13 mai 2006
J'y vais ou j'y vais pas ?
En janvier 2005, mon petit frère (Philoo pour les intimes), est parti s'installer à Tahiti où il avait trouvé du travail (petit veinard !). Et nous, ben... on ne pouvait que baver devant les photos de mer bleue, de sable blanc, de soleil et de yachts faisant relâche dans le port de Papeete qu'il nous envoyait de temps en temps. Il disait bien "faudra venir", mais bon, c'est loin, c'est cher, et est-ce que ça vaut vraiment le détour ? .... OK, question idiote. D'autant qu'après un an de bons et loyaux services dans sa compagnie, le voilà qui annonce : "Ca y est, je vous ai réservé des billets GP. Quand est-ce que vous venez ?"
GP : Billet d'avion pas cher obtenu par le biais d'un salarié de la compagnie aérienne, et avec lequel on ne sait pas toujours quand on part, et encore moins quand on arrive! ... ni dans quelles conditions on va voyager (la soute est climatisée, au moins ?). Mais billet d'avion pas cher. Et vu les tarifs pour faire la moitié du tour de la Terre, ça serait bête de s'en priver, non ?
Vous, c'est les parents et moi. Reste Clau, ma tante, qui se tatait encore :
- Je viendrais bien, mais j'avais prévu d'aller en Ouzbekistan, cette année, et puis ça fait cher, quand même (elle a pas droit au GP, elle). Et puis ça t'ennuirait pas si je venais avec toi ?
- Ben moi, j'ai pas l'intention de rester 15 jours devant la télé chez le petit frère ou de me limiter à l'horizon plage/shopping. Alors si mon programme te convient et que t'es cap de faire toutes les activités, au contraire ! On part ensemble.
- Bon.... je vais réfléchir quand même".
Parfois il faut forcer la main au destin : entre-temps, le Philoo qui a de la suite dans les idées appelle : "On propose des promotions sur les vols, mais faut me le dire avant après-demain, et faut rentrer au plus tard le 6 avril. Tu crois que ça intéressera Clau ?" Ni une ni deux, le téléphone rugit, la tante est décidée en 30 minutes (elle, elle vous dira le pistolet sur la tempe, mais je jure que c'est faux !). Parce que après-demain c'est bien joli, mais lui, il est à Tahiti et il y a 11 heures de décalage horaire. Et il nous reste à définir les dates exactes du voyage. On finit par se mettre d'accord pour un départ de Paris le 19 mars 2006 et retour le 6 avril. Les billets sont commandés, les dates arrêtées, le guide acheté (Petit Futé et Lonely Planet)... Il ne reste plus qu'à planifier notre parcours et réserver les vols inter-îles et les pensions..... Et pour Clau à entamer le parcours du combattant pour récupérer son visa auprès de l'ambassade des Etats-Unis. On a du pain sur la planche...
Ah oui, au fait... Moi, c'est Marion ;o)
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16 mai 2006
Vous avez dit ... GP ?
Dimanche 19 mars 2006
Voilà, c'est le grand jour !
La veille j'ai mis les parents et Philoo dans leur avion, même destination, et après quelques frayeurs, ils ont fini par avoir une place. Notre expatrié de service vient de passer 2 mois en formation en France et se demandait encore la semaine précédente s'il pourrait rentrer à temps pour nous accueillir... Non mais, vous vous rendez compte, la vie de ce pauvre garçon : s'en aller vivre sous les Tropiques et être obligé de venir passer l'hiver ICI ????
Bon, ça, c'est fait...
Le même soir, j'ai récupéré Clau à la gare... Enfin, Clau ET sa valise : 6 kilos à vide, une poignée de compétition et des roulettes de course, très certainement "designed" pour l'espace, mais en tout cas, pas pour le métro parisien. Première chose qu'elle a fait en arrivant à la maison : la vider du surplus. Objectif = descendre en dessous des 20 kilos. Le mienne (de valise) va bien merci. Toujours pas besoin de m'asseoir dessus pour la fermer, mais ça ne saurait tarder.
Ca, c'est fait...
La nuit a été agitée, comme toutes les veilles de départ (est-ce que j'ai bien pris ça... Ca, est-ce que j'en aurai vraiment besoin ? Est-ce que j'ai mis le réveil... etc...). Nous sommes debout à 6h15. Le temps de ranger un peu, fermer la valise et faire trois fois le tour de l'appartement, et Nath,qui doit nous conduire à l'aéroport, est déjà là. Il fait beau mais frais, en ce dimanche matin. Mais qu'importe, dans 22... 25 heures ? nous serons sous les Tropiques. Maintenant la question est : "Est-ce que je vais pouvoir partir ?" (Billet GP... souvenez-vous...) Oui, parce que la GROSSE erreur de calcul dans l'histoire, c'est que nous sommes le dernier week-end des vacances pour les tahitiens, et qu'il y a beaucoup de monde qui rentre... Pour Clau, pas de problème, elle a un billet normal.
Arrivées à CDG, tandis qu'elle prend la file pour se faire enregistrer, je me mets donc en quête, fidèle aux instructions de Philoo, d'un responsable de la compagnie. Je me présente finalement à quelqu'un de la sécurité. Après vérification, il me confirme que je suis bien listée sur le vol, me dit de passer la sécurité normalement et de me présenter à l'enregistrement. Là, ils me diront comment ça se passe. Je rejoins donc Clau, qui s'était bien gardée d'avancer, dans la file. Et là, le moment tant redouté : le passage de la sécurité. Tous ceux qui ont voyagé avec moi vous le confirmeront : je fais systématiquement sonner les portiques, et 9 fois sur 10, je bloque au contrôle. Allez savoir pourquoi ? Je dois être trop gentille... Bref, le type de la sécurité commence à me poser ses questions (que je lui fais répéter, parce que je sais pas pourquoi, mais j'ai eu du mal à saisir toute la première partie de sa tirade) et tique en voyant mon billet. Ben oui mon gars, c'est un billet GP. SO WHAT ? J'ai dû le penser un peu trop fort, parce que du coup, le voilà qui me pose trois fois la même question et j'écope d'un étiquette différente des autres --Soupir--.
Voilà finalement le guichet. Là, le gars nous annonce qu'il ne peut pas nous enregistrer ensemble à cause mon GP. Ok, pas grave. On commence donc par le billet normal de Clau qui se débarasse enfin de sa valise et récupère sa carte d'embarquement. Pour moi... d'abord c'est le code GP qui ne passe pas. Ca commence bien. Puis on m'annonce que c'est OK jusqu'à Los Angeles.
- Euh... Je vais à Papeete, moi (soudaine montée d'angoisse).
- Oui, mais pour l'instant, on ne peut pas vous enregistrer plus loin. Reprenez votre valise et revenez une heure avant l'embarquement, je vous confirmerai si c'est bon pour LAX.
Je vais donc me coller dans un coin avec ma valise pour patienter en regardant la file qui s'est allongée d'une façon impressionnante et n'a pas l'air de vouloir diminuer. Hum... Pas sûr que j'ai de la place, au final. Et là, tout à coup, une bonne femme avec un gros sac de voyage sur son chariot vient se mettre à l'entrée de la zone d'enregistrement et se glisse dans la file, ni vu ni connu, grillant au moins 30 personnes ! Il y en a quand même qui ne manquent pas d'air.
Vers 10h30, la file arrivant à son terme, je me remets donc derrière le dernier passager, mais un doute m'assaille... Plutôt que de repasser la sécurité (merci, j'ai déjà donné), je vais trouver le superviseur qui se cachait jusque là et lui explique la situation.
- Vous avez passé la sécurité ? Vous êtes enregistrée ?
- Oui, mais que jusqu'à LAX. On m'a dit qu'il fallait que je revienne en fin d'enregistrement.
Nous allons donc voir le gars qui nous a enregistrées au début. Tiens, j'avais pas remarqué, mais il ressemble sacrément au Dixon de Alias... D'accord, promis, demain j'arrête la télé.
Après quelques mises au point, le superviseur confirme à "Dixon" que je ne peux pas aller plus loin que Los Angeles :
- Le vol LAX-Papeete est plein. On ne prend pas de GP.
- Aïe ! Il vaut mieux que je prenne le vol de demain ?
- Il n'y a pas de vol au départ de Paris, demain.
- Et de LA ? Vous êtes sûr que j'ai aucune chance d'avoir une place aujourd'hui ? (l'angoisse monte)
- De LAX, on a des vols tous les jours. Vous pourrez essayer aujourd'hui, mais c'est même en surbooking. Partez plutôt dans l'idée que vous allez passer une nuit à Los Angeles. De toute façon, votre valise sera débarquée et il vous faudra la récupérer.
- Génial.... (Ca se voit que je suis enthousiaste, là?)... Oh et puis c'est pas grave. L.A. je connais ! J'en profiterai pour aller voir Ty, Anthony et Josh (private joke).
Nous voilà à une demi-heure du décollage. Il reste encore à passer la police. On est les dernières... Ah, tiens, pour une fois je sonne pas. Miracle.
Nous embarquons presque immédiatement à bord d'un superbe A340 tout bleu de la compagnie Air Tahiti Nui. Finalement, Clau et moi sommes sur des rangs séparés, mais elle me fait aimablement prévenir par un stewart qu'elle n'a personne à côté d'elle. On va pouvoir faire le voyage ensemble. On nous offre une fleur de tiare, la même que sur la queue de l'avion, et c'est parti, nous quittons enfin la froide terre de France qui disparaît bientôt sous les nuages, pour des rivages plus cléments. Enfin, pour moi, c'est pas encore gagné.
11 heures 30 de voyage nous attendent. Nous passons au dessus du Groenland, puis de la baie d'Hudson, prise dans les glaces, avant de survoler le Canada, les Rocheuses, le désert...
Et là, ça commence à cogiter sévère (dialogue entre moi et moi) :
- J'ai pas le téléphone de Philoo, vu que ce matin j'ai eu l'excellente idée de mettre le palm dans la valise au lieu de mon sac. Comment je vais le prévenir que j'arriverai pas en même temps que Clau ?
- Ben en récupérant ta valise, tu récupères le palm, ... andouille.
- Et puis à savoir ça, j'aurais pu prendre les coordonnées de J. ou Ch., ou ... Ils auraient pu m'aider.
- Ma fille, L.A., c'est GRAND ! T'es même pas sûre d'avoir le temps de voir quelqu'un.
- Et j'ai même pas pris le guide. J'ai pas de Carte L.A.
- Même réponse que plus haut : entre l'arrivée et le départ demain, auras-tu vraiment le temps de faire du tourisme ?
- Et va falloir que je trouve un hôtel ? J'en connais pas. Comment je vais faire ?
- Les hôtels, c'est pas ce qui manque sur l'aéroport. Et au besoin, tu demandes au guichet de la compagnie de t'en indiquer un. C'est quand même pas sorcier.
- Et puis je connais pas les horaires des vols suivants.
- Voir réponse précédente.... Bon, ça suffit, là. Tu parles anglais ?... enfin, tu baragouines ? Tu as une Carte Bleue ? Ben alors, y'a plus de problème !
Mais j'ai beau me raisonner, le noeud à l'estomac est bel et bien là. Et le pire, c'est qu'à me voir, Clau commence à s'angoisser elle aussi. J'avais bien besoin de ça. Tu m'aides pas là ! Du coup, de lui faire la leçon, ça me remonte. Allez, advienne que pourra. Remplissons plutôt nos jolies cartes vertes (2 essais. Peut mieux faire). J'en profite pour essayer de tirer un peu plus d'infos du stewart, parce qu'après tout, je vais pas baisser les bras et je vais quand même tenter la deuxième partie du voyage sur le même vol. Mais la question reste entière : qu'est-ce que je dois mettre sur ma carte d'immigration dans "Adresse aux Etats-Unis" ? Ou dois-je aller en sortant de l'avion ? etc...
Pour l'adresse il ne sait pas, mais il me rassure en m'expliquant qu'il y aura du personnel ATN au sol pour m'aiguiller et qu'ils parlent français. Et au pire, si je reste à L.A., je peux toujours aller voir l'équipage : on se débrouillera pour me trouver une chambre. Ah! Ben ça va tout de suite mieux, là ;o).
Ca y est, nous atterrissons. Il y a 8 mois, nous étions arrivés de nuit, avec les lumières de L.A. qui s'étendaient à perte de vue. Cette fois-ci, il fait jour.
La ville est immense, bien ordonnée, avec de temps en temps un grand cordon d'autoroute qui coupe en deux l'alignement des maisons et se perd à l'horizon. Je reconnais Downtown et la colline d'Hollywood. Souvenirs, souvenirs...
Un dernier point avec Clau. La consigne est claire : quoiqu'il arrive, je dois faire vite, alors elle ne doit pas me suivre pour essayer de savoir si tout va bien. Moi, j'attends pas : je trace. Nous récupérons nos affaires, prêtes à sortir.
Ca y est, je suis parée, les portes peuvent s'ouvrir, j'ai bien l'intention de repartir avec ce vol !
18 mai 2006
C'est encore loin Grand Schtroumph ?
Dimanche 19 mars 2006 (et oui, encore : décalage Paris --> Tahiti = moins 11 Heures)
Ce qu'il y de bien avec les tenues de Air Tahiti Nui, c'est qu'elles sont facilement repérables. Le gars, juste à la sortie de l'avion, avec sa chemisette bleue à petites fleurs, c'en est un. Et ouf ! Il parle français. Je lui explique donc rapidement ce qui se passe, et il me confirme que je dois passer les formalités d'immigration comme si je restais aux Etats-Unis, puis récupérer ma valise, passer la douane, et remonter au 3ème étage où se trouve le comptoir d'enregistrement de la compagnie. Hou là ! Ca fait beaucoup d'infos d'un coup, là ! C'est que j'ai quasiment pas dormi, pendant le voyage, et en France, il est minuit. Heureusement, il va ensuite au tapis des bagages. Je le retrouverai là et il m'indiquera le chemin. Bon, mais pour tout ça, j'ai pas la journée, moi. L'avion repart dans 2 heures.
Go !
J'accélère le pas, laissant Clau (qui forcément, s'était arrêtée pendant que je parlais avec le monsieur) sur place. Un peu plus loin, une personne oriente les passagers : les transits, file de gauche, et les autres file de droite. Je passe donc à droite et j'en profite pour lui demander comment on dit "billet GP" en anglais (Heu... GiPi). J'arrive dans l'immense salle où se tiennent les guichets. Nouvelle halte devant une dame en uniforme qui fait le dispatch des files d'attente, et d'une petite voix en peu perdue (faut toujours les attendrir) :
- Do you speak french ?
- Hum. No. Sorry.
- Ok... I have a GiPi ticket, and I'm going to Tahiti, but in Paris, they couldn't register me to destination. What do I write in "US Adress" ? Transit to Tahiti ?
- Oh ... Yes. Transit, it's OK.
Et là, elle me montre la file que je dois prendre... Et forcément... c'est la file qui n'avance pas. D'abord, c'est un asiatique qui reste un bon quart d'heure (à ce qu'il m'a semblé), parce que le type du guichet lui pose plein de questions et entreprend des vérifications de son passeport. Puis tout à coup, le préposé range le tampon dans un étui à sa ceinture et sort de son guichet pour aller taper la causette avec le collègue à côté ! Apparemment, il doit y avoir un blocage du système informatique. Puis le voilà qui revient tranquillement au bout de 5 minutes et reprend les contrôles comme si de rien n'était. Entre-temps, de nouveaux guichets s'ouvrent tout autour de nous et les gens du dispatch dédoublent les files... Et pourquoi pas la mienne aussi ? Hein ? Qu'est-ce qu'elle vous a fait la mienne, pour que vous l'ignoriez comme ça ? Si j'osais, je demanderais gentiment aux gens s'ils peuvent me laisser passer parce que j'ai un autre avion à attraper. Mais bon, on est aux Etats-Unis, et je suis pas sûre que ça se fasse, ce genre de choses. C'est pas le moment d'avoir des histoires.
Bref, la pression monte. J'ose même pas regarder ma montre. Conjurer le sort et ne plus y penser. Et puis il fait chaud, là. Du coin de l'oeil, j'observe aussi le tapis des bagages de notre vol qui est juste en face. Ma valise est bien là, au pied du tapis, et petit à petit l'espace se vide autour d'elle. Elle sera bientôt toute seule - Mais pourquoi ça n'avance pas ??? Pourvu que personne ne parte avec. J'aurais l'air maline. Le gars que j'ai vu à la sortie de l'avion s'affaire autour du tapis et passe ses annonces. Lui aussi, pourvu qu'il se barre pas avant que je sois passée. Et soudain, O Miracle (le deuxième de la journée), le débit de la file s'accélère. Ca y est, c'est mon tour! Hihaaaaaaaaaaa! Allez, index gauche, index droit, "look at the camera". Ca, ça va, je sais faire.
- Where are you coming from?
- Paris.
- Where are you going?
- Papeete. Tahiti. If I can have a seat.
Le gars regarde ma carte verte, me regarde...
- Heu... I have a GiPi ticket, and they couldn't register me in Paris to the final destination because the fly was full.
- Ok. Standby.
-Heu.... (gros doute) ... I stay?
- No, it's OK
... dit-il en me rendant mon passeport tamponné avec la carte verte de sortie du territoire. Ah, OK ! Standby, ça veut dire GP !
Je cours donc récupérer ma valise. Le gars d'ATN est toujours là. Il vérifie le tampon et la carte verte et me montre la douane et le couloir à emprunter pour aller trois étages au dessus à l'enregistrement. Je lui demande si j'aurai le temps et il me rassure quelque peu en me disant que ça ira. La douane n'étant qu'une formalité, je remonte le fameux couloir vers les ascenceurs et là, alors que j'arrive vers la sortie du terminal, un gars de la sécurité m'arrête et me demande d'où je viens - Paris - et où je vais - Tahiti - en tournant autour de ma valise. Et en voyant la grosse étiquette jaune marquée "Standby" sur la dite valise, il a l'air de se radoucir et me laisse repartir (Finalement ça a dû se voir que j'étais pressée). Je monte dans l'ascenceur qu'un monsieur a la gentillesse de retenir, et comme il appuie sur le n° 3, je confirme : "me too" (trop top, mon anglais!) Et là, il me regarde en souriant et en montrant l'étiquette jaune :
- I know. Standby.
- Yes.
- Where are you going ?
- Tahiti. Do you know where is Air Tahiti Desk for registring ?
- Oh. Yes. Just there.
- Thank you. Goodbye.
Bon, si c'est juste là, j'y suis presque. J'ai peut-être une chance. Pourvu qu'il y ait de la place. Par la porte du terminal, je vois qu'il fait un beau soleil de milieu de journée et ça me remonte un peu le moral si je dois rester. Le comptoir de Air Tahiti Nui est caché tout au bout de la salle après les comptoirs d'une compagnie philipine. Apparemment, il n'y a personne dans les files d'attente. C'est pas possible. Ils ont déjà tous embarqué ? Je m'avance donc dans la file en hésitant. Derrière le comptoir, un type me fait signe d'approcher.
- Where are you going ? (si vous ne savez toujours pas ce que ça veut dire : Où allez-vous? ... z'étiez nul en anglais à l'école ou quoi?)
- Tahiti, banane. Sinon je serais pas au comptoir d'ATN... Non, je rigole, je suis restée très polie, très discrète, etc... I have au Standby ticket.
- Luggage ?
- Heu ben yes, of course. (Ca se voit pas? Même qu'il y a une grosse étiquette jaune dessus)
Et là, il commence à me baragouiner un truc... c'était trop beau. Heu... ben le luggage, dans l'avion. In the plane. Quoi? Qu'est-ce qu'il y a ? Et lui qui continue. Finalement, je capte "nine". Oh, ça sent la file d'attente, ça. Et je finis par voir, à l'autre bout de la salle, un gros caisson qui ressemble à un scanner avec un panneu "9" au dessus. OK, compris. Faut d'abord passer la sécurité au poste 9. Demi-tour, pas de course. Avec ces conneries, je vais finir par le rater, cet avion. Je me mets dans la file derrière une dame qui va aux Philipines et engage la conversation. Le gars de la sécurité n'a pas l'air pressé. Pour l'instant, on ne voit personne. Puis il arrive et commence à bouger les piquets et les rubans pour ordonner la file autrement. Aïe ! Ils vont pas fermer, au moins ? Le bonhomme enfile des gants, prend la valise de la dame, lui fait signe d'aller de l'autre côté et me barre le chemin de la main d'un impérieux "Wait !" Ca fait rire le monsieur derrière moi, alors je me retroune en disant : "Ok. Wait, I understand". Ca le fait marrer. Lui, il est américain, mais il trouve tout ce cirque aberrant. Finalement, le gars revient prendre ma valise. Je passe de l'autre côté pour l'attendre. On me la fait identifier, puis une femme la charge sur un chariot et m'accompagne jusqu'au guichet d'enregistrement. Elle dépose la valise sous le guichet et me fait signe d'attendre derrière la ligne. Apparemment, moi j'ai plus le droit d'y toucher.
Bon, mais maintenant, qu'est-ce que je fais ? Je suis toute seule derrière ma ligne, et personne n'a l'air de s'intéresser à mon cas. Et là, je lève les yeux vers le panneau d'affichage. Mon vol est le premier annoné. A côté, la pendule, et ... J'y crois pas ! J'ai encore 1 heure devant moi ! Tout ce temps qui m'a paru interminable, ce n'était en fait qu'une toute petite heure. Tout d'un coup, ça va beaucoup mieux. Je commence à me détendre ... un peu (qui a dit "impossible"?). Finalement, l'hôtesse qui est au guichet de la classe business et était occupée avec un passager, me fait signe d'avancer. Je lui donne mon billet, j'explique la situation (et tout en anglais, s'il vous plaît), en rajoutant au passage que je voyage avec ma tante qui a un billet régulier et que j'aimerais bien pouvoir la prévenir si je peux pas continuer. Là, la fille me répond que normalement le vol est complet - Ben oui, je sais (petit air de chien battu). Elle me demande à quel siège est ma tante, elle consulte son terminal, puis elle disparaît dans le bureau derrière et revient en m'annonçant finalement, avec le sourire, que c'est OK.
- OK ? Really ? ... Je contiens ma joie. Pour les miracles, c'est jamais deux sans trois.
Le vol était sensé être surbooké, mais elle a fini par me trouver une rangée complète au milieu et elle m'explique que comme ça, ma tante pourra être à côté de moi. C'est bon, je retiens. Le coup de la tata, je le referai ;o)
Arrive alors la chef hôtesse de notre vol de Paris (je connais cette tête, mais où l'ai-je déjà vue... bon sang, mais c'est bien sûr !) qui me demande en français cette fois, très familièrement :
- Alors, comment ça va ?
- Ah ben là, beaucoup mieux, tout à coup.
On papote un peu le temps que j'aie ma carte d'embarquement, puis elle m'explique par où passer pour aller plus vite.
Me voilà donc enfin devant l'entrée de la zone internationale : le Graal. C'est le moment tant attendu de passer... le contrôle de police, bien sûr. Heureusement, il n'y a pas grand monde dans la file. Je pose tout mon barda dans le bac en plastique, y compris les chaussures, je passe le portique... Ca sonne. Quelle surprise... Dans mon élan, je fais demi-tour, repasse dans l'autre sens. Un peu trop vite apparemment, car l'officier, un géant black bien barraqué, m'interpelle d'un "Hey ! look at me" un peu offusqué.
- Oh. Sorry. (petit air confus de circonstance).
Je le regarde donc et il me fait signe de repasser. Ca sonne. Il m'observe. Moi je pense que c'est la montre. Lui que c'est plutôt le bracelet. J'enlève donc les deux et retraverse. Ca sonne plus, mais j'ai encore droit à un "Look at me". Oui, désolée. Mais bon, je suis un peu perturbée par les événements, et en plus t'es super grand (et moi toute petite, c'est bien connu). Finalement il me dit que c'est OK, alors je récupère mes affaires, et à ce moment là, il me dit d'un air un peu plus gentil : "Hey, when I say look at me, you look at me". Je le regarde bien, cette fois, pour répondre : "Ok. I'm very sorry".
Le temps de remettre mes chaussures et je file ! Une dernière petite frayeur en réalisant que j'ai failli embarquer sur Air Lingus pour Dublin (Porte 120 au lieu de 122), mais finalement, je serai dans l'avion avant Clau qui pousse un grand soupir de soulagement en me voyant assise quand elle embarque. Faut dire qu'elle s'est un peu rongé les sangs, pendant ces deux heures.
Nous commençons donc à squatter notre rangée entière, quand une hôtesse vient demander : "il y a un couple là bas qui est sur des fauteuils séparés. Ca vous ennuie s'ils prennent les deux places à côté de vous?" N'écoutant que notre bon coeur, forcément, nous répondons qu'ils peuvent venir. Quand ils s'asseoient, la première chose que fait le monsieur est de se tourner vers Clau en disant un peu abruptement : "I don't speak french". OK, le décor est planté, bonjour l'ambiance. Dommage qu'il ne m'ait pas dit ça à moi : "It doesn't matter : I speak english" :op.
Finalement, je dormirai pas plus pendant la deuxième partie du voyage. A peine un léger assoupissement devant "Vaillant, pigeon de combat". Mais faut dire aussi que j'avais un peu de quoi faire des cauchemars : à peine l'avion a-t-il décollé que je vois tout à coup deux énormes bras velus surgir du fauteuil devant moi et des mains aux doigts épais, courts et velus eux aussi agripper le dossier à quelques centimètres de ma tête. Brrrr ! Mais c'est quoi ça ? On embarque des gorilles, maintenant ? Mais à qui ça peut bien appartenir des trucs aussi horribles ? Je ne le saurai jamais : j'ai pas osé regarder.
Nous atterrissons à Papeete à 22h35 heure locale, soit 22 heures après êtres parties. Il fait nuit. Ici, le débarquement se fait à l'ancienne : une passerelle avec escalier nous permet de descendre directement sur la piste. Ce qui surprend tout d'abord, c'est la chaleur et la moiteur de l'air. Et puis à l'entrée de l'aérogare, il y a une hôtesse qui nous accueille avec une fleur de tiaré et un orchestre local. Voilà, c'est exactement comme ça que j'imaginais l'arrivée dans les îles. Nous passons rapidement les formalités puis récupérons nos valises.
Dernier contrôle de douane :
- C'est vous qui étiez en GP ?
- Heu... oui... Comment il sait ça, lui ? o_O
Dehors, Philoo et Maman nous attendent avec les traditionnels colliers de fleurs. Direction la maison, pas très loin, dans le quartier de Pamatai. Papa nous attend sous la véranda.
Premier réflexe : enlever les bas de contention et le t-shirt à manches longues. Il fait vraiment trop chaud ici.
C'est en ouvrant la valise que j'ai découvert mon petit passager clandestin : sous prétexte de vérifier que je n'oubliais rien et de s'assurer que personne ne mettrait rien de compromettant dedans à mon insu, c'est lui qui s'y était glissé ! Sacré Jimmy !
Nous papotons encore un moment sous la véranda malgré les éclairs qui zèbrent le ciel un peu partout autour de nous. Puis il est temps de s'organiser pour dormir : séparation des deux matelas du canapé-lit : un dans le séjour pour Clau et l'autre dans l'appentis pour moi, histoire d'être loin de tous les ronfleurs. Puis une bonne douche et au dodo. On verra le reste demain.
27 mai 2006
Bienvenue à Pamatai
L'appentis, c'est bien, c'est spacieux, mais qu'est-ce qu'il y fait chaud ! C'est que j'ai pas de ventilateur COMME CERTAINS, Moi ! Il y a aussi eu de l'orage, de la pluie, plus les ressorts du matelas qui me rentraient dans les côtes... Bref, il est 6h et je sais pas trop où j'habite... J'entends Philoo se préparer pour aller au boulot. Problème : pour aller dans le séjour, il faut passer soit par la salle de bains, soit par la chambre des parents où Papa dort encore. J'opte pour la chambre, à pas de velours. Clau et Maman sont déjà sur la terrasse en train de déjeuner.
Le temps est plutôt clair, ce matin, et on a une jolie vue sur Moorea. On se prépare tranquillement (qu'est-ce que je vais mettre aujourd'hui ????), puis petite photo souvenir sur la terrasse avec nos jolis colliers de fleurs qui ont assez bien tenu le coup compte tenu de la chaleur (on va dire que à gauche c'est Clau et à droite c'est moi. Ca sera plus pratique pour la suite). Et oui, il n'est que 10 heures, mais il fait déjà chaud et lourd. C'est aussi ça les tropiques. Allez, tout le monde en voiture, direction l'aéroport pour aller chercher les pass des vols inter-îles au bureau de Air Tahiti. Puis nous reprenons la RDO (Route de Délestement de l'Ouest = périphérique... on ne rit pas : super important, le périphérique) pour faire un saut jusqu'à Papeete - prononcez Pa-pé-é-té -, histoire de voir enfin à quoi ça ressemble. Nous arrivons par le quartier des administrations puis rejoignons le boulevard Pomare (du nom de l'ancienne famille royale) qui borde le front de mer. Et là, un bon quart d'heure pour trouver une place. On se croirait dans mon quartier. Vous ne connaissez pas les embouteillages de Papeete ? Ils sont pourtant légendaires dans tout l'archipel. Bref, nous voilà à la recherche du marché, une grande halle qui, au premier abord ne semble pas très animée. Il faut dire qu'ici, pour espérer trouver ce qu'on veut, mieux vaut venir tôt. Aux alentours de 6 - 7 heures du matin. Alors 11 heures, vous pensez ! Du côté des étals de viande et de poisson, ça rappelle un peu les magasins d'alimentation en URSS à la grande époque. Maman nous trouve quand même de quoi déjeuner à midi et discute un brin avec la marchande (étonnant non ?)... Je sais pas ce qu'elles se sont dit, mais ce que je sais c'est qu'il n'y aura pas moyen ensuite de savoir de quel poisson on a mangé !
Comme les escalators sont en panne, nous renonçons à la visite de l'étage supérieur où sont installés les marchands de paréos et d'artisanat (les curios). Mais pas de panique, les deux derniers jours du séjour seront consacrés quasi exclusivement à la pêche aux cadeaux et souvenirs.
Nous faisons un tour rapide dans le quartier en nous arrêtant devant la splendide mairie, avant de rentrer car Philoo doit nous rejoindre pour le déjeuner.
Tandis que, sous la chaleur écrasante, Philoo repart pour l'aéroport, et que certaines se laissent tenter par un petit roupillon post-déjeuner (malheureusement pas devant Derrick : elles n'ont pas encore trouvé comment marche le décodeur du satellite. Ouf! un peu de répit), je me mets à la vaisselle. J'adoooore la vaisselle. Si si, je vous jure. Il est prévu de redescendre ensuite sur Papeete pousser la visite un peu plus loin. Malheureusement, alors qu'on s'apprête à partir, l'orage éclate et des bourrasques de vent accompagnées de trombes d'eau se déversent sur le quartier, en commençant par la droite de la terrasse (à gauche c'est encore sec) pour finir par nous entourrer complètement. Une vraie pluie tropicale, violente, intense, qui vous décourage de mettre le nez dehors. Y'a plus qu'à attendre que ça passe. Mais, alors que la pluie se calme et que le ciel s'éclaircit, le temps de se préparer et voilà la deuxième fournée. C'est ça Tahiti ? Les îles où il fait toujours beau ?
A 15h30, pluie ou pas pluie (il ne tombe maintenant que quelques gouttes), nous levons quand même le camp. De toute façon, il fait tellement chaud que mouillé ou pas c'est du pareil au même. Papa nous dépose, Maman, Clau et moi, devant le temple de Paofai afin que nous puissions remonter tout le boulevard Pomare à pieds. On doit se retrouver dans deux heures devant le syndicat d'initiative sur le quai d'honneur. En avant pour la visite touristique... presque aussitôt interrompue par la visite du Pier Import où Maman et Clau ne peuvent s'empêcher de rentrer.... Alors là, oui, je fais la gueule ! Y'a les mêmes à Paris et à Montpellier. J'ai quand même pas fait tous ces kilomètres, toutes ces heures de vol et affronté tous ces fonctionnaires américains pour visiter un Pier Import !
Quelques achats plus tard (C'est bon, vous pouvez aller manger chez mon frère, maintenant il a des assiettes à dessert), nous reprenons notre chemin, indifférentes aux voitures qui manquent de peu de nous éclabousser, pour faire un petit détour par le quartier des administrations :
l'assemblée territoriale, le palais du gouverneur, puis le Parc Bougainville, puis une boutique de perles dont le patron annonce à Maman qu'il lui fait moitié-prix parce qu'elle est de Montpellier... Tu parles...
Amarré au quai d'honneur, nous découvrons bientôt le Tahitian Princess, navire "légendaire" et petit frère du non moins légendaire Pacific Princess qui égayait les après-midi d'été de mon enfance dans "La Croisière s'amuse" (oui, j'avoue).
De l'autre côté du boulevard, côté Terre, se dresse la cathédrale Notre Dame de l'Imaculée Conception.
Papa nous attend tranquillement attablé au "Rétro". Petite séquence émotion, puisque c'est dans le restaurant au dessus de ce bar qu'est décédé un certain Joe Dassin le 20 août 1980. Oui, je suis fan et je l'assume !
La nuit tombe et nous voilà de retour à Pamatai, quartier plutôt populaire de Faaa (la commune voisine de Papeete, sur laquelle se trouve aussi l'aéroport), assez calme et agréable à première vue. Pour y aller, la route grimpe raide, et pour en descendre par certains chemins, il faut une certaine témérité ou beaucoup d'habitude. D'ailleurs Philoo vous dira qu'à vélo, c'est bien à la descente, mais quand il a fallu rentrer... il a finalement renoncé à aller au boulot en vélo. Tout le monde ne s'appelle pas Richard Virenque. Mais à part ça, on y est bien. Et puis les couchers de soleil sur Moorea sont splendides (dédicace spéciale Mp). En tout cas, on y est assez bien pour somnoler dans le fauteuil sur la terrasse. Ca y est, c'est le coup de barre de 18h. On m'avait pourtant prévenue.
Pour ce soir, Philoo a réservé au restaurant japonais de l'hôtel Sofitel. J'ai un peu du mal à ouvrir un oeil pour monter dans la voiture, mais bon, quand faut y aller... Au restaurant, nous sommes installés en ringuette autour d'une grande plaque de cuisson où le Chef va officier sous nos yeux émerveillés. Super, c'est comme dans les films ! Allez, pour fêter ça, c'est cocktail pour tout le monde. Sans alccol SVP. Déjà que je tiens pas beaucoup debout... Comme nos breuvages arrivent, un groupe de sept personnes nous rejoint autour de la "table". L'un des convives engage la conversation en anglais avec Philoo. Il est japonais (Un vrai ! Comme à Paris !) et capitaine de pêche au thon. J'aurais préféré un capitaine de pêche à l'espadon genre George Clooney, mais bon, faut pas trop en demander non plus. Ce soir, il paye le repas à son équipage pour clôturer la campagne de pêche en Polynésie. Sympa ça. Sauf qu'on apprendra par la suite que pour sept, il n'a pris que quatre repas. La générosité a quand même ses limites.

Coté repas, le spectacle est assuré par le monsieur là, avec la toque rouge et le bandeau rouge et blanc, celui qui joue avec la nourriture. Et vas-y que je jongle avec les ustensiles, avec les bols, avec les oeufs. Son grand amusement est de les lancer (les oeufs) en l'air et de les réceptionner dans le creux de sa toque. Sans la quitter, bien sûr. Et parfois il y a des ratés, comme lorsqu'il s'absente brusquement cinq minutes. Une envie pressante? Non, un oeuf qui s'est écrasé à l'atterrissage.
Pour moi, pas de bol, je suis repérée dès son entrée en scène : je suis la seule à ne pas avoir commandé du riz à l'ail. Et bien il va faire tant et si bien que c'est moi qui vais céder (et avec le sourire, s'il vous plaît) : ce sera riz à l'ail pour tout le monde. Délicieux d'ailleurs son riz à l'ail. Mais j'ai quand même bouffé de l'ail toute la nuit.
Après un petit tour dans les jardins du Sofitel pour voir la piscine et le faux lagon, nous prenons le chemin du retour. Personnellement, je dors littéralement debout, et c'est en zombie que je rejoins mon nid à ressorts pour tomber comme une masse dans les bras de Morphée. Même que j'ai dû lui faire mal...
10 juin 2006
Un p'tit tour et puis ...
Mardi 21 mars 2006
... Mais non, on s'en va pas. Enfin pas tout de suite. Pas avant d'avoir TOUT visité, en tout cas !
Ce jour là, ils ont dû me croire boulimique... de visites, bien sûr. Sur quoi d'autre vouliez-vous que je me jette ? Bref, j'ai tant et si bien fait ma casse-pieds, qu'à 8 heures tapantes, nous étions fin prêts à embarquer dans la C3 de Philoo pour faire le tour de l'île, pendant que lui prenait le vieux 4x4 pour aller bosser (souvenez-vous : il a renoncé au vélo). Nous voilà donc sur la route non sans avoir quelque peu raclé le châssis au seuil du portail - Aïe ! D'ailleurs, il nous faudra bien quinze jours pour comprendre comment on sort la voiture de ce jardin sans rien accrocher. De la délicatesse, svp. Mais à mon humble avis, Tahiti c'est pas fait pour les voitures. En tout cas pas plus que pour les vélos... peut-être pour les pirogues...
Cap à l'Est à la poursuite du soleil, tels jadis Christophe Colomb et ses caravelles (sur la route du retour) ... Enfin ça, c'est pour la touche de poésie, parce que pour l'instant je suis surtout le guide qui dit direction plein Est vers Arue (plus belle mairie de France) et le Belvédère. Et bientôt, une triste réalité de Tahiti nous frappe de plein fouet : mais où sont donc les panneaux indicateurs ??? - ça sert à quoi, un panneau indicateur ? De toute façon, y'a qu'une route. Oui, mais quand il y en a deux ? (si si, ça arrive : la preuve). Après un détour involontaire par la gare maritime, nous faisons halte dans une station service pour faire le plein et accessoirement nous renseigner sur l'itinéraire. Le monsieur a dit "le Belvédère, c'est par là". OK. La route grimpe rapidement en s'enfonçant dans la montagne, au milieu de maisons de plus en plus rares. Elle se fait de plus en plus étroite, et devient même sacrément raide. C'est long et pas très rassurant. Est-il bien raisonnable d'aller jusqu'en haut ? La voiture le supportera-t-elle ? Peut-être pas. Profitant d'un endroit où la route s'élargit, le chauffeur décide de s'arrêter. Par chance, la forêt tropicale laisse apparaître un très joli point de vue sur l'île de Moorea et Papeete. Comme ça, on ne sera pas venus pour rien. Dommage que le temps ne soit pas plus clair. Après un savant demi-tour sans tomber dans le fossé (c'est que la pente est raide), nous voilà dans le sens de la descente. Et c'est bizarre comme le retour paraît bien plus court. FInalement, on n'avait pas fait tant de chemin que ça.
De retour sur la route de ceinture, nous prenons la direction de Mahina, avec halte prévue à la Pointe de Vénus.C'est une jolie plage de sable noir où débarquèrent les premiers missionnaires au XVIIIème siècle. Une autre stèle y commémore l'arrivée du Bounty après la mutinerie. C'est aussi là que l'on peut voir l'unique phare de Tahiti. Et c'est notre première rencontre avec les crabes de cocotiers. Ou plutôt avec leurs trous, car pour l'instant, nous ignorons encore que ces petits trous de 5 cm de diamètre pour les plus gros (déjà de quoi se tordre une cheville), d'une rondeur parfaite, qui infestent le sol, sont habités. Attention où vous mettez les pieds. Après cette halte rafraîchissante à l'ombre des cocotiers, nous repartons direction Papenoo, plage réputée pour ses surfers et body-boarders, mais qui se révèle sans intérêt aujourd'hui. Un peu plus loin, se trouve le trou du souffleur. Dans une jolie petite anse qui paraîtrait sauvage s'il n'y avait la route, et où l'on s'attendrait bien à voir débarquer les aventuriers des temps jadis (quoique ça, ça le fait avec pratiquement toutes les anses de toutes les îles. Vous verrez plus tard), le ressac et la pression de l'eau jouent avec l'air des grottes sous-marines et "sous-routières", le faisant ressurgir en long jets bruyants.
La route continue en longeant une côte plus abrupte, où le récif est souvent très proche, et voit défiler les villages de Tiarei, Mahaena, Hitiaa (prière de suivre sur une carte), ou plutôt une succession d'églises, unique bâtiment ou presque, avec l'école, qui permette d'identifier l'emplacement d'un village.Il y en a de toutes les formes, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de toutes les religions, de toutes les confessions, de tous les courants de pensée. Même les Etats-Unis ne peuvent pas lutter !
Puis nous arrivons à Taravao le village à la jonction de Tahiti Nui "la grande île" et Tahiti Iti "la petite île" ou presqu'île.La route descend sur Tahiti Iti par la côte Est en passant devant la anse où mouillaient les navires de James Cook, pour arriver à Tautira. Voilà, ça ressemble à ça, le bout du monde. La route s'arrête là. Après, se sont des falaises et l'océan. N'écoutant que son courage, ou peut-être pour la frime, Jimmy (vous savez, mon petit clandestin de 25 cm) a voulu poser sur le panneau, mais avec le vent, il a failli s'envoler et a dû renoncer.
Ben puisque qu'il n'y a pas de route, on va pas y aller à la nage (non, quand même pas). Nous revenons sur nos pas, puis prenons la seule route qui s'ouvre à gauche pour monter au plateau de Taravao.
Et là, surprise ! Promis juré, c'est pas les photos de mes dernières vacances en Auvergne. D'ailleurs, cette fois, Jimmy n'a pas pu s'empêcher d'aller faire le malin sous le museau des vaches. Et oui, ici on produit du lait. Il fait très bon avec cette petite brise qui rafraîchit juste ce qu'il faut. Le chemin est assez boueux, mais on s'en fiche, parce que la vue sur l'isthme et Tahiti Nui est magnifique.
Mais c'est là, devant ce spectacle enchanteur, que nos estomacs se rappellent brutalement à notre bon souvenir. A Taravao, il y avait des snacks sur le bord de la route. C'est bien la misère si on ne trouve pas quelque chose à se mettre sous la dent. La route de retour serpente entre prés et forêt. Nous croisons même des militaires en goguette avec harnachement complet qui ont fait halte pour le repas.
A table ! Pour moi, ce sera mahi mahi farci aux saint-jacques. Sans moustiques, svp. Tandis que nous reprenons quelques forces à l'abri de la terrasse, le ciel en profite pour nous gratifier d'une petite averse.
Cet après-midi sera celui des côtes Ouest. Celle de la presqu'île, d'abord, qui nous amène jusqu'à Teahupoo.C'est l'autre bout du monde, le kilomètre zéro. Ce village minuscule est connu aux quatre coins de la planète pour son spot de surf, SA vague mythique que les plus grands noms du surf sont venus défier en quête de records, de Laird Hamilton à Malik Joyeux, l'enfant du pays trop tôt disparu, qui avait surfé ici à peine quelques mois plus tôt l'une des plus hautes (10 mètres) et des plus puissantes vagues connues (tu vois H, j'ai bien potassé ;o). Bon, d'accord, là c'est un peu plat. Question de météo. Ca devrait être une autre paire de manche au mois de mai, puisque sont prévues des épreuves de championnats internationaux (désolée, H, j'ai pas encore poussé le vice jusqu'à apprendre toutes les dénominations et le calendrier complet des compèts).
Quelques gouttes faisant leur apparition, nous remontons en voiture et rejoignons Taravao pour entreprendre la remontée vers Papeete par la côte Ouest, après avoir contourné la baie de Phaeton et son joli petit port. Un peu plus loin, il devrait y avoir le jardin botanique et le musée Gauguin. Oui-mais-où ? On a dû les rater. Demi-tour. Voilà Phaeton, non, on est encore passé devant. Re-demi-tour. On a bien vu trois fois le restaurant gastronomique Gauguin, mais le reste, c'est où ??? Là ! Stop ! Le panneau, c'est quoi ? Je viens d'apercevoir un vieux panneau en bois décrépit à l'entrée d'un chemin de terre, dont les inscriptions sont à moitié effacées. On est passé trois fois devant sans rien voir, mais c'est bien ça. Nous nous engageons donc dans le chemin. A droite, le jardin. A gauche, le musée. C'est l'heure des négociations. Clau et Maman n'ont aucune envie de visiter le jardin botanique. Elles préfèrent rester dans la voiture. En réalité, j'ai comme l'impression qu'elles en ont marre de la balade. Papa et moi allons faire notre petit tour, mais le jardin s'avère vite décevant et mal entretenu : les arbres et les plantes manquent d'explications, les itinéraires de balisage. C'est qu'on a presque failli se perdre. La forêt tropicale, c'est sombre. Et dense. Et puis les ruisseaux, là, on les traverse comment ? Ca aura fait une balade sympathique, mais sans plus. E tout cas, ça vaut pas le prix de l'entrée. Clau et Maman, elles, ont tenté le musée Gauguin "gratuit". Irrécupérables ! ;o)
Allez, on rentre à Papeete. Zut ! On a manqué la route du marae Arahurahu. Bon, d'accord, je vous en fais grâce, mais c'est bien parce qu'on doit retrouver Philoo pour aller manger. Après avoir eu un petit aperçu des embouteillages du soir à Faaa, nous voilà à la maison... à attendre...
Faute de pouvoir entrer dans le quartier à cause de la fête de l'église qui bloque complètement le chemin, Philoo a dû faire le grand tour... Vous voyez bien qu'on aurait eu le temps de le visiter, ce marae.
Ce soir, c'est repas à Papeete, aux roulottes de la place Vaiete. Ces camionnettes aménagées investissent la place le soir venu (attention, ici on dîne tôt) et déploient tables, tabourets, toiles cirées, vaisselle de cantine et braseros pour préparer des plats pas chers, à base de grillades de poisson ou de viande, de poisson cru, au coco, à la chinoise ou en chow-men. C'est délicieux. Mais, ultime conseil du manuel de survie en milieu tahitien : ne vous installez jamais sous le vent sous peine de rapporter un souvenir odorant et tenace de la soirée. Dans les cheveux, c'est particulièrement agréable.
Bon, moi je vais me coucher, parce que demain, avec Clau, on part pour Huahine (prononcer Ua-i-né. Clau s'obstine encore à dire "Huachine", mais j'ai bon espoir) et il va falloir se lever tôt. Il est temps d'aller retrouver mes petits camarades les ressorts. Maintenant, je les connais tous par leur petit nom.
03 août 2006
C'est un beau jour pour partir dans les îles.
NDA : Et oui je sais, je vous ai un peu laissé tomber avec mes trépidantes aventures. Mais voilà, maintenant que je suis clouée chez moi pour quelques jours par une petite chute de cheval, je devrais pouvoir me rattraper. Avec mes plus plates excuses.
Mercredi 22 mars 2006
Un beau jour... Enfin ça, c'est ce qu'on veut nous faire croire quand on nous parle des Tropiques et des îles paradisiaques. Pour l'instant, il est 7 heures, et le temps est plutôt brumeux, voire orageux. Comme toute la nuit. Les valises sont bouclées et chargées dans la C3 de Philoo qui nous pose à l'aéroport en allant bosser. Notre vol est à 8h40, sur Air Tahiti, petite compagnie locale bien sympathique ma foi, avec ses ATR et ses hôtesses vêtues de jolis tailleurs fleuris mauves, ou roses, verts, bleus, jaunes... Le vol va durer une petite heure. La visibilité n'est pas au top, mais on aperçoit quand même sur notre droite Tetiaroa, l'atoll de Marlon Brando, qui semble suspendu au milieu du vide, tant l'océan et le ciel sont de la même couleur. Dites-le à personne, mais dans l'avion, mieux vaut s'installer à droite pour voir les îles. C'est un petit conseil glané en tendant indiscrètement l'oreille à une conversation dans la file d'attente au guichet d'enregistrement. Mais chuuuut !!!
L'arrivée sur Huahine et le contournement de l'île nous offrent une très jolie vue de ce qui nous attend. Et le temps semble vouloir s'éclaircir un peu.
Après un atterrissage "Rétro-fusées en action", nous descendons sur la piste et nous dirigeons vers le bâtiment. Là, première angoisse : la transport de la pension sera-t-il bien au rendez-vous ? Quelques personnes attendent, munies de panneaux avec des noms dessus, mais rien pour nous apparemment. Je demande donc à l'un d'eux où est la voiture pour le Motel Vanille, et là on me répond qu'il n'est pas encore arrivé, mais qu'avec sa camionnette jaune et verte, je ne peux pas le rater. OK, allons donc récupérer nos valises. Le "tapis" des bagages est en fait une sorte de double étagère métallique sur laquelle le personnel de l'aéroport pose les sacs directement depuis le chariot qui les amène de l'avion. Comme c'est ouvert à tous les vents, on ne perd pas une miette de l'opération. Justement, voilà ma valise. Le bonhomme allait la poser sur l'étagère du haut, et en voyant mon petit mètre cinquante-six, il se ravise et la met en bas. Merci pour Monsieur :o) Faut dire que la valise faisait quand même quinze kilos au compteur à l'enregistrement.
Pendant ce temps, Yves, notre hôte, est arrivé et nous embarquons sur les bancs arrière de sa "limousine". Le motel est à cinq minutes par la route. C'est un joli petit ensemble de bungalows de style polynésien noyés dans un jardin tropical autour d'une piscine. Nous prenons possession du nôtre : le "Saumon des Dieux". Il paraît que c'est un poisson délicieux.

Malheureusement, il ne faudra pas cinq minutes aux moustiques du coin pour s'apercevoir de ma présence et commencer l'orgie. Ca serait même des nonos, que ça ne m'étonnerait pas ! (Non, il ne s'agit pas de Nono le petit robot, mais plutôt d'un genre de moucheron qu'on n'entend pas, qu'on ne voit pratiquement pas, et qui vous laisse des boursouflures longue durée qui démangent à s'arracher la peau pendant dix jours). Il va falloir vivre toutes portes fermées pour les empêcher d'entrer. En retournant à la réception pour prendre connaissance des conseils de Yves, j'ai déjà les jambes complètement attaquées. Ce qui nous vaudra l'installation d'une moustiquaire au-dessus des lits dans l'heure qui suit. On dit parfois qu'il vaut mieux inspirer envie que pitié, mais dans le cas présent, la pitié me convient tout à fait.
Munies de notre carte de l'île et des précieux conseils de notre hôte matérialisés par des croix sur la carte, nous enfourchons les vélos aimablement prêtés par la pension pour une première découverte de notre nouvel environnement.
Vélo... guidon immense en forme de cornes de longhorns (ça rappellera des souvenirs à Jimmy) et rétro-pédalage en guise de freins. Autant dire qu'il vaut mieux oublier immédiatement les mauvaises habitudes prises avec les pédaliers débrayables ! Manquant de mordre le goudron une ou deux fois, nous prenons la direction de Fare ("Fa-ré"), le village principal, en faisant une première halte à Europcar pour réserver une voiture pour le lendemain, puis à la pharmacie pour nous équiper en vue de la guerre bactériologique anti-nonos, et enfin, sur la belle plage de Fare recommandée par Yves, pour notre première
baignade polynésienne.
L'eau est à température idéale, étonnament transparente, le sable merveilleusement blanc, sans trop de cailloux ni de coquillages, le fond descend en pente raisonnable et se dérobe sous nos pieds à dix mètres du bord, les grands arbres fournissent juste l'ombre nécessaire pour ne pas rôtir au soleil et le paysage est somptueux. Une vraie carte postale. Le hic : l'eau est tellement salée qu'il faut se vider la bouteille d'eau douce sur le visage pour ne pas avoir l'impression d'avoir subi un lifting. Mais bon ... On est bien, hein, Tintin ?
A midi moins vingt, nous repartons vers Fare avec l'intention de déjeuner (la natation, ça creuse).

Fare, c'est une rue parallèle à la route, avec d'un côté des petits immeubles et de l'autre le débarcadère, le quai et le lagon.
Après avoir hésité entre les roulottes et deux autres restaurants, nous nous installons à la terrasse ombragée de "Chez Guynette" et commandons... des hamburgers-frites. Désolée... A la table d'à côté, une jeune femme nous propose une tranche de pamplemousse afin que nous puissions goûter ceux du cru. Il faut dire qu'il est énorme son pamplemousse, et qu'elle doute d'en venir à bout toute seule. Je décide de garder le mien pour le dessert, mais le premier aperçu semble délicieux, pas acide, juste sucré ce qu'il faut, idéal si ce n'était les membranes bien épaisses des tranches. Quant à elle, elle nous explique qu'elle arrive d'Australie. Elle est partie de Paris en novembre pour un tour du monde de dix mois grâce à un billet "tour du monde Air France". Ce qui est bizarre, c'est qu'elle a un accent que je connais bien, alors je finis par lui demander d'où elle est. Ben elle est alsacienne, mais elle vient de passer plusieurs jours avec des gens de Montpellier, et elle prend facilement les accents... tout s'explique.
Après un détour par la superette (IM-MENSE !) de Fare pour acheter des tortillons anti-moustiques (Pas de quartiers !), nous repartons pour une halte réparatrice au motel, avant de ré-enfourcher nos fidèles destriers qui nous mènerons cette fois en direction de Maeva, autre petit village situé le long du lagon fermé qu'on appelle ici "le Lac".
Un peu avant le village, se trouve le site archéologique du marae de Maeva (ancien lieu de culte), dont le fare Potee (maison de réunion) a été entièrement reconstruit. En face, une vieille dame vend de la vanille. Ca tombe bien, Clau voulait en acheter. Plus loin, c'est la maison bleue du préparateur de vanille dont nous a parlé Yves : re-achats. Puis c'est enfin le village de Maeva, très... pittoresque. Quelques maisons disséminées, une église (on ne change pas les bonnes habitudes), une école, et paraît-il, des pièges à poissons "antiques". Un pont à armature métallique et tablier de bois enjambe le bras du lagon qui constitue l'entrée du "Lac". Le lieu est envahi par les enfants du village qui plongent du haut du pont tandis que leurs mères papotent sur la berge. D'après notre carte, de l'autre côté il y a l'hôtel Sofitel Heiva actuellement fermé et son jardin de corail. Mais celui-ci s'avèrera trop loin pour nos mollets sans entraînement, d'autant que le ciel est chargé et que l'orage menace... réaction typiquement métropolitaine, parce que vu la vitesse à laquelle on sèche, quelle importance de se faire prendre par l'orage ?
Avant de repasser le pont, nous faisons un détour vers le bord de mer où l'océan gronde contre la barrière de corail toute proche, puis par le marae Manunue perdu dans la végétation, qui possède un imposant mur de pierres volcaniques. A la sortie du village, un cycliste du cru vient à ma hauteur et me tend sa canette de Sprite. Euh, oui, merci, c'est très sympa... mais non. Une bonne excuse ? J'aime pas les bulles. - Jamais contents, ces touristes - Mais euuuuh ! C'est vrai en plus !
Arrivée à la pension, je vais piquer une tête dans la piscine. Un parce qu'il fait chaud, deux parce que là, les moustiques me ficheront peut-être la paix. Le repas est à 18h30. Oui, c'est tôt, mais la nuit est déjà tombée. Le restaurant du motel est un grand fare ouvert (un bungalow sans les murs, quoi) avec un large toit qui nous protège bien de la grosse averse qui s'abat bientôt sur cette partie de l'île. Ce soir, le chef - enfin, LA chef, puisque c'est "Madame Yves" qui cuisine, et c'est d'ailleurs délicieux - nous propose : thon au curry et papaye confite suivi d'une glace au taro - tubercule local qui donne une glace violette que tu aurais adorée, H ;o) - sur pain de coco perdu. Le tout dans la fumée bleutée qui monte des tortillons anti-moustiques à mes pieds. Petite conversation avec Yves sur les découvertes de la journée avant de finir la soirée sur la terrasse à rédiger les première cartes postales. C'est que j'en ai une bonne trentaine à envoyer. Va falloir être efficace.
Petit conseil du jour : si vous partez en Polynésie, ne le criez pas sur tous les toits : tout le monde va vouloir sa carte postale.
... A part ça ? Ben j'ai quand même pris des coups de soleil sur les pieds. Zut ! Encore une photo que vous ne verrez pas. ;-p
05 août 2006
C'est beau ! Allez... (© Coluche)
Il est six heures, Fare se lève
Il est six heures, je n'ai pas sommeil...
Il faut dire que comme on s'est couchées tôt, la nuit a été longue. Et étouffante. Mais pour rien au monde je ne me serais séparée de ma moustiquaire adorée !
Comme la voiture de l'agence de location ne sera là qu'à neuf heures, nous profitons largement de l'agréable petit déjeuner local tandis qu'une nouvelle averse s'abat sur le toit de pandanus du restaurant (Pluie du matin, pas bien !), puis nous nous occupons des indispensables tartinages en tout genre (crème solaire, anti-moustique, apaisant, peintures de guerre, etc...). Et comme le temps passe vite quand on s'amuse, voilà déjà la voiture de l'agence qui vient nous chercher pour nous emmener au bureau où nous prenons possession de notre superbe Fiat Punto jaune sable affublée d'une magnifique pastille orange sur le pare-chocs histoire que tout le monde sache bien qu'on est des touristes. En route pour Fare où nous allons tout d'abord prendre de l'essence dans l'une des deux seules stations-service de l'île, et nous ravitailler à la superette en pamplemousses verts (ça y est, je suis accroc) et sandwichs d'allure... particulière. Nous voilà parées pour le tour de l'île par l'Est.
Sur la route de Maeva, premier arrêt chez Blanche pour voir ses paréos teints à la main. Ici, c'est l'élément in-dis-pen-sable. Clau et moi repartons donc chacune avec le nôtre à nos couleurs de prédilection. A Maeva, j'engage la voiture sur la passerelle (Indiana Jones peut bien se tenir), car cette fois, nous avons bien l'intention de voir le jardin de corail dont l'accès est toléré bien que le Sofitel soit fermé.
Deux couples mis à part, la plage est déserte, tout comme les bungalows de l'hôtel qui la bordent. Il y a un peu d'air, l'eau est claire, et notre première expérience en milieu sous-marin nous attend. Equipement nécessaire : un masque, un tuba, et à défaut de palmes, les fameuses chaussures "méduses" qu'on a tous tant détestées étant gamins. Sans oublier l'appareil photo waterproof. La zone n'est pas trop profonde, mais il n'y a pas non plus beaucoup de courant et des tas de poissons multicolores nous nagent entre les jambes. Premiers émerveillements.
Bon... Moi qui ai toujours beaucoup de chance, mon tuba fuit. Ca m'apprendra à acheter au rabais.
Vers midi moins le quart, après s'être séchées au soleil et avoir bien profité de la petite brise, du panorama et du silence, nous remontons en voiture pour un nouvel arrêt quelques kilomètres plus loin à la ferme perlière (Huahine Pearl Farm and Pottery). Un petit trajet en bateau nous amène à la ferme perlière posée sur ses pilotis au milieu du lagon. Là, on nous explique rapidement le B.A. BA de la greffe qui permet de produire la fameuse perle noire de Tahiti (The Tahiti Famous Black Pearl. Not to confuse with the "The Curse of the Black Pearl" which is a pirates' movie), avant de nous faire passer dans la boutique où se cotoient bijoux, perles et poteries d'artisanat local.
Un peu plus loin, voilà le village de Faie, célèbre pour ses anguilles sacrées aux yeux bleus (the famous sacred blue eyed eels) : quelques anguilles énormes (plus d'un mètre de long et d'un bon diamètre, plus gros que le poing de Superman) se "reposent" dans les quelques centimètres d'eau de la rivière qui traverse le village. Elles sont Impressionnantes.
L'unique route se poursuit par une montée bien raide, de l'ordre de 15%. Je comprends pourquoi on nous a déconseillé le tour de l'île à vélo ! Le moteur de la voiture résistera-t-il ? Les paris sont ouverts. Et un téléphérique ? Non plus ? Bon, tant pis.
L'arrivée sur le Belvédère valait bien tous ces efforts (enfin, je l'aurais pas fait à vélo quand même). La vue sur la baie de Maroe est magnifique. Hop ! Petite photo de Huahine Iti. L'endroit est en bord de route, mais c'est à l'ombre et il fait bien chaud maintenant. Si on en profitait pour faire la pause déjeuner ?
TRES mauvaise idée ! Pas plutôt sorti les sandwichs que me voilà assaillie par une horde de moustiques voraces qui n'ont pas dû voir un quartier de viande fraîche depuis au moins Noé et le Déluge - si tant est que Noé soit un jour passé par ici. D'ailleurs, on l'aurait remercié d'avoir interdit l'accès de son arche au couple de moustiques. Et non ! Ce n'est pas de la discrimination aveugle ! - Nous voilà donc rembarquant dans notre fier carrosse toutes vitres relevées et attaquant la descente. 20%. Et les freins ? Pour l'instant, tout va bien.
Nous traversons le petit pont qui relie les deux parties de l'île, Nui et Iti, et nous offre une vue imprenable sur la cheminée volcanique qui reçut le nom poétique de Te Moa O Hiro - en français, "Le pénis de Hiro" - Pas la peine de me regarder comme ça, j'y suis pour rien.
En plus Hiro c'est un Dieu, alors... Du village de Maroe, on peut aussi contempler le chenal et Huahine Nui.
Après le village de Tefarerii, la route grimpe à nouveau pour nous dévoiler soudain un superbe panorama sur la baie de Mahuti et ses nombreuses nuances de bleu.
Yves avait paraît-il conseillé à un peintre de venir ici en lui disant, pensant se vanter un peu, que le lagon avait au moins une demi-douzaine de teintes différentes, et que le peintre était revenu en confirmant qu'il en avait compté neuf.
Et bien moi, je sais pas s'il y en a neuf, mais la pause et la pose s'imposent. C'est que j'aimerais bien finir mon sandwich. Avec ce petit vent léger, les sales bestioles dont je tairai le nom devraient nous laisser tranquilles. Même au moment du savoureux pamplemousse.
Après le village de Parea, à l'extrémité Sud de l'île, nous nous arrêtons dans une plantation de vanille (encore une croix de notre carte)
où Monsieur Tautiro se fait un plaisir de nous guider à travers le domaine qui ne recèle pas que de la vanille, mais aussi nombre d'arbres fruitiers. Bon, je comprends pas tout à ses explications sur la culture de la vanille et des autres, mais l'accueil est chaleureux et l'essentiel y est. Ils sont tous là, les fruits, légumes et tubercules de notre table : papayes, bananes "rio" et bananes "fei", corossols, nonos (non, pas le moustique, mais son cousin très éloigné sur l'échelle de l'évolution, sorte de patate verte avec des yeux, utilisée en cuisine comme en médecine), uru (le fruit de l'arbre à pain), taro, citrons verts. Et s'il ne fallait retenir qu'une chose : la fleur de pamplemousse sent subliment bon. Décidément, je les aime de plus en plus, ces pamplemousses polynésiens. A croire que notre guide a dû m'entendre, parce que nous voilà avec deux énormes pamplemousses sur les bras.
Et en avant pour la séance photos !

Nous en sommes quittes pour repartir avec notre paquet de vanille et des petits conseils de conservation (dans un bocal bien fermé, et à l'abri de la lumière) ou d'utilisation (Une bouteille, une gousse de vanille, du rhum... quand elle est à moitié vide, on re-complète avec du rhum... Il paraît qu'on peut tenir cinquante ans comme ça). Hum... Je crois que je me suis bien plantée dans le pourboire que j'ai laissé. Pas encore l'habitude des francs polynésiens : j'ai confondu les billets. Ca lui aura fait de quoi voir venir (en espérant ne pas l'avoir offusqué).
Après un petit détour par Haapu, village "du bout du monde", nous retraversons le pont - le petit pont de bois qui ne tenait plus guère que par un grand mystère et deux piquets tous droits... sauf qu'il est en pierres, celui-là - et remontons vers Fare par la côte Ouest. Ca tombe bien, j'ai besoin de mettre mes coups de soleil à l'abri ... dans l'eau de la piscine. Rhaaaa ! Ca fait du bien.
Clau, qui tourne un peu en rond, veut appeler Maman pour lui dire où on est. Incorrigibles, ces deux-là. Peuvent pas se passer de téléphone deux jours de suite. Mais malheureusement - ou heureusement yek ! yek ! yek ! - les téléphones locaux n'apprécient pas nos CB. Et non, ici, il faut une carte de "Téléphone", pour téléphoner. Etrange, non ? De toute façon, il est l'heure d'aller contempler le coucher de soleil depuis le ponton de Fare. Calme, sérénité, lumière et couleurs magnifiques. C'est beau ! ... Allez, on s'casse ?
En plus, comme on était parties téléphoner, j'ai pas pris mon appareil photo. Donc, vous pouvez pas comprendre.
Au repas de ce soir, il y a du poulet-coco accompagné de uru (quand on parle du loup), suivi de bananes flambées. Ainsi qu'un couple de très vaillants retraités venus s'installer à Huahiné quelques temps pour faire de la plongée. Comme ils connaissent bien le coin, j'en tire quelques précieux conseils pour ma guerre contre les insectes de tout poil ... enfin, de toute carapace.
Tiens, il pleut...
09 août 2006
Tranquille ...
Vendredi 24 mars 2006
Parfaitement ! Aujourd'hui, ce sera Tranquille ! Avé l'assent !
Après le petit déjeuner, nous allons rendre la voiture à Europcar. Normalement, ils doivent nous raccompagner à la pension. Mais comme on avait prévu d'aller faire quelques courses "en ville", la dame nous dit qu'ils peuvent nous raccompagner après nos courses, ou même dans l'après-midi, si ça nous arrange. Pas la peine de faire cinquante aller-retours. Oui mais bon, j'ai pas pris mon porte-monnaie. Qu'à cela ne tienne, elle me tend les clés de la voiture en disant que je n'ai qu'à faire un saut à la pension pour le récupérer. Ben dis-donc, c'est pas à Paris qu'on verrait ça ! Et en prime, elle nous indique même où déjeuner à midi : un petit snack sympa qui fait de la bonne cuisine et qu'on devine à peine depuis la route. D'ailleurs, le panneau sur la route indique seulement "pâtisserie". De quoi en "enduire plus d'un avec de l'erreur" ;o) Et il paraît qu'à midi c'est "Chevrettes au curry".
Nous voilà donc sur le quai de Fare. Le ciel est gris, ça va tomber.
Ca n'a pas l'air d'impressionner les "Mamas" tranquillement installées le long de la rue principale, sous leurs parasols ou leurs chapeaux fleuris. Sur les tables devant elles, diverses sortes de bananes, les fameux pamplemousses verts, des avocats énormes, des haricots verts longs comme le bras, uru, taro, manioc, concombres, etc...
Ca n'impressionne pas plus les oiseaux (non, ce ne sont pas des pigeons !) qui piaillent dans les arbres et viennent décorer les fils du téléphone, leur donnant des allures de guirlandes de Noël.
Ah ben voilà, ça y est, il pleut ! Avec Clau, nous nous réfugions sous un auvent parce que ça tombe sévère. Mais comme toujours sous ces lattitudes, ça ne dure pas très longtemps. Et après, quel spectacle ! Une petite visite au fare d'artisanat le temps de laisser sécher un peu tout ça, et nous re-voilà sur la plage pour une petite heure de farniente. Enfin pour la bronzette, on repassera parce malgré la crème solaire, les épaules le cou et les pieds en ont pris un coup. Alors je cherche plutôt l'ombre.
A midi, nous déjeunons au fameux snack à côté du loueur de voitures. De la route, on n'imagine pas combien la terrasse peut être agréable, cachée sous son grand toit en pandanus. Elle est fraîche, ombragée, pas trop grande et fréquentée par les habitués. Pendant que Clau goûte les fameuses chevrettes au curry (les chevrettes sont des grosses crevettes, taille gambas, que l'on pêche dans les rivières de l'île de Moorea), je tente le poisson cru à la chinoise. Je craignais un peu car je ne suis pas fan du goût "coco" en général, mais après la tentative réussie sur le pain coco, pourquoi pas ? Il faut vivre dangereusement. Et hop ! Essai transformé ! Un régal ! Même plus faim pour le dessert. Un comble, non ?
Retour à la pension en taxi Europcar, petite douche histoire de dessaler et ... mais non pas sieste ! C'est pas parce qu'on a dit "tranquille" que tout de suite il faut penser "Fainéant".
Nous reprenons donc nos vélos pour aller faire un petit tour du côté de Maeva. Il fait chaud mais la route est agréable. Y'a juste ... Ben oui, le pamplemousse dans le sac, ça pèse. Une petite halte au marae de Maeva sera la bienvenue : j'ai vu qu'il y avait un robinet à côté du Fare Potee. Le coin idéal pour déguster ce fichu pamplemousse.
Et puis aujourd'hui qu'on a le temps, on va en profiter pour jeter un oeil de plus près à ces fameux pièges à poissons (the famous ...). Ce sont d'anciennes constructions en pierres au milieu du chenal qui relie le "Lac" au reste du lagon et qui servent encore aujourd'hui pour nourrir le village.
Les poissons entraînés par les courants sont canalisés entre les murets en V et pris dans une sorte de labyrinthe qui mène jusqu'aux nasses. Les cabanes servent à abriter les pêcheurs. On a un peu l'impression, en observant cette passe et les maisons qui bordent la lagune, que le temps s'y est arrêté. Un peu comme au bord de la baie de Faie, un peu plus loin. Après, c'est la grande montée de-la-mort-qui-tue, alors autant faire demi-tour. D'autant que Clau commence à ronchonner parce qu'on est allées trop loin et qu'il va falloir revenir.
A la passerelle de Maeva, les enfants sont toujours là, plongeant du haut du pont. Comme aujourd'hui on est en vacances, nous posons nos vélos pour les regarder s'amuser. Au milieu de tout ce tohu-bohu, une pirogue dérive dans le chenal. Elle est reliée à la taille de son propriétaire, masque sur la tête et palmes aux pieds, qui se laisse porter au gré du courant en observant le fond. Il faudra un des gamins pour m'expliquer qu'il pêche. En effet, il est équipé d'un harpon et ses prises gigotent encore dans la pirogue. Il y aurait de quoi écrire un traité sur les diverses techniques de pêche d'avant la colonnisation à nos jours dans les îles de la Société (A propos, vous savez comment on pêche le Mahi Mahi ?). Quant aux enfants, ils s'éclatent toujours autant. Il y en a même qui font des pieds et des mains pour qu'on les regarde plonger. Les mamans ne sont pas en reste :
- Venez ! Venez vous baignez avec nous !
- Euh... j'ai pas mon maillot...
Et puis on est timides. Mais c'est quand même dommage, parce qu'en y repensant, j'ai quelques regrets. Je suis persuadée qu'on aurait passé un très bon moment avec elles. Il va vraiment falloir qu'on se débarrasse de notre retenue mal placée et toute européenne si on veut profiter pleinement de ce voyage. C'est comme le tutoiement, ça. Pas évident au début : ici, tout le monde tutoie tout le monde. Moi en général, j'ai du mal, mais je me suis dit que j'allais faire un effort. Donc je me flanque quelques coups de pieds et arrive enfin à donner du "Tu" à notre hôte. Là-dessus Clau arrive : "Vous ..." Patatras ! Tout est par terre. En face, ça doit plus savoir sur quel pied danser. Va quand même falloir que je lui en touche un mot, à Clau... Allez, ça sera pour le prochain voyage.
De toute façon, à Clau, c'est pas son jour. Le vélo, ça commence à la fatiguer. Ca traîne. OK, je m'arrête :
- Oui, mais toi, tu as un bon vélo. Mais moi, il va pas, mon vélo.
- Ho ? Ben non, c'est quasi les mêmes, t'as bien vu. Yves a dit qu'il les avait vérifiés.
- Si si, je t'assure, il est très dur.
- Ca fait deux jours. Tu t'en es pas aperçue avant ? ....
OK, ça va, j'ai compris. Je sens que je vais le regretter, mais je suis une bonne nièce qui a le sens du sacrifice.
- Tu veux qu'on échange pour voir si ça va mieux avec le mien ?
Et hop, la voilà qui file sans se retourner sur mon vélo, à tel point que je ne la vois même plus. Merci pour la solidarité !
Pour ceux qui n'en peuvent plus de l'intolérable suspens : Oui, je confirme, il est plus dur son vélo : forcément, la selle est trop basse, ce qui fait qu'il faut fournir plus d'effort pour pédaler ! Sur le mien, on s'y était repris à trois fois pour régler la hauteur de la selle (même que comme d'hab, on m'a laissé comprendre que j'étais chiante), mais au moins, j'arrivais à pédaler sans trop d'efforts ! La prochaine fois, comptez sur moi pour faire un petit cours de hauteur de selle et la lui faire vérifier trois fois !
Bon, elle est où maintenant ? Ah ! Quand même ! "La souris la plou rapido dé l'ouest" a fini par s'arrêter pour m'attendre :
- Alors, tu vois bien qu'il est plus dur mon vélo...
Zen, Marion. Reste calme, t'es en vacances. Pour la peine, je vais me faire une dernière petite balade sur le quai de Fare pendant qu'elle boucle sa valise et prend un repos bien mérité. Avec MON vélo, cette fois.
Notre avion pour Raiatea est à 18 heures. Il est temps de dire au-revoir à nos amis moustiques.
Je sais que l'enregistrement du passager n'est pas une science exacte, mais il faudra quand même qu'on m'explique un jour comment ma valise a pu prendre deux kilos entre l'arrivée et le départ de Huahine, alors que je n'y ai rien acheté, et que techniquement, j'ai même plutôt "consommé" (au moins les produits de toilettes, vu le nombre de douches par jour). Il y en a qui disent que c'est l'humidité. M'enfin... ou alors, c'est Jimmy qui a trop mangé.
Puisqu'on parle du loup, une dernière grosse averse s'abat justement sur le tarmac quelques minutes avant l'embarquement. Puis c'est le soleil couchant qui nous accompagne tandis que nous décollons. Le vol va durer un quart d'heure. A l'arrivée, il fait nuit noire, mais Patrick, le patron du ranch Kaoha Nui nous embarque dans son mini van, avec
un couple qui vient également de Huahine.
Même de nuit, la pension a l'air d'un magnifique endroit très agréable à vivre.
En tout cas, le bungalow est immense et très sympathique. Et il semblerait qu'il y ait moins de moustiques. Heureusement, Patrick nous a prévu un petit repas. C'est qu'il est 20 heures passées, et qu'on est déjà en décallage par rapport à nos horaires de Huahine. Ce sera donc carpaccio de poisson suivi de poulet fafa. Non, la cuisinière ne s'appelle pas Fabienne ni Fabrice. Il s'agit seulement des feuilles d'une certaine variété de taro, qui ressemblent un peu aux épinards. Puis nous voilà devant une fantastique crème caramel parfumée à la vanille. Le temps de discuter un peu avec les autres pensionnaires pour apprendre qu'ils sont de Nice, et de prévoir l'excursion de demain, et je m'écroule sur mon lit.
23 août 2006
Cahin Tahaa
Samedi 25 mars 2006
Alors y'a un truc, je sais pas ce que c'est, mais ça réveille TOUT LE MONDE !
Mp dirait probablement un coq !C'est plutôt une espèce de bestiole avec un sifflement suraigu qui s'est amusé à lancer des vocalises en mode Castafiore sur le coup de deux heures du matin. A un moment, j'ai cru que l'alarme de Tchernobyl s'était déclenchée dans mon oreille.
Aujourd'hui c'est week-end, alors Papa, Maman et Philoo nous rejoignent à la pension sur le coup de sept heures du mat'. Nous prenons le petit déjeuner tous ensemble dans l'air frais du petit matin. Il fait bon, le pain coco est délicieux, il y a des fruits en abondance... Le paradis, je vous dis ! Enfin, je crois que j'ai trop mangé...
Puis Patrick et Marc, nos GO, nous embarquent pour une excursion en bateau à Tahaa.
Petit cours d'histoire-géo par JimmyH.
Raiatea et Tahaa sont deux îles soeurs : elles partagent le même lagon. Raiatea est la plus grande des deux. Aussi appelée "l'Ile Sacrée", elle renferme de nombreux marae dont le plus grand de Polynésie : Taputapuatea (prononcer "Tapou-tapou-atéa") qui était un marae royal. Elle serait, dit-on, le berceau de la culture polynésienne et le point de départ du peuplement de l'archipel. Elle abrite aussi l'aéroport et la "capitale" Uturoa. Elle possède également la seule rivière navigable de Polynésie : la rivière Faaroa.
Tahaa, distante de trois kilomètres, est plus petite, beaucoup plus sauvage, moins touristique, et accessible uniquement en bateau. Son petit nom, "l'Ile Vanille" vous laisse deviner où réside l'essentiel de son activité.
Heureusement, le bateau est couvert, car ça commence déjà à taper dur. Comme il me reste encore quelques souvenirs cuisants de Huahine, j'ai pour ma part passé une chemise que je n'ai pas l'intention de quitter de sitôt. Nous faisons une halte au ponton de l'hôtel Bali Haï pour récupérer un jeune couple marseillais, et nous voilà désormais dix passagers embarqués dans la même galère : nous cinq, les deux tourtereaux, M-F et M. le couple niçois, et Val, une jeune femme qui loge aussi à la pension et fait le tour des îles par les liaisons maritimes.
Le temps de rejoindre le passage Te Area Rahi entre les deux îles, nous sommes escortés par quelques dauphins. En face, on distingue Bora Bora qui sort de la brume. Ce matin, le temps était plutôt couvert, mais ça a l'air de bien vouloir se dégager.
Nous faisons une première halte au sud de Tahaa, près de la baie de Apu, dans une ferme perlière où Monique
nous explique la greffe en détail, démonstration in situ à l'appui. Puis nous la suivons chez elle pour un petit cours sur le classement des perles et pour voir la production locale. Elles sont toutes plus belles les unes que les autres. Il y a aussi de très beaux bijoux montés. Malheureusement, leur prix a de quoi donner des sueurs froides. Et puis moi, ce qui m'impressionne surtout, c'est la maison : spacieuse, aérée, calme, un véritable "petit" hâvre de paix. Il doit faire bon y passer sa retraite (si tant est que j'aie une retraite un jour).
En longeant la côte Ouest, nous doublons le petit village de Tiva (sur votre gauche, mais sur notre droite à nous) pour nous arrêter finalement près du motu Tau Tau au nord-ouest de l'île. C'est là qu'est installé le seul hôtel grand luxe de Tahaa (classé Relais et Chateaux, excusez du peu) : le Tahaa Private Island. Le bleu de l'eau varie à l'infini.
L'onde est transparente ainsi qu'aux plus beaux jours (on se croirait dans une piscine) et c'est tant mieux, parce que nous voilà parés pour le premier snorkeling de l'excursion.
Et en plus, on a toujours une superbe vue sur Bora Bora. De quoi alimenter les fantasmes.
Snorkeling = plongée sans bouteilles et en restant à la surface.
Objectif affiché : observer les fonds pas trop profonds et les petits poissons.
Matériel nécessaire : un masque, un tuba qui fuit pas et des palmes. Heureusement, Patrick a tout ça en réserve dans son coffre magique.
Comme il y a longtemps que je n'ai pas manié les palmes et qu'apparemment, il y a pas mal de courant et peu d'eau sur le jardin de corail que Patrick veut nous montrer, je me contenterai du mini jardin de corail en terrain neutre, déjà très beau.... Et ces oursins, E-NORMES ! Clau elle, veut tenter quand même la descente du courant, mais elle finit par revenir toute seule. Au dernier moment, ils ont réussi à la dissuader. Philoo quant à lui, a fait une sympathique rencontre avec un corail qui lui a laissé un souvenir sur le genou. Dans le bateau, il y en a même qui croient qu'il est en train de se vider de son sang, mais en réalité, c'est le deuxième effet Bétadine.
Le temps de remonter en bateau et il est midi. En arrivant au motu où nous devons déjeuner, nous croisons deux grands voiliers en train de lever l'ancre... en oubliant l'un de leurs passagers dans l'eau. A force de cris, ils finissent par s'en apercevoir et stoppent la manoeuvre. Encore un qui a eu chaud.
Les tables ont été dressées sous les arbres et un orchestre local fait l'animation. On n'est pas tout seuls car des gens du coin fêtent un aniversaire et du coup, l'ambiance est très sympa. C'est aussi là qu'aura lieu le deuxième snorkeling, avant de manger. Et maintenant que je maîtrise le coup de palmes, je me jette à l'eau.
Panique à bord en voyant le fond... que justement je ne vois pas ! C'est qu'on est tout près de la passe, et le tapis de corail s'interrompt soudain pour descendre à pic vers des fonds marins à première vue insondables. C'est un brin impressionant. Le bleu des fonds est sombre, limpide, magnifique. Et puis comme l'eau est très portante et le courant entrant, tout va bien. Le seul problème restera les coups de soleil sur les fesses à l'arrivée... Ici, le jardin de corail a largement de quoi faire oublier les précédents qui tout à coup paraissent bien ternes. Les couleurs varient à l'infini, les poissons quadricolor ... pardon. Multicolores ! sont légion. On en prend plein les mirettes. Et évidemment, j'ai pas pris l'appareil photo... En tout cas, ce snorkeling sur le motu Toahotu restera le plus beau du voyage.
Au menu d'aujourd'hui, repas typiquement polynésien : pain coco, beignets de poisson au coco, uru, taro, bananes fei cuites, salade de poisson cru, poe (se sont des bananes fei mélangées à du manioc, le tout donnant un truc bien compact que l'on coupe en cubes et qui colle un peu au palais. Du genre qui plombe l'estomac, aussi. On comprend pourquoi on a fait le snorkeling AVANT), bananes sucrées, ananas et pastèque pour le dessert. Délicieux.
Vous pensiez qu'après tout ça on allait faire la sieste ? Que nenni ! Sur le motu, il y a des parcs à poissons avec dedans ... des poissons : c'est le moment d'aller faire un petit coucou aux raies (pour les requins, ça sera pour une autre fois. Ok ?) Pas évidentes à caresser, ces bestioles. D'autant que quand elles viennent me frôler et nager sur mes pieds, j'ai légèrement tendance à les retirer. Ca fait tout bizarre, mais c'est tout doux.
En continuant notre tour, nous entrons dans la baie de Haamene - qui fait plus de trois kilomètres de profondeur - pour aller voir une plantation de vanille. Finalement, c'est une plantation de beaucoup d'autres choses aussi : gingembre de diverses variétés, hibiscus (leurs feuilles sont très pratiques pour enlever la buée des masques, servir d'assiettes ... ou de papier toilette), des ananas, des bananes de toutes variétés, sans compter les plants de vanille qui ici ne poussent pas sous ombrière, mais sur les tuteurs vivants qu'offre la forêt.
L'astuce botanique du jour : les bananes "rio" ou "hamoa" (sucrées) poussent en régimes retombants tandis que les bananes "fei" poussent en régimes au sommet de leur bananier. Maintenant, vous saurez les reconnaître.
Quelques raies en liberté accompagnent notre retour au ponton. Vivement une bonne douche, de la crème sur les coups de soleil et le repas !
L'ambiance de l'excursion était très sympa et nous avons rapidement fait connaissance avec nos compagnons de pirogue. Du coup, nous voici tous à la même table pour le repas au ranch. Même si nous sommes tellement crevés que l'appétit s'en ressent. Mais un repas de Patrick fait uniquement de produits locaux, ça ne se refuse pas.
Reste la grande question du jour : mon siffleur infernal de la nuit dernière sera-t-il au rendez-vous aujourd'hui ????
26 août 2006
Raiatea Express
Aujourd'hui c'est lever ... très tôt ! Outre le fait que la "cigale de nuit" (sale bête !) a chanté tout l'été ou du moins une bonne partie de la nuit et que je me suis retrouvée sur le coup de trois heures du matin nez à nez avec un énorme cafard dans la salle de bain - mais bon, c'est aussi ça, les Tropiques. Tant qu'il n'y a pas d'araignées, moi, ça va -, Patrick et Marc doivent partir très tôt pour s'occuper des "américains" du Tahitian Princess. Du coup, c'est petit déj à sept heures pour tout le monde. Et comme la voiture que nous louons aujourd'hui ne sera disponible à neuf heures, nous avons enfin le temps de prendre toute la mesure de la beauté su site qui nous accueille.
Le ranch est situé sur la route de ceinture, à cinq kilomètres d'Uturoa, côté montagne.
Il se compose (suivez le guide) de deux bungalows, d'un fare restaurant ouvert sur un agréable jardin tropical très aéré, avec une jolie pelouse, et d'un fare plus grand avec une "salle commune" équipée d'une cuisine, de sanitaires et de quelques chambres.
Qui dit ranch dit chevaux, alors il y a aussi une carrière, des paddocks, une barre d'attache, le bureau de la monitrice et plein de petits chevaux des Marquises.
.. Dont certains, le soir venu, se promènent en liberté.
De l'autre côté de la route, c'est le lagon. Pas de plage, mais on s'y fait très bien. Avec Clau, on a bien tenté d'aller jusqu'à Uturoa à pieds, mais finalement, on s'est dit que ça attendrait. Et puis il vaut mieux être là quand le gars d'Europcar se pointera. Avec Philoo, nous nous chargeons de la mission voiture. Sur le trajet, notre chauffeur en profite pour nous parler un peu de son île. Lui, il a vécu quelques temps à Papeete, mais il supportait pas : trop d'embouteillages, trop de stress... Euh... Vaut mieux pas qu'il essaie Paris, le monsieur. Pour la voiture, ce sera une Clio climatisée. Au passage, nous nous arrêtons au supermarché d'Uturoa (ouvert jusqu'à dix heures le dimanche ! Profitons de l'aubaine) pour faire le plein de victuailles. Il faut prévoir pour ce midi, ce soir, et de préférence demain midi. A force de fouiller dans les rayons, on finit par se décider pour des bananes - Tiens ! Quelle surprise ! -, du pain de mie, du jambon et du blanc de dinde, des babybels chèvre et emmental - ce qu'il y a de bien, à faire les courses avec Philoo, c'est qu'on découvre toujours des tas de trucs qu'on n'aurait jamais osé essayer (comme les céréales "oréos et chamallows" au petit déjeuner, par exemple) -, du jus d'ananas, des oréos et des trucs bizarres ayant vocation de dessert : dans l'un, ça ressemble à des morceaux de pêches au sirop, tandis que dans l'autre, ça serait plutôt des quartiers de mandarine pris dans une gelée orange fluo bien solide. De la gelée, est-ce bien raisonnable ?
Qui dit voiture, dit ... Tour de l'île... C'est bien, je vois qu'il n'y en a pas un qui suit... Philoo se met donc au volant. En voiture ! Le Raiatea Express va partir ! Oui, parce que lui, il voit "vitesse limitée à 70", alors forcément il roule à 70 km/h. Alors, les jolis petits paysages et les points de vue pour faire les photos ... Trop tard ! C'était là. Tant pis, on s'arrêtera au prochain ... Trop tard ! C'était là ... A ce rythme là, dans une heure on a fini le tour de l'île. Dommage, parce que les abords de la rivière Faroaa avaient l'air bien sympathiques. Heureusement que pour le marae Taputapuatea on l'a prévenu avant : "Attention ... attention... c'est bientôt... LA ! STOOOOOOOOOOP !"

Devant nous, il y a des camionnettes pleines d'américains en goguette. Leur moyen de transport a l'air assez tape-cul. On va les laisser partir un peu devant, histoire d'être bien tranquille. De toute façon, eux ils font tout au pas de course. Une ! Deux ! Une ! Deux ! Alors qu'en fait il y a plein de choses à voir.
Comme je disais, Taputapuatea est le plus grand marae de Polynésie Française, et aussi le plus sacré. Il est composé de plusieurs plateformes de pierres qui ont été très bien restaurées.
L'endroit est bien dégagé et entretenu (pas comme celui qu'on a vu au milieu de la forêt à Huahine). Il paraît qu'ils ont enlevé beaucoup de cocotiers pour éviter les ennuis : vous vous rendez compte ? Un américain qui reçoit une noix de coco sur la tête, et c'est le procès assuré. Un peu partout, il y a des panneaux qui expliquent comment est constitué un marae, son utilisation, et qui parlent un peu de botanique aussi, parce qu'ici, même les arbres ne sont pas là par hasard (à part les cocotiers).
Notre périple nous conduit ensuite le long de la route traversière qui grimpe dans les hauteurs de l'île et nous nous arrêtons (STOOOOOOOOOOOOOOP !) au point de vue qui donne sur la baie de Faroaa. Le coin est un peu dég'. Je sais pas si c'est les touristes ou les locaux, mais quand ils pique-niquent, ils pourraient ramasser en partant. Heureusement, la vue vaut quand même le déplacement.
Bon c'est décidé, je reprends le volant. Au moins, je pourrai m'arrêter où je veux, quand je veux ! Et puis de toute façon, ça va être l'heure de sortir les gamelles. On se dégote un petit coin en bordure de lagon, sous les arbres, avec un tronc pour faire office de banc. Les pelouses sont rares et le coin est plutôt investi ... par les crabes ! Je vous ai pas encore parlé des crabes des cocotiers ? Mais si, souvenez-vous, à Mahina. Ben ici, c'est pareil : le sol est jonché de trous. Et c'est quand vous vous y attendez le moins que tout à coup, une pince sort par l'ouverture, suivie du reste de la carapace. Ce qui a fait pousser un sacré hurlement à Clau qui était en train de déguster son sandwich tranquillement, sans rien demander à personne, quand le pique-assiette à surgi entre ses pieds. Apparemment, le crabe a eu aussi peur qu'elle, puisqu'il a immédiatement battu en retraite dans sa tanière. On a bien essayé de l'amadouer avec un peu de blanc de dinde pour fixer l'instant sur la pellicule, mais on n'a jamais revu que le bout de sa pince. Il doit pas aimer les paparazzi (Tiens, on devrait le baptiser Brad ;op).

C'est bien ma veine : la route côté Est ne présente que peu d'intérêt, à part une ferme perlière,
des porte-pirogues et le marae Tainuu sur le site duquel... ben tant qu'à y être, on a construit une église. Du coup, il n'en reste pas grand-chose.
Juste avant Uturoa, petite halte à la marina, histoire de zieuter un peu les beaux bateaux (y'a pas de mal à se faire du bien)...
Et on peut voir des choses assez surprenantes, dans ces endroits-là, comme un canard sur un ponton, ou un très joli tiki qui garde l'entrée du port.
Chouette, le ciel a l'air de s'éclaircir. Finalement, on aura réussi à passer entre les gouttes. Comme on est à deux pas de Uturoa, nous finissons sur le port. C'est dimanche et la ville est vraiment déserte. Tout est fermé. La seule animation vient des bateaux de croisière : le Paul Gauguin, qui mouille dans la baie, a installé ses officiers sous une tente sur un ponton pour accueillir les navettes qui font la liaison entre le bateau et la terre.
Le Tahitian Princess, lui, est carrément amarré dans le port. Bon sang qu'il est grand ! (Tiens ... des touristes... ça doit pas être des américains, ça ;o)
A force de recherches, nous finissons par trouver un bistrot ouvert sur le port. Désert peut-être, mais ouvert. Ca tombe bien, je réclamais désespérément des toilettes. C'est un rae-rae qui nous sert. Longiligne, jolie robe rouge toute en longueur, joli chignon. Il a quand même de l'allure. Quelques minutes plus tard, apparaissent Patrick et Marc s'attablent à côté de nous. Ils viennent de ramener leurs américains et de présenter la facture la "Julie" du Tahitian. Bon, apparemment, la journée a été rude pour eux, alors ce soir, y'aura pas de repas à la pension. Ca tombe bien : on avait fait des courses.
L'heure tourne, il est temps de ramener Philoo, Maman et Papa à l'aéroport, car ils rentent ce soir sur Tahiti. Puis nous allons rendre la voiture et le patron de l'agence de location nous ramène au ranch où nous retrouvons M-F et M. qui eux ont fait de la randonnée et du vélo. Aïe ! Pour le repas du soir, ils étaient pas au courant. Patrick leur propose de les déposer dans un restau de Uturoa, mais finalement, ils préfèrent partager nos provisions.
Et si, en attendant que les oeufs cuisent, on se faisait un petit Trivial Poursuit ? Et c'est une magnifique victoire sur le fil de l'équipe Val/Marion contre Clau/M-F ! Hihaaaaaaaaaaaaaaa !
C'est !
Une belle journée !
Je vais me coucher ....





