?
- Il n'y a pas de vol au départ de Paris, demain.
- Et de LA ? Vous êtes sûr que j'ai aucune chance d'avoir une place aujourd'hui ? (l'angoisse monte)
- De LAX, on a des vols tous les jours. Vous pourrez essayer aujourd'hui, mais c'est même en surbooking. Partez plutôt dans l'idée que vous allez passer une nuit à Los Angeles. De toute façon, votre valise sera débarquée et il vous faudra la récupérer.
- Génial.... (Ca se voit que je suis enthousiaste, là?)... Oh et puis c'est pas grave. L.A. je connais ! J'en profiterai pour aller voir Ty, Anthony et Josh (private joke).

Nous voilà à une demi-heure du décollage. Il reste encore à passer la police. On est les dernières... Ah, tiens, pour une fois je sonne pas. Miracle. 2atn_ppt2
Nous embarquons presque immédiatement à bord d'un superbe A340 tout bleu de la compagnie Air Tahiti Nui. Finalement, Clau et moi sommes sur des rangs séparés, mais elle me fait aimablement prévenir par un stewart qu'elle n'a personne à côté d'elle. On va pouvoir faire le voyage ensemble. On nous offre une fleur de tiare, la même que sur la queue de l'avion, et c'est parti, nous quittons enfin la froide terre de France qui disparaît bientôt sous les nuages, pour des rivages plus cléments. Enfin, pour moi, c'est pas encore gagné.

11 heures 30 de voyage nous attendent. Nous passons au dessus du Groenland, puis de la baie d'Hudson, prise dans les glaces, avant de survoler le Canada, les Rocheuses, le désert...

groenland1 iceberg2

Et là, ça commence à cogiter sévère (dialogue entre moi et moi) :
- J'ai pas le téléphone de Philoo, vu que ce matin j'ai eu l'excellente idée de mettre le palm dans la valise au lieu de mon sac. Comment je vais le prévenir que j'arriverai pas en même temps que Clau ?
- Ben en récupérant ta valise, tu récupères le palm, ... andouille.
- Et puis à savoir ça, j'aurais pu prendre les coordonnées de J. ou Ch., ou ... Ils auraient pu m'aider.
- Ma fille, L.A., c'est GRAND ! T'es même pas sûre d'avoir le temps de voir quelqu'un.
- Et j'ai même pas pris le guide. J'ai pas de Carte L.A.
- Même réponse que plus haut : entre l'arrivée et le départ demain, auras-tu vraiment le temps de faire du tourisme ?
- Et va falloir que je trouve un hôtel ? J'en connais pas. Comment je vais faire ?
- Les hôtels, c'est pas ce qui manque sur l'aéroport. Et au besoin, tu demandes au guichet de la compagnie de t'en indiquer un. C'est quand même pas sorcier.
- Et puis je connais pas les horaires des vols suivants.
- Voir réponse précédente.... Bon, ça suffit, là. Tu parles anglais ?... enfin, tu baragouines ? Tu as une Carte Bleue ? Ben alors, y'a plus de problème !
Mais j'ai beau me raisonner, le noeud à l'estomac est bel et bien là. Et le pire, c'est qu'à me voir, Clau commence à s'angoisser elle aussi. J'avais bien besoin de ça. Tu m'aides pas là ! Du coup, de lui faire la leçon, ça me remonte. Allez, advienne que pourra. Remplissons plutôt nos jolies cartes vertes (2 essais. Peut mieux faire). J'en profite pour essayer de tirer un peu plus d'infos du stewart, parce qu'après tout, je vais pas baisser les bras et je vais quand même tenter la deuxième partie du voyage sur le même vol. Mais la question reste entière : qu'est-ce que je dois mettre sur ma carte d'immigration dans "Adresse aux Etats-Unis" ? Ou dois-je aller en sortant de l'avion ? etc...
Pour l'adresse il ne sait pas, mais il me rassure en m'expliquant qu'il y aura du personnel ATN au sol pour m'aiguiller et qu'ils parlent français. Et au pire, si je reste à L.A., je peux toujours aller voir l'équipage : on se débrouillera pour me trouver une chambre. Ah! Ben ça va tout de suite mieux, là ;o).

Ca y est, nous atterrissons. Il y a 8 mois, nous étions arrivés de nuit, avec les lumières de L.A. qui s'étendaient à perte de vue. Cette fois-ci, il fait jour.

landinglax takeofflax

La ville est immense, bien ordonnée, avec de temps en temps un grand cordon d'autoroute qui coupe en deux l'alignement des maisons et se perd à l'horizon. Je reconnais Downtown et la colline d'Hollywood. Souvenirs, souvenirs...

Un dernier point avec Clau. La consigne est claire : quoiqu'il arrive, je dois faire vite, alors elle ne doit pas me suivre pour essayer de savoir si tout va bien. Moi, j'attends pas : je trace. Nous récupérons nos affaires, prêtes à sortir.

Ca y est, je suis parée, les portes peuvent s'ouvrir, j'ai bien l'intention de repartir avec ce vol !

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18 mai 2006

C'est encore loin Grand Schtroumph ?

Dimanche 19 mars 2006 (et oui, encore : décalage Paris --> Tahiti = moins 11 Heures)

Ce qu'il y  de bien avec les tenues de Air Tahiti Nui, c'est qu'elles sont facilement repérables. Le gars, juste à la sortie de l'avion, avec sa chemisette bleue à petites fleurs, c'en est un. Et ouf ! Il parle français. Je lui explique donc rapidement ce qui se passe, et il me confirme que je dois passer les formalités d'immigration comme si je restais aux Etats-Unis, puis récupérer ma valise, passer la douane, et remonter au 3ème étage où se trouve le comptoir d'enregistrement de la compagnie. Hou là ! Ca fait beaucoup d'infos d'un coup, là ! C'est que j'ai quasiment pas dormi, pendant le voyage, et en France, il est minuit. Heureusement, il va ensuite au tapis des bagages. Je le retrouverai là et il m'indiquera le chemin. Bon, mais pour tout ça, j'ai pas la journée, moi. L'avion repart dans 2 heures.
Go !

J'accélère le pas, laissant Clau (qui forcément, s'était arrêtée pendant que je parlais avec le monsieur) sur place. Un peu plus loin, une personne oriente les passagers : les transits, file de gauche, et les autres file de droite. Je passe donc à droite et j'en profite pour lui demander comment on dit "billet GP" en anglais (Heu... GiPi). J'arrive dans l'immense salle où se tiennent les guichets. Nouvelle halte devant une dame en uniforme qui fait le dispatch des files d'attente, et d'une petite voix en peu perdue (faut toujours les attendrir) :
- Do you speak french ?
- Hum. No. Sorry.
- Ok... I have a GiPi ticket, and I'm going to Tahiti, but in Paris, they couldn't register me to destination. What do I write in "US Adress" ? Transit to Tahiti ?
- Oh ... Yes. Transit, it's OK.
Et là, elle me montre la file que je dois prendre... Et forcément... c'est la file qui n'avance pas. D'abord, c'est un asiatique qui reste un bon quart d'heure (à ce qu'il m'a semblé), parce que le type du guichet lui pose plein de questions et entreprend des vérifications de son passeport. Puis tout à coup, le préposé range le tampon dans un étui à sa ceinture et sort de son guichet pour aller taper la causette avec le collègue à côté ! Apparemment, il doit y avoir un blocage du système informatique. Puis le voilà qui revient tranquillement au bout de 5 minutes et reprend les contrôles comme si de rien n'était. Entre-temps, de nouveaux guichets s'ouvrent tout autour de nous et les gens du dispatch dédoublent les files... Et pourquoi pas la mienne aussi ? Hein ? Qu'est-ce qu'elle vous a fait la mienne, pour que vous l'ignoriez comme ça ? Si j'osais, je demanderais gentiment aux gens s'ils peuvent me laisser passer parce que j'ai un autre avion à attraper. Mais bon, on est aux Etats-Unis, et je suis pas sûre que ça se fasse, ce genre de choses. C'est pas le moment d'avoir des histoires.
Bref, la pression monte. J'ose même pas regarder ma montre. Conjurer le sort et ne plus y penser. Et puis il fait chaud, là. Du coin de l'oeil, j'observe aussi le tapis des bagages de notre vol qui est juste en face. Ma valise est bien là, au pied du tapis, et petit à petit l'espace se vide autour d'elle. Elle sera bientôt toute seule - Mais pourquoi ça n'avance pas ??? Pourvu que personne ne parte avec. J'aurais l'air maline. Le gars que j'ai vu à la sortie de l'avion s'affaire autour du tapis et passe ses annonces. Lui aussi, pourvu qu'il se barre pas avant que je sois passée. Et soudain, O Miracle (le deuxième de la journée), le débit de la file s'accélère. Ca y est, c'est mon tour! Hihaaaaaaaaaaa! Allez, index gauche, index droit, "look at the camera". Ca, ça va, je sais faire.
- Where are you coming from?
- Paris.
- Where are you going?
- Papeete. Tahiti. If I can have a seat.
Le gars regarde ma carte verte, me regarde...
- Heu... I have a GiPi ticket, and they couldn't register me in Paris to the final destination because the fly was full.
- Ok. Standby.
-Heu.... (gros doute) ... I stay?
- No, it's OK
... dit-il en me rendant mon passeport tamponné avec la carte verte de sortie du territoire. Ah, OK ! Standby, ça veut dire GP !

Je cours donc récupérer ma valise. Le gars d'ATN est toujours là. Il vérifie le tampon et la carte verte et me montre la douane et le couloir à emprunter pour aller trois étages au dessus à l'enregistrement. Je lui demande si j'aurai le temps et il me rassure quelque peu en me disant que ça ira. La douane n'étant qu'une formalité, je remonte le fameux couloir vers les ascenceurs et là, alors que j'arrive vers la sortie du terminal, un gars de la sécurité m'arrête et me demande d'où je viens - Paris - et où je vais - Tahiti - en tournant autour de ma valise. Et en voyant la grosse étiquette jaune marquée "Standby" sur la dite valise, il a l'air de se radoucir et me laisse repartir (Finalement ça a dû se voir que j'étais pressée). Je monte dans l'ascenceur qu'un monsieur a la gentillesse de retenir, et comme il appuie sur le n° 3, je confirme : "me too" (trop top, mon anglais!) Et là, il me regarde en souriant et en montrant l'étiquette jaune :
- I know. Standby.
- Yes.
- Where are you going ?
- Tahiti. Do you know where is Air Tahiti Desk for registring ?
- Oh. Yes. Just there.
- Thank you. Goodbye.
Bon, si c'est juste là, j'y suis presque. J'ai peut-être une chance. Pourvu qu'il y ait de la place. Par la porte du terminal, je vois qu'il fait un beau soleil de milieu de journée et ça me remonte un peu le moral si je dois rester. Le comptoir de Air Tahiti Nui est caché tout au bout de la salle après les comptoirs d'une compagnie philipine. Apparemment, il n'y a personne dans les files d'attente. C'est pas possible. Ils ont déjà tous embarqué ? Je m'avance donc dans la file en hésitant. Derrière le comptoir, un type me fait signe d'approcher.
- Where are you going ? (si vous ne savez toujours pas ce que ça veut dire : Où allez-vous? ... z'étiez nul en anglais à l'école ou quoi?)
- Tahiti, banane. Sinon je serais pas au comptoir d'ATN... Non, je rigole, je suis restée très polie, très discrète, etc... I have au Standby ticket.
- Luggage ?
- Heu ben yes, of course. (Ca se voit pas? Même qu'il y a une grosse étiquette jaune dessus)
Et là, il commence à me baragouiner un truc... c'était trop beau. Heu... ben le luggage, dans l'avion. In the plane. Quoi? Qu'est-ce qu'il y a ? Et lui qui continue. Finalement, je capte "nine". Oh, ça sent la file d'attente, ça. Et je finis par voir, à l'autre bout de la salle, un gros caisson qui ressemble à un scanner avec un panneu "9" au dessus. OK, compris. Faut d'abord passer la sécurité au poste 9. Demi-tour, pas de course. Avec ces conneries, je vais finir par le rater, cet avion. Je me mets dans la file derrière une dame qui va aux Philipines et engage la conversation. Le gars de la sécurité n'a pas l'air pressé. Pour l'instant, on ne voit personne. Puis il arrive et commence à bouger les piquets et les rubans pour ordonner la file autrement. Aïe ! Ils vont pas fermer, au moins ? Le bonhomme enfile des gants, prend la valise de la dame, lui fait signe d'aller de l'autre côté et me barre le chemin de la main d'un impérieux "Wait !"  Ca fait rire le monsieur derrière moi, alors je me retroune en disant : "Ok. Wait, I understand". Ca le fait marrer. Lui, il est américain, mais il trouve tout ce cirque aberrant. Finalement, le gars revient prendre ma valise. Je passe de l'autre côté pour l'attendre. On me la fait identifier, puis une femme la charge sur un chariot et m'accompagne jusqu'au guichet d'enregistrement. Elle dépose la valise sous le guichet et me fait signe d'attendre derrière la ligne. Apparemment, moi j'ai plus le droit d'y toucher.

Bon, mais maintenant, qu'est-ce que je fais ?  Je suis toute seule derrière ma ligne, et personne n'a l'air de s'intéresser à mon cas. Et là, je lève les yeux vers le panneau d'affichage. Mon vol est le premier annoné. A côté, la pendule, et ... J'y crois pas ! J'ai encore 1 heure devant moi ! Tout ce temps qui m'a paru interminable, ce n'était en fait qu'une toute petite heure. Tout d'un coup, ça va beaucoup mieux. Je commence à me détendre ... un peu (qui a dit "impossible"?). Finalement, l'hôtesse qui est au guichet de la classe business et était occupée avec un passager, me fait signe d'avancer. Je lui donne mon billet, j'explique la situation (et tout en anglais, s'il vous plaît), en rajoutant au passage que je voyage avec ma tante qui a un billet régulier et que j'aimerais bien pouvoir la prévenir si je peux pas continuer. Là, la fille me répond que normalement le vol est complet - Ben oui, je sais (petit air de chien battu). Elle me demande à quel siège est ma tante, elle consulte son terminal, puis elle disparaît dans le bureau derrière et revient en m'annonçant finalement, avec le sourire, que c'est OK.
- OK ? Really ?  ... Je contiens ma joie. Pour les miracles, c'est jamais deux sans trois.
Le vol était sensé être surbooké, mais elle a fini par me trouver une rangée complète au milieu et elle m'explique que comme ça, ma tante pourra être à côté de moi. C'est bon, je retiens. Le coup de la tata, je le referai ;o)
Arrive alors la chef hôtesse de notre vol de Paris (je connais cette tête, mais où l'ai-je déjà vue... bon sang, mais c'est bien sûr !) qui me demande en français cette fois, très familièrement :
- Alors, comment ça va ?
- Ah ben là, beaucoup mieux, tout à coup.
On papote un peu le temps que j'aie ma carte d'embarquement, puis elle m'explique par où passer pour aller plus vite.

Me voilà donc enfin devant l'entrée de la zone internationale : le Graal. C'est le moment tant attendu de passer... le contrôle de police, bien sûr. Heureusement, il n'y a pas grand monde dans la file. Je pose tout mon barda dans le bac en plastique, y compris les chaussures, je passe le portique... Ca sonne. Quelle surprise... Dans mon élan, je fais demi-tour, repasse dans l'autre sens. Un peu trop vite apparemment, car l'officier, un géant black bien barraqué, m'interpelle d'un "Hey ! look at me" un peu offusqué.
- Oh. Sorry. (petit air confus de circonstance).
Je le regarde donc et il me fait signe de repasser. Ca sonne. Il m'observe. Moi je pense que c'est la montre. Lui que c'est plutôt le bracelet. J'enlève donc les deux et retraverse. Ca sonne plus, mais j'ai encore droit à un "Look at me". Oui, désolée. Mais bon, je suis un peu perturbée par les événements, et en plus t'es super grand (et moi toute petite, c'est bien connu). Finalement il me dit que c'est OK, alors je récupère mes affaires, et à ce moment là, il me dit d'un air un peu plus gentil : "Hey, when I say look at me, you look at me". Je le regarde bien, cette fois, pour répondre : "Ok. I'm very sorry".
Le temps de remettre mes chaussures et je file ! Une dernière petite frayeur en réalisant que j'ai failli embarquer sur Air Lingus pour Dublin (Porte 120 au lieu de 122), mais finalement, je serai dans l'avion avant Clau qui pousse un grand soupir de soulagement en me voyant assise quand elle embarque. Faut dire qu'elle s'est un peu rongé les sangs, pendant ces deux heures.

Nous commençons donc à squatter notre rangée entière, quand une hôtesse vient demander : "il y a un couple là bas qui est sur des fauteuils séparés. Ca vous ennuie s'ils prennent les deux places à côté de vous?" N'écoutant que notre bon coeur, forcément, nous répondons qu'ils peuvent venir. Quand ils s'asseoient, la première chose que fait le monsieur est de se tourner vers Clau en disant un peu abruptement : "I don't speak french". OK, le décor est planté, bonjour l'ambiance. Dommage qu'il ne m'ait pas dit ça à moi : "It doesn't matter : I speak english" :op.
Finalement, je dormirai pas plus pendant la deuxième partie du voyage. A peine un léger assoupissement devant "Vaillant, pigeon de combat". Mais faut dire aussi que j'avais un peu de quoi faire des cauchemars : à peine l'avion a-t-il décollé que je vois tout à coup deux énormes bras velus surgir du fauteuil devant moi et des mains aux doigts épais, courts et velus eux aussi agripper le dossier à quelques centimètres de ma tête. Brrrr ! Mais c'est quoi ça ? On embarque des gorilles, maintenant ? Mais à qui ça peut bien appartenir des trucs aussi horribles ? Je ne le saurai jamais : j'ai pas osé regarder.

Nous atterrissons à Papeete à 22h35 heure locale, soit 22 heures après êtres parties. Il fait nuit. Ici, le débarquement se fait à l'ancienne : une passerelle avec escalier nous permet de descendre directement sur la piste. Ce qui surprend tout d'abord, c'est la chaleur et la moiteur de l'air. Et puis à l'entrée de l'aérogare, il y a une hôtesse qui nous accueille avec une fleur de tiaré et un orchestre local. Voilà, c'est exactement comme ça que j'imaginais l'arrivée dans les îles. Nous passons rapidement les formalités puis récupérons nos valises.
Dernier contrôle de douane :
- C'est vous qui étiez en GP ?
- Heu... oui... Comment il sait ça, lui ? o_O
Dehors, Philoo et Maman nous attendent avec les traditionnels colliers de fleurs. Direction la maison, pas très loin, dans le quartier de Pamatai. Papa nous attend sous la véranda.
Premier réflexe : enlever les bas de contention et le t-shirt à manches longues. Il fait vraiment trop chaud ici.
jimmyh_pamatai

C'est en ouvrant la valise que j'ai découvert mon petit passager clandestin : sous prétexte de vérifier que je n'oubliais rien et de s'assurer que personne ne mettrait rien de compromettant dedans à mon insu, c'est lui qui s'y était glissé ! Sacré Jimmy !

Nous papotons encore un moment sous la véranda malgré les éclairs qui zèbrent le ciel un peu partout autour de nous. Puis il est temps de s'organiser pour dormir : séparation des deux matelas du canapé-lit : un dans le séjour pour Clau et l'autre dans l'appentis pour moi, histoire d'être loin de tous les ronfleurs. Puis une bonne douche et au dodo. On verra le reste demain.

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27 mai 2006

Bienvenue à Pamatai

Lundi 20 mars 2006

L'appentis, c'est bien, c'est spacieux, mais qu'est-ce qu'il y fait chaud ! C'est que j'ai pas de ventilateur COMME CERTAINS, Moi ! Il y a aussi eu de l'orage, de la pluie, plus les ressorts du matelas qui me rentraient dans les côtes... Bref, il est 6h et je sais pas trop où j'habite... J'entends Philoo se préparer pour aller au boulot. Problème : pour aller dans le séjour, il faut passer soit par la salle de bains, soit par la chambre des parents où Papa dort encore. J'opte pour la chambre, à pas de velours.vuemoorea1 Clau et Maman sont déjà sur la terrasse en train de déjeuner.
Le temps est plutôt clair, ce matin, et on a une jolie vue sur Moorea. On se prépare tranquillement (qu'est-ce que je vais mettre aujourd'hui ????), colliersfleurspuis petite photo souvenir sur la terrasse avec nos jolis colliers de fleurs qui ont assez bien tenu le coup compte tenu de la chaleur (on va dire que à gauche c'est Clau et à droite c'est moi. Ca sera plus pratique pour la suite). Et oui, il n'est que 10 heures, mais il fait déjà chaud et lourd. C'est aussi ça les tropiques. Allez, tout le monde en voiture, direction l'aéroport pour aller chercher les pass des vols inter-îles au bureau de Air Tahiti. Puis nous reprenons la RDO (Route de Délestement de l'Ouest = périphérique... on ne rit pas : super important, le périphérique) pour faire un saut jusqu'à Papeete - prononcez Pa-pé-é-té -, histoire de voir enfin à quoi ça ressemble. Nous arrivons par le quartier des administrations puis rejoignons le boulevard Pomare (du nom de l'ancienne famille royale) qui borde le front de mer. Et là, un bon quart d'heure pour trouver une place. On se croirait dans mon quartier. Vous ne connaissez pas les embouteillages de Papeete ? Ils sont pourtant légendaires dans tout l'archipel. Bref, nous voilà à la recherche du marché, une grande halle qui, au premier abord ne semble pas très animée. Il faut dire qu'ici, pour espérer trouver ce qu'on veut, mieux vaut venir tôt. Aux alentours de 6 - 7 heures du matin. Alors 11 heures, vous pensez ! Du côté des étals de viande et de poisson, ça rappelle un peu les magasins d'alimentation en URSS à la grande époque. Maman nous trouve quand même de quoi déjeuner à midi et discute un brin avec la marchande (étonnant non ?)... Je sais pas ce qu'elles se sont dit, mais ce que je sais c'est qu'il n'y aura pas moyen ensuite de savoir de quel poisson on a mangé !

mairiepapeete_21mairiepapeeteComme les escalators sont en panne, nous renonçons à la visite de l'étage supérieur où sont installés les marchands de paréos et d'artisanat (les curios). Mais pas de panique, les deux derniers jours du séjour seront consacrés quasi exclusivement à la pêche aux cadeaux et souvenirs.
Nous faisons un tour rapide dans le quartier en nous arrêtant devant la splendide mairie, avant de rentrer car Philoo doit nous rejoindre pour le déjeuner.

Tandis que, sous la chaleur écrasante, Philoo repart pour l'aéroport, et que certaines se laissent tenter par un petit roupillon post-déjeuner (malheureusement pas devant Derrick : elles n'ont pas encore trouvé comment marche le décodeur du satellite. Ouf! un peu de répit), je me mets à la vaisselle. J'adoooore la vaisselle. Si si, je vous jure. Il est prévu de redescendre ensuite sur Papeete pousser la visite un peu plus loin. Malheureusement, alors qu'on s'apprête à partir, l'orage éclate et des bourrasques de vent accompagnées de trombes d'eau se déversent sur le quartier, en commençant par la droite de la terrasse (à gauche c'est encore sec) pour finir par nous entourrer complètement. Une vraie pluie tropicale, violente, intense, qui vous décourage de mettre le nez dehors. Y'a plus qu'à attendre que ça passe. Mais, alors que la pluie se calme et que le ciel s'éclaircit, le temps de se préparer et voilà la deuxième fournée. C'est ça Tahiti ? Les îles où il fait toujours beau ?

A 15h30, pluie ou pas pluie (il ne tombe maintenant que quelques gouttes), nous levons quand même le camp. De toute façon, il fait tellement chaud que mouillé ou pas c'est du pareil au même. Papa nous dépose, Maman, Clau et moi, devant le temple de Paofai afin que nous puissions remonter tout le boulevard Pomare à pieds. On doit se retrouver dans deux heures devant le syndicat d'initiative sur le quai d'honneur. En avant pour la visite touristique... presque aussitôt interrompue par la visite du Pier Import où Maman et Clau ne peuvent s'empêcher de rentrer.... Alors là, oui, je fais la gueule ! Y'a les mêmes à Paris et à Montpellier. J'ai quand même pas fait tous ces kilomètres, toutes ces heures de vol et affronté tous ces fonctionnaires américains pour visiter un Pier Import !
Quelques achats plus tard (C'est bon, vous pouvez aller manger chez mon frère, maintenant il a des assiettes à dessert), nous reprenons notre chemin, indifférentes aux voitures qui manquent de peu de nous éclabousser, pour faire un petit détour par le quartier des administrations : bougainville2parcbougainville1
l'assemblée territoriale, le palais du gouverneur, puis le Parc Bougainville, puis une boutique de perles dont le patron annonce à Maman qu'il lui fait moitié-prix parce qu'elle est de Montpellier... Tu parles...

tahitianprincess_pptAmarré au quai d'honneur, nous découvrons bientôt le Tahitian Princess, navire "légendaire" et petit frère du non moins légendaire Pacific Princess qui égayait les après-midi d'été de mon enfance dans "La Croisière s'amuse" (oui, j'avoue).

cathedraleDe l'autre côté du boulevard, côté Terre, se dresse la cathédrale Notre Dame de l'Imaculée Conception.

retroPapa nous attend tranquillement attablé au "Rétro". Petite séquence émotion, puisque c'est dans le restaurant au dessus de ce bar qu'est décédé un certain Joe Dassin le 20 août 1980. Oui, je suis fan et je l'assume !

sunsetpamatai1La nuit tombe et nous voilà de retour à Pamatai, quartier plutôt populaire de Faaa (la commune voisine de Papeete, sur laquelle se trouve aussi l'aéroport), assez calme et agréable à première vue. Pour y aller, la route grimpe raide, et pour en descendre par certains chemins, il faut une certaine témérité ou beaucoup d'habitude. D'ailleurs Philoo vous dira qu'à vélo, c'est bien à la descente, mais quand il a fallu rentrer... il a finalement renoncé à aller au boulot en vélo. Tout  le monde ne s'appelle pas Richard Virenque. Mais à part ça, on y est bien. Et puis les couchers de soleil sur Moorea sont splendides (dédicace spéciale Mp). En tout cas, on y est assez bien pour somnoler dans le fauteuil sur la terrasse. Ca y est, c'est le coup de barre de 18h. On m'avait pourtant prévenue.

Pour ce soir, Philoo a réservé au restaurant japonais de l'hôtel Sofitel. J'ai un peu du mal à ouvrir un oeil pour monter dans la voiture, mais bon, quand faut y aller... Au restaurant, nous sommes installés en ringuette autour d'une grande plaque de cuisson où le Chef va officier sous nos yeux émerveillés. Super, c'est comme dans les films ! Allez, pour fêter ça, c'est cocktail pour tout le monde. Sans alccol SVP. Déjà que je tiens pas beaucoup debout... Comme nos breuvages arrivent, un groupe de sept personnes nous rejoint autour de la "table". L'un des convives engage la conversation en anglais avec Philoo. Il est japonais (Un vrai ! Comme à Paris !) et capitaine de pêche au thon. J'aurais préféré un capitaine de pêche à l'espadon genre George Clooney, mais bon, faut pas trop en demander non plus. Ce soir, il paye le repas à son équipage pour clôturer la campagne de pêche en Polynésie. Sympa ça. Sauf qu'on apprendra par la suite que pour sept, il n'a pris que quatre repas. La générosité a quand même ses limites.

rest_jap2rest_jap1Coté repas, le spectacle est assuré par le monsieur là, avec la toque rouge et le bandeau rouge et blanc, celui qui joue avec la nourriture. Et vas-y que je jongle avec les ustensiles, avec les bols, avec les oeufs. Son grand amusement est de les lancer (les oeufs) en l'air et de les réceptionner dans le creux de sa toque. Sans la quitter, bien sûr. Et parfois il y a des ratés, comme lorsqu'il s'absente brusquement cinq minutes. Une envie pressante? Non, un oeuf qui s'est écrasé à l'atterrissage.
Pour moi, pas de bol, je suis repérée dès son entrée en scène : je suis la seule à ne pas avoir commandé du riz à l'ail. Et bien il va faire tant et si bien que c'est moi qui vais céder (et avec le sourire, s'il vous plaît) : ce sera riz à l'ail pour tout le monde. Délicieux d'ailleurs son riz à l'ail. Mais j'ai quand même bouffé de l'ail toute la nuit.

Après un petit tour dans les jardins du Sofitel pour voir la piscine et le faux lagon, nous prenons le chemin du retour. Personnellement, je dors littéralement debout, et c'est en zombie que je rejoins mon nid à ressorts pour tomber comme une masse dans les bras de Morphée. Même que j'ai dû lui faire mal...

Posté par belugue à 18:50 - Etape 1 : Tahiti - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2006

Un p'tit tour et puis ...

Mardi 21 mars 2006

... Mais non, on s'en va pas. Enfin pas tout de suite. Pas avant d'avoir TOUT visité, en tout cas !

Ce jour là, ils ont dû me croire boulimique... de visites, bien sûr. Sur quoi d'autre vouliez-vous que je me jette ? Bref, j'ai tant et si bien fait ma casse-pieds, qu'à 8 heures tapantes, nous étions fin prêts à embarquer dans la C3 de Philoo pour faire le tour de l'île, pendant que lui prenait le vieux 4x4 pour aller bosser (souvenez-vous : il a renoncé au vélo). Nous voilà donc sur la route non sans avoir quelque peu raclé le châssis au seuil du portail - Aïe ! D'ailleurs, il nous faudra bien quinze jours pour comprendre comment on sort la voiture de ce jardin sans rien accrocher. De la délicatesse, svp. Mais à mon humble avis, Tahiti c'est pas fait pour les voitures. En tout cas pas plus que pour les vélos... peut-être pour les pirogues...
Cap à l'Est à la poursuite du soleil, tels jadis Christophe Colomb et ses caravelles (sur la route du retour) ... Enfin ça, c'est pour la touche de poésie, parce que pour l'instant je suis surtout le guide qui dit direction plein Est vers Arue (plus belle mairie de France) et le Belvédère. Et bientôt, une triste réalité de Tahiti nous frappe de plein fouet : mais où sont donc les panneaux indicateurs ??? - ça sert à quoi, un panneau indicateur ? De toute façon, y'a qu'une route. Oui, mais quand il y en a deux ? (si si, ça arrive : la preuve). Après un détour involontaire par la gare maritime, nous faisons halte dans une station service pour faire le plein et accessoirement nous renseigner sur l'itinéraire. Le monsieur a dit "le Belvédère, c'est par là". OK. La route grimpe rapidement en s'enfonçant dans la montagne, au milieu de maisons de plus en plus rares. Elle se fait de plus en plus étroite, et devient même sacrément raide. C'est long et pas très rassurant. Est-il bien raisonnable d'aller jusqu'en haut ? La voiture le supportera-t-elle ?
belvedere_22belvedere_11 Peut-être pas. Profitant d'un endroit où la route s'élargit, le chauffeur décide de s'arrêter. Par chance, la forêt tropicale laisse apparaître un très joli point de vue sur l'île de Moorea et Papeete. Comme ça, on ne sera pas venus pour rien. Dommage que le temps ne soit pas plus clair. Après un savant demi-tour sans tomber dans le fossé (c'est que la pente est raide), nous voilà dans le sens de la descente. Et c'est bizarre comme le retour paraît bien plus court. FInalement, on n'avait pas fait tant de chemin que ça.

De retour sur la route de ceinture, nous prenons la direction de Mahina, avec halte prévue à la Pointe de Vénus.
pharemahina1bounty3C'est une jolie plage de sable noir où débarquèrent les premiers missionnaires au XVIIIème siècle. Une autre stèle y commémore l'arrivée du Bounty après la mutinerie. C'est aussi là que l'on peut voir l'unique phare de Tahiti. Et c'est notre première rencontre avec les crabes de cocotiers. Ou plutôt avec leurs trous, car pour l'instant, nous ignorons encore que ces petits trous de 5 cm de diamètre pour les plus gros (déjà de quoi se tordre une cheville), d'une rondeur parfaite, qui infestent le sol, sont habités. Attention où vous mettez les pieds. Après cette halte rafraîchissante à l'ombre des cocotiers, nous repartons direction Papenoo, plage réputée pour ses surfers et body-boarders, mais qui se révèle sans intérêt aujourd'hui. Un peu plus loin, se trouve le trou du souffleur. Dans une jolie petite anse qui paraîtrait sauvage s'il n'y avait la route, et où l'on s'attendrait bien à voir débarquer les aventuriers des temps jadis (quoique ça, ça le fait avec pratiquement toutes les anses de toutes les îles. Vous verrez plus tard), le ressac et la pression de l'eau jouent avec l'air des grottes sous-marines et "sous-routières", le faisant ressurgir en long jets bruyants.
souffleur_11 souffleur_21 souffleur_31

La route continue en longeant une côte plus abrupte, où le récif est souvent très proche, et voit défiler les villages de Tiarei, Mahaena, Hitiaa (prière de suivre sur une carte), ou plutôt une succession d'églises, unique bâtiment ou presque, avec l'école, qui permette d'identifier l'emplacement d'un village.
tautira_eglise1Il y en a de toutes les formes, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de toutes les religions, de toutes les confessions, de tous les courants de pensée. Même les Etats-Unis ne peuvent pas lutter !
Puis nous arrivons à Taravao le village à la jonction de Tahiti Nui "la grande île" et Tahiti Iti "la petite île" ou presqu'île.
tautira1La route descend sur Tahiti Iti par la côte Est en passant devant la anse où mouillaient les navires de James Cook, pour arriver à Tautira. Voilà, ça ressemble à ça, le bout du monde. La route s'arrête là. Après, se sont des falaises et l'océan. N'écoutant que son courage, ou peut-être pour la frime, Jimmy (vous savez, mon petit clandestin de 25 cm) a voulu poser sur le panneau, mais avec le vent, il a failli s'envoler et a dû renoncer.

Ben puisque qu'il n'y a pas de route, on va pas y aller à la nage (non, quand même pas). Nous revenons sur nos pas, puis prenons la seule route qui s'ouvre à gauche pour monter au plateau de Taravao.
vaches1tahitiiti_22Et là, surprise ! Promis juré, c'est pas les photos de mes dernières vacances en Auvergne. D'ailleurs, cette fois, Jimmy n'a pas pu s'empêcher d'aller faire le malin sous le museau des vaches. Et oui, ici on produit du lait. Il fait très bon avec cette petite brise qui rafraîchit juste ce qu'il faut. Le chemin est assez boueux, mais on s'en fiche, parce que la vue sur l'isthme et Tahiti Nui est magnifique.
Mais c'est là, devant ce spectacle enchanteur, que nos estomacs se rappellent brutalement à notre bon souvenir. A Taravao, il y avait des snacks sur le bord de la route. C'est bien la misère si on ne trouve pas quelque chose à se mettre sous la dent. La route de retour serpente entre prés et forêt. Nous croisons même des militaires en goguette avec harnachement complet qui ont fait halte pour le repas.
A table ! Pour moi, ce sera mahi mahi farci aux saint-jacques. Sans moustiques, svp. Tandis que nous reprenons quelques forces à l'abri de la terrasse, le ciel en profite pour nous gratifier d'une petite averse.

Cet après-midi sera celui des côtes Ouest. Celle de la presqu'île, d'abord, qui nous amène jusqu'à Teahupoo.
welcometeahupoo1teahupoo1C'est l'autre bout du monde, le kilomètre zéro. Ce village minuscule est connu aux quatre coins de la planète pour son spot de surf, SA vague mythique que les plus grands noms du surf sont venus défier en quête de records, de Laird Hamilton à Malik Joyeux, l'enfant du pays trop tôt disparu, qui avait surfé ici à peine quelques mois plus tôt l'une des plus hautes (10 mètres) et des plus puissantes vagues connues (tu vois H, j'ai bien potassé ;o). Bon, d'accord, là c'est un peu plat. Question de météo. Ca devrait être une autre paire de manche au mois de mai, puisque sont prévues des épreuves de championnats internationaux (désolée, H, j'ai pas encore poussé le vice jusqu'à apprendre toutes les dénominations et le calendrier complet des compèts).
Quelques gouttes faisant leur apparition, nous remontons en voiture et rejoignons Taravao pour entreprendre la remontée vers Papeete par la côte Ouest, après avoir contourné la baie de Phaeton et son joli petit port. Un peu plus loin, il devrait y avoir le jardin botanique et le musée Gauguin. Oui-mais-où ? On a dû les rater. Demi-tour. Voilà Phaeton, non, on est encore passé devant. Re-demi-tour. On a bien vu trois fois le restaurant gastronomique Gauguin, mais le reste, c'est où ??? Là ! Stop ! Le panneau, c'est quoi ? Je viens d'apercevoir un vieux panneau en bois décrépit à l'entrée d'un chemin de terre, dont les inscriptions sont à moitié effacées. On est passé trois fois devant sans rien voir, mais c'est bien ça. Nous nous engageons donc dans le chemin. A droite, le jardin. A gauche, le musée. C'est l'heure des négociations. Clau et Maman n'ont aucune envie de visiter le jardin botanique. Elles préfèrent rester dans la voiture. En réalité, j'ai comme l'impression qu'elles en ont marre de la balade. Papa et moi allons faire notre petit tour, mais le jardin s'avère vite décevant et mal entretenu : les arbres et les plantes manquent d'explications, les itinéraires de balisage. C'est qu'on a presque failli se perdre. La forêt tropicale, c'est sombre. Et dense. Et puis les ruisseaux, là, on les traverse comment ? Ca aura fait une balade sympathique, mais sans plus. E tout cas, ça vaut pas le prix de l'entrée. Clau et Maman, elles, ont tenté le musée Gauguin "gratuit". Irrécupérables ! ;o)

Allez, on rentre à Papeete. Zut ! On a manqué la route du marae Arahurahu. Bon, d'accord, je vous en fais grâce, mais c'est bien parce qu'on doit retrouver Philoo pour aller manger. Après avoir eu un petit aperçu des embouteillages du soir à Faaa, nous voilà à la maison... à attendre...
Faute de pouvoir entrer dans le quartier à cause de la fête de l'église qui bloque complètement le chemin, Philoo a dû faire le grand tour... Vous voyez bien qu'on aurait eu le temps de le visiter, ce marae.

roulottes1Ce soir, c'est repas à Papeete, aux roulottes de la place Vaiete. Ces camionnettes aménagées investissent la place le soir venu (attention, ici on dîne tôt) et déploient tables, tabourets, toiles cirées, vaisselle de cantine et braseros pour préparer des plats pas chers, à base de grillades de poisson ou de viande, de poisson cru, au coco, à la chinoise ou en chow-men. C'est délicieux. Mais, ultime conseil du manuel de survie en milieu tahitien : ne vous installez jamais sous le vent sous peine de rapporter un souvenir odorant et tenace de la soirée. Dans les cheveux, c'est particulièrement agréable.

Bon, moi je vais me coucher, parce que demain, avec Clau, on part pour Huahine (prononcer Ua-i-né. Clau s'obstine encore à dire "Huachine", mais j'ai bon espoir) et il va falloir se lever tôt. Il est temps d'aller retrouver mes petits camarades les ressorts. Maintenant, je les connais tous par leur petit nom.

Posté par belugue à 12:26 - Etape 1 : Tahiti - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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